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Affronter un premier ministre sortant dans sa circonscription

Une pancarte électorale montrant le chef libéral Justin Trudeau est accrochée sur un poteau dans la circonscription de Papineau à Montréal. On y voit Justin Trudeau souriant.

Le reportage de Jacaudrey Charbonneau.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des luttes serrées, il y en aura à surveiller le 21 octobre lors du déroulement de la soirée électorale. Dans les circonscriptions considérées comme des « châteaux forts », l’issue du scrutin laisse planer moins de doutes. C'est le cas de Papineau, à Montréal, détenue par Justin Trudeau depuis 2008. Néanmoins, les candidats qui se présentent contre lui refusent de se voir comme des candidats « poteaux ».

Dans le quartier Parc-Extension, jeudi soir, Christine Paré fait du porte-à-porte aux côtés de sa directrice de campagne et de deux bénévoles de l'équipe néo-démocrate.

Ce n'est pas difficile pour moi de me faire connaître, j'habite dans le quartier depuis 17 ans, répond-elle lorsqu'on lui demande si c'est difficile de se présenter contre le candidat Justin Trudeau.

Je peux le battre, sinon je ne me serais pas présentée, ajoute-t-elle d'un ton rieur, mais convaincu.

À quelques rues, dans un café du quartier Villeray, Juan Vazquez distribue des feuilles d'érable sur lesquelles on peut lire « Candidat pour le Parti vert du Canada . Je mène une campagne zéro déchet, raconte-t-il.

Trop occupée à faire campagne pour nous accorder une entrevue, Sophie Veilleux, la candidate conservatrice tente elle aussi de déloger le premier ministre sortant.

Puis, il y a le candidat du Bloc québécois, Christian Gagnon, qui nous donne rendez-vous au parc Jarry.

« Je suis un militant de longue date et si j'étais un candidat poteau, je ne connaîtrais personne. Or, ce n'est pas le cas. »

— Une citation de  Christian Gagnon, candidat du Bloc québécois

Je pense que c'est important de donner l'occasion à tous les sympathisants bloquistes de voter selon leurs convictions, explique-t-il.

Déloger un premier ministre c'est possible, mais c'est extrêmement rare rappelle Philippe Fournier de Québec 125.

Au fédéral, il faut remonter à 1993 avec la dégringolade du Parti conservateur et Mme [Kim] Campbell qui avait perdu son siège dans Vancouver, souligne-t-il.

Cependant, au Québec, il y a des exceptions. Jean Charest, lorsqu'il était premier ministre du Québec, a perdu son siège à Sherbrooke en 2012 et, un an et demi plus tard, Pauline Marois a aussi perdu dans Charlevoix, poursuit-il.

Miser sur des enjeux locaux

La circonscription de Papineau n'a pas toujours été un château fort libéral. Elle l'est devenue avec l'élection de Justin Trudeau en 2008 affirme Philippe Fournier.

C'était un risque pour Justin Trudeau. Ce n’était pas du tout une circonscription facile, alors qu'il aurait pu se présenter dans l'ouest de l'île de Montréal ou à Toronto. Mais, il a gagné son pari et depuis on a vu les chiffres se stabiliser, indique-t-il.

La circonscription de Papineau inclut le quartier Parc-Extension, le deuxième quartier le plus pauvre au pays où on retrouve une forte population immigrante.

Or, avec l'arrivée du nouveau campus de l'Université de Montréal, l'embourgeoisement et la fièvre spéculative, c'est l'accès au logement qui est devenu l'enjeu dominant et c'est là-dessus que les candidats font campagne.

Je m'inquiète pour les gens qui se font évincer et qui n'ont plus de place où aller, insiste Christine Paré, qui ne compte plus les histoires d'éviction des gens de son quartier.

Pour Christian Gagnon, avoir été les électeurs du premier ministre du Canada n'a d'aucune façon réglé les problèmes de logements. Peut-être que ça veut dire que c'est le temps d'un changement, lance-t-il.

Juan Vazquez pour sa part aimerait voir une meilleure concertation entre le fédéral, le provincial et le municipal pour faire face à la spéculation immobilière.

Malgré les efforts déployés sur le terrain, la popularité du candidat libéral demeure toujours forte. Selon Philippe Fournier, les appuis pour les libéraux à Montréal sont près de la barre du 50 %.

Je vous dirais que Justin Trudeau peut dormir très confortablement à propos de Papineau, estime-t-il.

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