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Crise du logement : vivre à cinq dans une roulotte

La crise du logement contraint cette famille de cinq personnes de l'Île-du-Prince-Édouard à vivre dans une roulotte.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Charlottetown, la plus petite capitale provinciale du pays, a des problèmes de grande ville. Les logements disponibles et, surtout, abordables sont devenus rarissimes. Le taux d'inoccupation des logements à Charlottetown est presque nul. Il est à 0,2 %, un taux inférieur à celui des grandes villes canadiennes.

La situation est telle que des résidents se retrouvent parfois sans logis pendant des semaines, voire des mois.

À Ellerslie, dans l’ouest de la province, April Walfield, Peter Chaisson et leurs enfants de 9, 11 et 17 ans vivent entassés dans une roulotte de 8 mètres de long.

Un homme ouvre un compartiment au-dessus du lit dans une roulotte.

Peter Chaisson.

Photo : Radio-Canada

Cela fait trois mois que ce mode de vie qu’ils n’ont pas choisi est leur seule option. Le propriétaire de la résidence où la famille demeurait depuis cinq ans a décidé de récupérer l’habitation à des fins personnelles, les forçant à quitter les lieux.

April et Peter peuvent payer jusqu’à 1500 $ par mois pour leur loyer. Mais ils ne trouvent pas de logement adéquat qui respecte leur budget.

Des hôtels devenus des maisons, des maisons devenues des hôtels

À l’Île-du-Prince-Édouard, les locations à court terme comme celles par l’entremise d’Airbnb, et la hausse du nombre d'immigrants et d’étudiants internationaux sont les principaux facteurs qui font pression sur le marché immobilier.

Motel Dutch Inn.

Des étudiants sont logés dans ce motel de Cornwall, à l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Radio-Canada

L'an dernier sur les 4300 étudiants à temps plein, plus du quart venaient d'un autre pays.

L'Université de l’Île-du-Prince-Édouard a dû prendre des mesures extraordinaires et a conclu une entente avec un motel de Cornwall pour loger des étudiants pour la durée de l’année scolaire.

Daniel Cousins

Daniel Cousins est un défenseur de l'accès au logement abordable à l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Radio-Canada

Avec Airbnb, les immeubles résidentiels se prennent pour des hôtels, et l’Université transforme des chambres d’hôtel en appartements. C’est le monde à l’envers, selon Daniel Cousins, un défenseur de l’accès au logement à l’Île-du-Prince-Édouard.

On a dépassé l'état de crise depuis longtemps, dit M. Cousins. Nous devons voir une volonté de travailler ensemble. Le gouvernement fédéral doit travailler avec le gouvernement provincial et les municipalités.

Le maire de Charlottetown, Philip Brown, en fait son cheval de bataille et promet de ne pas baisser les bras.

Je sais que les politiciens provinciaux et fédéraux sont fâchés avec moi, mais ce n’est pas mon problème. On a un problème à Charlottetown, dit-il.

La province a reçu jusqu’à présent 50 millions de dollars, provenant de la stratégie nationale sur le logement du gouvernement de Justin Trudeau.

À Charlottetown, un immeuble nouvellement construit de 50 logements abordables a coûté 14 millions de dollars. Mais on estime qu’il y a plus d’un millier de ménages en attente d’un logement.

April Walfield.

April Walfield.

Photo : Radio-Canada

D’ici là, Peter Chaisson et April Walfield se préparent avec angoisse à passer l’hiver dans leur roulotte.

Nous n'avons qu'une petite chaufferette pour nous garder au chaud, explique la mère de famille. On fera quoi cet hiver?

Je pense que si tous les candidats [à l’élection fédérale] venaient passer une semaine ici, ils auraient une véritable idée de notre situation, dit Mme Walfield. Pour l'instant, ils sont aveugles.

D’après le reportage d’Élisa Serret

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