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Équateur : nouvelle journée de blocages contre la hausse du prix du carburant

Un manifestant se tient devant des policiers à Quito vendredi.

Un manifestant se tient devant des policiers à Quito vendredi.

Photo : Reuters / Ivan Alvarado

Agence France-Presse

Les blocages dans le secteur des transports se sont poursuivis vendredi en Équateur contre la hausse du prix du carburant, mais la tension a baissé d'un cran après l'instauration de l'« état d'urgence » par le gouvernement.

Jeudi, 35 personnes ont été blessées, dont 21 policiers, et 350 autres arrêtées, dans des heurts entre manifestants et forces de l'ordre, exacerbés par l'annonce de la mise en place de l'état d'exception sur l'ensemble du territoire.

Face à l'absence de taxi et de transport public, les Équatoriens tentaient vendredi tant bien que mal de vaquer à leurs occupations, tandis que les écoles restaient fermées dans tout le pays pour le deuxième jour consécutif.

Nous ne voulons pas déstabiliser le pays, mais malheureusement, ce que nous essayons de faire aujourd'hui, c'est de survivre

Luis Vizcaino, président de la fédération nationale du transport routier

De nouveaux tarifs du carburant sont entrés en vigueur, avec une hausse d'environ 100 % : le prix d'un « galon américain » (3,7 litres) de diesel est ainsi passé de 1,03 à 2,30 dollars, et celui d'essence de 1,85 à 2,40 dollars.

Si on obtient une petite baisse des prix du carburant, je pense qu'il peut y avoir une sortie [de crise] pour que l'Équateur retrouve la paix.

Luis Vizcaino

Dans un mouvement d'une ampleur inédite depuis 2007, le secteur des transports s'est mis en grève jeudi dans tout le pays pour protester contre le démantèlement de subventions pour le diesel et l'essence dans le cadre d'un accord conclu en mars avec le Fonds monétaire international (FMI).

Cet accord, qui prévoit un soutien financier de 4,2 milliards de dollars en échange d'un programme de réformes économiques sur trois ans, a aussi conduit à une augmentation des droits de douane pouvant atteindre 123 %.

Malgré la mobilisation, le président Lenin Moreno a affirmé vendredi qu'il ne changerait pas « d'avis » sur l'arrêt des subventions.

L'« état d'urgence » permet d'établir des zones de sécurité sur le territoire, de suspendre ou de limiter certains droits comme celui de libre circulation et d'imposer la censure aux médias.

Il autorise également la mobilisation de l'armée et de la police pour assurer l'ordre public. La Constitution prévoit que la mesure peut rester en vigueur 60 jours et être prorogée pour une période de 30 jours.

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