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Des petits fournisseurs dénoncent les programmes de déploiement Internet en région

Des codes chiffrés en trois dimensions.

Le déploiement du service Internet n'est pas facile pour certains fournisseurs régionaux.

Photo : iStock

Jean-François Deschênes

Pour une quinzaine de membres de l’Alliance des télécommunicateurs indépendants du Québec, il est impossible de revendre Internet à prix compétitifs comme le prévoit les programmes de déploiement de la haute vitesse pour les petites communautés.

Le programme fédéral Brancher pour innover et celui du gouvernement provincial Québec pour branché ont prévu 300 millions de dollars pour donner accès à la haute vitesse à des communautés qui en étaient privées.

Les programmes prévoient un libre accès au réseau pour créer une saine compétition entre les entreprises pour offrir les services aux particuliers.

Les entrepreneurs de l'Alliance demandent au ministère du Développement économique régional de faire pression sur le CRTC pour imposer un prix qui donnerait un meilleur accès aux réseaux pour les revendeurs.

Une main d'homme sur le clavier d'un ordinateur portable.

Le taux de connexion résidentielle à Internet atteinte 91 % au Québec.

Photo : getty images/istockphoto / bob_bosewell

Un prix immoral

Le président de Navigue.com, Jean-Marie Perreault, considère immoral le prix demandé par Telus, propriétaire de la fibre optique déployé en Gaspésie grâce au programmes de subventions.

Il y a quelques années, l’entrepreneur de la Baie-des-Chaleurs a participé en vain à l’appel d’offres pour déployer le réseau dans sa région. C'est plutôt Telus qui a été choisi.

M. Perreault avait calculé qu’il pouvait fournir aux revendeurs le service Internet à 750 $ pour 1000 mégabits par seconde (Mbps).

Aujourd’hui, il affirme que le coût pour accéder au réseau en tant que revendeur est de 1700 $ pour 10 Mbps. À ce prix, il juge qu'il lui est impossible d’offrir le service aux résidents gaspésiens à un prix compétitif.

Jean-Marie Perreault dit avoir perdu le trois quarts de ses 5000 clients en une seule année, ce qui menace son entreprise.

Il considère que l’aspect « Libre accès »  du programme de déploiement Internet est un échec. Celui qui a eu ça va continuer de pouvoir être dans un monopole et quand on est dans un monopole, on élimine la compétition.

Le but recherché de faire baisser les coûts des télécommunications partout au Québec, quant à moi, c’est un échec total.

Jean-Marie Perreault, propriétaire, Navigue.com

Un prix maximum

Telus refuse de commenter parce que des négociations avec des entrepreneurs sont en cours.

La porte-parole de l'entreprise, Jacinthe Beaulieu, souligne cependant que le prix avancé par M. Perreault est un « prix plafond » et qu'une division indépendante de Telus veille à respecter les règles et à offrir un juste prix.

La tour est située près du village.

Un tour de relais en Basse-Côte-Nord.

Photo : Radio-Canada

Des réseaux subventionnés

Nous, si on veut y accéder, il faut payer le gros prix. C’est ça qui n’a pas de bon sens , soutient Jean-Michel Allard de l’entreprise Solufi.

L’entrepreneur qui est situé sur la rive sud de Montréal ne fait pas affaire avec Telus, mais avec d'autres fournisseurs Internet.

Selon lui, ils demandent près du double et parfois davantage de ce qu’il considère devoir payer pour avoir accès au réseau.

Il estime que le CRTC doit imposer un prix équivalent pour tous les revendeurs pour ce nouveau réseau subventionné. 

C’est surtout le fait que ce soit subventionné. Si c’était privé, on peut comprendre qu’il y ait des infrastructures à payer, mais la plupart ont été payés par des contribuables. .

Jean-Michel Allard, propriétaire, Solufi
Paul-André Morin

Le président de Communications Internet Morin, Paul-André Morin

Photo : Radio-Canada

Le propriétaire d’Internet Morin de Matane, Paul-André Morin, soutient que dans ces conditions, son entreprise est menacée de fermeture.

J’ai une crainte de devoir fermer mon entreprise, de mettre mes employés au chômage parce qu’ils vont venir me faire compétition avec une fibre optique subventionnée dont je n’ai pas accès.

CRTC

La ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Eve Proulx, dit prendre acte de la demande des entrepreneurs. Elle suggère de cogner directement à la porte du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

La porte-parole de Telus rappelle que le CRTC fait une révision des prix de la fibre optique et que l'entreprise participe aux consultations.

Le CRTC a été interpellé, mais n'a pas répondu pour l'instant à notre demande d'entrevue.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Télécommunications