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Le Gaboteur célèbre ses 35 ans d'existence à Terre-Neuve-et-Labrador

Trois femmes tiennent un trophée.

Le Gaboteur célèbre ses 35 ans d'existence en francophonie terre-neuvienne.

Photo : Gracieuseté

Radio-Canada

Le seul journal francophone de Terre-Neuve-et-Labrador célèbre avec grande fierté ses 35 ans d'existence samedi.

La province compte près d’un demi-million d'habitants, mais à peine 3000 francophones. Pourtant, le journal Le Gaboteur continue d'exister pour les besoins en français.

Même si les francophones ne constituent que 0,5 pour cent de la population terre-neuvienne, près de 5 pour cent de la population globale de cette province peut communiquer dans la langue de Molière en plus de l'anglais.

Jacinthe Tremblay, directrice générale et responsable de la rédaction pour Le Gaboteur, explique que le journal mise sur les citoyens pour alimenter son contenu. Avec la superficie du territoire terreneuvien,  il serait difficile pour les responsables d'offrir une couverture globale des événements, dit-elle.

« C'est pratiquement la seule façon d'arriver à fonctionner, à couvrir finalement les réalités des régions, parce qu’on préfère investir dans les personnes, offrir des cachets, même si ce n’est pas très élevé, que de se déplacer. Parce qu'en plus, eux, ils connaissent le terrain », indique Mme Tremblay.

Ces pigistes deviennent la pierre angulaire du journal, car ils connaissent leur coin de province, les enjeux, les gens.

« On doit très honnêtement dire qu'on a un mandat provincial, mais on ne prétend pas faire de l'actualité détaillée du journalisme local sur chacune des régions. C'est impossible », constate la directrice générale.

Le journal francophone de Terre-Neuve-et-Labrador, Le Gaboteur, avait suspendu deux de ses parutions afin de mettre en oeuvre un plan d'action pour répondre aux critiques.

Le journal francophone de Terre-Neuve-et-Labrador, Le Gaboteur, avait suspendu deux de ses parutions afin de mettre en oeuvre un plan d'action pour répondre aux critiques.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

De plus en plus de lecteurs anglophones ou bilingues lisent Le Gaboteur et c'est un aspect du journal qui rend les responsables très fiers.

« On a une grande partie du lectorat qui est jeune, à cause de notre pénétration dans les écoles, tant anglophones que francophones », raconte Jacinthe Tremblay.

Le journal est toujours disponible en version papier, mais on a décidé il y a quatre ans d'offrir les nouvelles sur le Web.

Jacinthe Tremblay considère le journal très chanceux, car il a droit à des subventions gouvernementales pour assurer sa survie.

« Avec l'appui des organismes communautaires de la province, on reçoit un montant de base de fonctionnement de la part de Patrimoine Canada. Au cours des dernières années, on a augmenté nos revenus autonomes, donc la portion qu'on reçoit de ce financement-là est maintenant un peu moins de 50 pour cent de nos revenus », souligne la directrice générale.

Mme Tremblay indique que ces fonds du gouvernement aident grandement le journal à s'épanouir sur son territoire.

« Autrement, on n’y arriverait pas », ajoute-t-elle.

Jacinthe Tremblay tient un sac avec le nom du journal.

Jacinthe Tremblay, directrice générale et responsable de la rédaction pour Le Gaboteur

Photo : Radio-Canada / Julie Doucet

Le Gaboteur a mérité cette année le prix d'Excellence générale pour la rédaction journalistique, offert par l'Association de la presse francophone (APF).

Chaque année, l’APF reconnaît le travail de ses journaux membres en remettant un total de 14 prix d’excellence. 

Le Gaboteur a aussi eu son lot de défis

Le Gaboteur s'est sorti d'un chapitre difficile il y a quelques années, après avoir fait la couverture de la crise du conseil scolaire francophone de Terre-Neuve. On avait accusé le journal de ne pas avoir respecté le code déontologique journalistique lors de sa cueillette d'information et dans la façon dont la nouvelle avait été traitée.

Les responsables ont dû prendre du recul et étudier la place qu'occupe le journal dans la vie des lecteurs francophones de la province.

« Premièrement, on a fait une pause dans la publication du journal, pour, d'une part, faire un sondage auprès du lectorat. On voulait voir ce que les gens pensaient des différentes sections du journal, notamment la section « nouvelles », nos dossiers, la section communautaire », souligne Jacinthe Tremblay.

L'entête du Gaboteur, le seul journal francophone à Terre-Neuve-et-Labrador

Le Gaboteur est le seul journal francophone à Terre-Neuve-et-Labrador

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

La directrice générale souligne qu'ils ont été surpris du nombre de personnes qui ont répondu au sondage et indique que le taux d'appréciation global du Gaboteur se situait à « très satisfait ».

« On s'est dit qu'on ne devait pas être dans l'erreur tant que ça. C'est certain qu'il y a des gens qui aimaient moins certaines sections, mais qu'on fasse des nouvelles, qu'on fasse des dossiers sur des enjeux d'actualité, c'était ce qui ressortait comme étant les sections du journal les plus appréciés. »

Les critiques que Le Gaboteur recevait à ce moment concernaient la couverture de la crise au conseil scolaire francophone de la province. Le Gaboteur s'était arrêté sur cette question à plusieurs reprises entre le 27 octobre 2014 et le 28 novembre 2016.

« On a soumis les journaux de cette période-là, c'est-à-dire 40 éditions du journal, à l'examen déontologique de Jean-Claude Leclerc. Il a conclu qu'on faisait notre travail de journaliste. Que si on n’avait pas parlé de cette question-là, on n’aurait pas fait notre devoir », raconte Mme Tremblay.

Elle reconnaît que cette période n'a pas été facile, mais croit qu'il y a quand même eu des répercussions positives, dont l'occasion pour Le Gaboteur de se faire connaître davantage.

Jacinthe Tremblay a aussi indiqué qu'elle quittait son poste de directrice générale et partait bientôt à la retraite. Son successeur, Étienne Vuillaume, prendra tranquillement les reines du journal cet automne.  

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