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Accord de libre-échange UE-Canada : pas les bénéfices escomptés pour les agriculteurs albertains

Des boeufs dans un champ.

L’élevage de Doug Sawyer, près de Red Deer.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des producteurs de boeuf déplorent que l'accord de libre-échange conclu entre l’Union européenne et le Canada (aussi connu sous son nom anglais CETA) ne leur rapporte pas autant qu'ils l'envisageaient.

En 2016, Rich Smith, directeur de l'Association des producteurs de boeuf de l'Alberta, avançait que l'ouverture du marché européen pourrait rapporter des bénéfices de 600 millions de dollars pour les producteurs de l'Alberta, qui produisent 70 % du boeuf du Canada.

Or, sur les 50 000 tonnes annuelles de viande autorisées à l'exportation, le Canada n'en a finalement envoyé que 2,3 % en 2017 et 3,1 % en 2018.

L'accord économique commercial global n'aura ainsi rapporté que 12,7 millions de dollars en 2018 pour le Canada, selon Affaires mondiales Canada.

Un opportunité ratée, selon Rich Smith.

« On manque une opportunité d'en tirer pleinement avantage à cause d'un certain nombre d'obstacles », dit-il.

Rich Smith, directeur de l'Association des producteurs de boeuf de l'Alberta, assis dans un bureau.

Rich Smith, directeur de l'Association des producteurs de boeuf de l'Alberta.

Photo : Radio-Canada

Les fermiers soulignent que les règles européennes sont différentes et coûteuses.

L'Europe interdit l'utilisation d'hormones de croissance et des antibiotiques couramment utilisés au Canada. La filière bovine doit donc s'adapter et faire approuver ses élevages. Mais cela coûte cher.

« On avait prévenu le gouvernement de ces problèmes quand l'accord a été signé. Ils travaillent pour y remédier, trouver des solutions, mais on aurait espéré que ça soit résolu plus rapidement », souligne M. Smith.

Selon Christian Siviere, expert en commerce international, l'accord de libre-échange était enthousiasmant pour plusieurs, mais la réalité est plus nuancée.

« Dans le CETA, il n'y a aucune harmonisation des règlements, aucune harmonisation des normes, les normes européennes restent en place, les normes canadiennes restent en place et c'est ça qui a été peut être mal jaugé ou mal estimé au départ », dit-il.

Le producteur de boeuf Doug Sawyer dans un champ avec ses animaux.

Le producteur de boeuf Doug Sawyer

Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

Certification

Ainsi, tous les producteurs ne sont pas prêts à investir pour obtenir la certification européenne et expédier leur viande en Europe.

Un bon début d'année pour 2019 a toutefois convaincu l'éleveur Doug Sawyer, près de Red Deer, de se lancer dans la demande de certification cette année.

« C'est un signal fort qui montre qu'il y a de la demande, dit-il. C'est le signal que j'attendais pour me lancer. »

Il espère que l'investissement pour obtenir la certification européenne sera profitable.

« C'est un investissement qu'il faut faire chaque année, explique-t-il. On doit être certifié, recertifié et s'il n'y a pas de bénéfice sur le marché, on ne va pas dépenser cet argent. On ne va pas investir sans s'assurer qu'on en sortirait gagnant. On ne peut pas se le permettre. »

Reste à savoir si les agriculteurs seront nombreux à l'imiter.

D'après les informations de Vincent Bonnay

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