•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Marsal déçue de sa saison avec Jeanson

Radio-Canada

La Française Catherine Marsal, championne du monde sur route en 1990, n'aura passé qu'une saison avec l'équipe RONA. Déçue de son expérience avec la formation de Geneviève Jeanson, elle ne sera pas de retour en 2004.

10 novembre 2003 – La Française Catherine Marsal, championne du monde sur route en 1990, n'aura passé qu'une saison avec l'équipe RONA. Déçue de son expérience, elle ne sera pas de retour en 2004.

D'ailleurs, elle ne sera pas la seule. La Néo-Zélandaise Melissa Holt, une forte rouleuse, a déjà annoncé qu'elle voulait se concentrer sur les Jeux olympiques et que, par le fait même, elle préférait rester dans son coin du globe.

Quant à l'Allemande Karen Bockel et la Française Magali Le Floc'h, elles n'ont toujours pas accepté les offres du directeur sportif André Aubut. De gros changements à l'horizon donc pour la formation de Geneviève Jeanson qui a mis récemment sous contrat l'Israélienne Shani Block, l'Américaine Anna Milkowski et l'Australienne Helen Kelly.

Pas d'offre en vue

Marsal a franchement avoué qu'elle n'avait pas reçu d'offre d'Aubut, mais que, de toute façon, elle ne l'aurait pas acceptée. «Ça ne sert à rien de continuer si ça ne va pas. Le courant ne passait pas entre André et moi. Je suis frustrée de la fin de ma saison, je n'ai pas pu remplir mon rôle de capitaine», a confié la cycliste de 32 ans jointe à Toulouse.

Marsal, qui compte également trois médailles d'argent et une de bronze à sa collection mondiale, avait été essentiellement embauchée pour sa vaste expérience et pour remplacer Manon Jutras, partie chez Saturn. La Française, également sacrée championne du monde junior en 1987, a connu un début de carrière relativement similaire à celui de Jeanson et elle souhaitait vivement lui éviter les mêmes erreurs qu'elle a commises, notamment de s'isoler du reste du monde.

«Geneviève n'a pratiquement pas de vie en dehors du cyclisme. Elle est toujours avec André. Elle ne sort pas. Elle semble heureuse comme ça. Mais un jour, elle va se retrouver toute seule. Il faut qu'elle déconnecte, qu'elle décompresse de temps en temps.»

Trop de pression, pas assez d'émotion

Mais plus que la vie sociale tranquille de Jeanson, ce qui a surtout agacé Marsal durant sa saison au sein de la formation québécoise, c'est le manque d'émotion et la constante pression exercée sur sa chef de file.

«Ça me faisait plaisir de courir pour Geneviève, mais il ne faut pas que gagner devienne une obsession. À chaque course, toute la pression repose sur Geneviève. Il faut qu'elle gagne toutes les courses. J'ai essayé de parler à André, mais il a refusé mes conseils», a expliqué la Française qui soutient que côté psychologie féminine, Aubut a encore beaucoup à apprendre.

Marsal ajoute : «Geneviève devrait plutôt se concentrer sur les grosses épreuves comme la Coupe du monde, Hewlett-Packard (qui n'existe plus depuis cette année). Les grands cyclistes (Lance Armstrong par exemple) ciblent certaines courses majeures. Le cyclisme, ce n'est pas comme les sports d'équipe, il faut que chaque fille ait la chance de gagner.»

Une bonne entente malgré tout

Marsal précise que les filles s'entendaient bien entre elles et qu'elles se soutenaient. Sauf qu'une fois la course terminée, on se donnait une petite poignée de main et à la prochaine. Leur dernier souper ensemble remonte au mois de juin, après la victoire de Jeanson sur le mont Royal. «Ce qu'il n'y a pas chez RONA, c'est cette flamme, ce petit feu qui «booste» toute une équipe dans n'importe quelle condition. Les émotions passaient très mal», a avoué la cycliste qui compte à son actif quatre participations aux Jeux olympiques.

La Française reproche à Jeanson de ne pas partager assez avec ses coéquipières, de ne pas exprimer davantage ses émotions. «À part sa victoire à Montréal, je n'ai jamais senti qu'elle dévoilait ses émotions. Elle est très pudique. Elle ne donne pas d'accolade pour nous féliciter. Je regrette de n'avoir pu mieux la lire», constate-t-elle.

En 2002, Marsal, alors chez Saturn, avait épaulé l'Allemande Petra Rossner dans sa quête pour le titre de championne de la Coupe du monde. Après avoir franchi en premier la ligne d'arrivée au Tour de Rotterdam, dernière épreuve de la saison, Rossner a fait patienter les journalistes pendant dix minutes afin d'attendre ses coéquipières pour qu'elles partagent d'abord ce moment de réjouissance ensemble.

Marsal aurait aimé retrouver ce même esprit d'équipe chez RONA. L'année 2004 sera sa dernière sur la scène mondiale et cette championne vise une participation aux Jeux olympiques d'Athènes pour conclure sa carrière en beauté.

Nous avons tenté de joindre André Aubut, mais il n'a pas retourné nos appels.