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Le patron de Lowe's Canada, également responsable de Rona, quitte ses fonctions

La devanture d'un magasin Rona l'entrepôt.

Lowe's a acquis Rona en 2016.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

La Presse canadienne

Alors que l'aventure canadienne de Lowe's, qui a acquis Rona en 2016, connaît toujours des ratés, le président des activités du géant américain au Canada, Sylvain Prud'homme, quitte son poste abruptement pour la retraite, à l'âge de 55 ans.

D'ici à ce qu'on lui trouve un successeur - aucun échéancier n'a été évoqué - c'est le responsable des finances chez Lowe's Canada, Tony Cioffi, qui agira comme président intérimaire.

C'est avec des sentiments partagés que j'annonce avoir décidé de prendre ma retraite, a souligné M. Prud'homme, vendredi, par voie de communiqué. Nous avons accompli beaucoup de choses au cours des dernières années, et je crois que le moment est venu pour moi de passer plus de temps avec mon épouse et ma famille, et de céder les rênes de la société à quelqu'un d'autre.

Nommé en 2013 à la tête de la division canadienne du détaillant américain, M. Prud'homme n'était pas disponible pour accorder des entrevues, a indiqué par courriel Lowe's Canada. Depuis 2017, il supervisait également les activités de l'entreprise au Mexique.

Un long parcours dans le commerce de détail

Le parcours de M. Prud'homme, qui affirme avoir œuvré pendant plus de 35 ans dans le secteur du commerce de détail, a été ponctué de passages au sein de compagnies bien connues comme Sobeys, Loblaw et Walmart.

Toutefois, au moment où la performance de Lowe's s'améliore aux États-Unis, notamment du côté de ses ventes comparables, un indicateur clé dans le secteur du commerce de détail, le portrait est différent du côté canadien.

En août dernier, sans fournir de chiffres précis, le président et chef de la direction du géant américain de la rénovation, Marvin Ellison, avait déploré un recul à ce sujet, au cours d'une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du deuxième trimestre.

Cela est largement attribuable à l'intégration de Rona, avait-il indiqué aux analystes.

Dans le communiqué soulignant le départ de M. Prud'homme, le grand patron de Lowe's a affirmé au passage : Nous demeurons confiants dans le potentiel à long terme de nos activités canadiennes.

Du pain sur la planche

Après une première tentative ratée en 2012, Lowe's avait finalement été en mesure d'acquérir Rona en 2016 pour 3,2 milliards de dollars dans le cadre d'une transaction qui avait soulevé de nombreuses questions quant à la protection des sièges sociaux québécois.

Toutefois, les résultats se font attendre, à tel point que l'entreprise établie en Caroline du Nord avait décidé, en début d'année, d'inscrire une charge d'amortissement d'environ 1,2 milliard de dollars à l'endroit de sa division canadienne.

Pour le professeur émérite au Département de marketing de HEC Montréal Jacques Nantel, le départ précipité de M. Prud'homme est directement attribuable à la performance du segment canadien de Lowe's.

La vérité, c'est qu'ils l'ont ratée [l'acquisition], a-t-il estimé, au cours d'un entretien téléphonique. Peut-être que Lowe's aurait dû développer [son réseau] de manière corporative, comme l'a fait Home Depot. La formule [d'intégration verticale] de Lowe's ne peut pas s'appliquer partout comme dans le reste de l'Amérique du Nord.

À son avis, le réseau de Rona n'a jamais vraiment été intégré et plusieurs petits marchands et magasins affiliés se sont senti un peu orphelins dans un réseau corporatif de grande surface.

Ainsi, de l'avis de M. Nantel, cela a probablement incité plusieurs d'entre eux à se tourner vers d'autres enseignes, au moment où la conjoncture économique devrait pourtant favoriser les magasins spécialisés dans la rénovation.

Ceux qui ont gagné des parts de marché au cours des dernières années, c'est BMR, Canac et d'autres enseignes établies au Québec, a-t-il souligné.

À l'inverse, il y a un peu plus d'un an, en novembre dernier, Rona avait fait les frais d'une restructuration puisque 24 de ses magasins avaient mis la clé sous la porte, tout comme un Réno-Dépôt et deux Lowe's.

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