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L'opposition somme la Ville de corriger les « paquebots » approuvés à Sainte-Foy

Une clôture, à l'avant-plan, paraît minuscule à côté de la façade de 14 mètres qui se construit juste à côté, en arrière-plan sur l'image.

Deux nouveaux immeubles de plusieurs étages gâtent l'intimité des cours environnantes. Les citoyens du secteur se demandent pourquoi la Ville a approuvé des projets qui détonnent autant dans le quartier.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

Radio-Canada

Le chef de l'opposition officielle à l'hôtel de ville, Jean-François Gosselin, demande à l’administration Labeaume d’agir dans le dossier de la construction d’immeubles à trois étages dans un quartier résidentiel de Sainte-Foy.

Les résidents du secteur qualifient ces projets de « densification sauvage » et estiment que la valeur de leur maison s’en trouve fortement dépréciée. Ils comparent ces nouveaux immeubles à des « paquebots » au beau milieu d’un quartier composé en majorité de maisons unifamiliales d'un étage.

Les citoyens ont raison d’être en colère avec un projet comme celui-là, affirme le chef de l’opposition. Moi, je demande aujourd’hui à l’administration Labeaume de remettre les élus du secteur à l’ordre.

Il dénonce que la conseillère municipale du district, Émilie Villeneuve, ait invité les citoyens à entreprendre eux-mêmes des moyens d’action s’ils s’estiment lésés.

Ce n’est pas vrai qu’on va dire aux citoyens de prendre des recours pour se faire entendre, a décrié le chef de Québec 21. Le premier rôle d’un élu, c’est de représenter les citoyens et de s’asseoir avec eux pour trouver des solutions pour s’assurer que ce genre de projet-là n’avance plus.

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Le chef de l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville De Québec, Jean-François Gosselin, en mêlée de presse sur la rue Terrasse Laurentienne.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

L’harmonie avant tout

Pour l’architecte et designer urbain Érick Rivard, ce n’est pas nécessairement le zonage qui est à blâmer dans ce genre projet.

« Ce n’est pas juste un problème de zonage, c’est un problème un petit plus gros que ça qui concerne la qualité, l’intégration et le respect des caractéristiques du milieu », affirme-t-il.

Selon lui, il aurait été possible de construire des bâtiments beaucoup plus harmonieux dans ce quartier avec les mêmes règles de zonage qui ont permis la construction des deux projets controversés.

« Des projets de densification harmonieuse, il en existe plein », ajoute Érick Rivard. « On n’en parle jamais parce que justement, ils sont harmonieux. »

Il explique que la grille de zonage ne s’intéresse qu’aux aspects quantitatifs des développements, comme les hauteurs, les marges de recul et le nombre de logements par immeuble.  

Le contrôle des aspects qualitatifs, qui inclut le choix des matériaux, la présence ou non de végétation et l’harmonisation des formes avec le voisinage, tombe surtout entre les mains des commissions et des comités d’urbanisme, comme dans celles des promoteurs.

« Peut-être qu’il devrait y avoir des guides à l'intention des promoteurs pour justement les aider à faire une meilleure densification », indique l’architecte.

Sur le sujet de la dépréciation des propriétés du quartier, il demeure dubitatif.

« Il y a certainement une perte de qualité de vie quand, par exemple, apparaît une vue plongeante sur une cour arrière, mais les pertes sur la valeur foncière d’une propriété, c’est plus difficile à démontrer parce qu’en réalité, les propriétés dans les secteurs propices à la densification prennent souvent énormément de valeur », souligne Érick Rivard.

Faute avouée

Dans une entrevue à Radio-Canada, la conseillère du district Sainte-Foy - Sillery avait admis à demi-mot que les immeubles approuvés détonnent de l’ensemble du quartier.

Ce n’est pas un type de projets que je considère être une bonne densification dans un quartier résidentiel.

Émilie Villeneuve, conseillère du district 9 Saint-Louis - Sillery

Selon Jean-François Gosselin, la Ville ne peut pas admettre une erreur, tout en laissant les citoyens le soin de la corriger.

« C’est impensable de dire d’un côté que ce n’est pas un projet acceptable, mais d’abandonner les citoyens du même coup », croit le chef de l’opposition.

Jean-François Gosselin n’a pas précisé quel genre de solutions il aimerait voir la Ville adopté.

Lorsque le voisinage a fait part de son mécontentement, l’arrondissement a rapidement agi pour limiter la hauteur des projets à venir.

Vendredi, lors d’une séance extraordinaire, les élus du district ont adopté de nouveaux règlements qui limitent à deux étages la hauteur des prochains projets.

Avec les informations d'Audrey Paris

Québec

Société