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Andrew Scheer et sa femme marchent dans une pièce en se tenant la main.

Le chef conservateur Andrew Scheer et sa femme Jill, après son annonce à Toronto.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Radio-Canada

Après avoir critiqué la semaine dernière le plan libéral pour mieux contrôler les armes à feu, le chef conservateur Andrew Scheer a dévoilé vendredi ses propres promesses électorales visant à combattre la violence armée, notamment celle attribuable aux gangs de rue.

Il propose notamment d’éliminer la libération sous caution automatique des membres de gangs qui attendent leur procès et la révocation de la libération conditionnelle accordée à ceux et celles qui reprennent contact avec leur gang après leur remise en liberté.

En fait, la libération sous caution des prévenus qui attendent leur procès n’est pas automatique au Canada; il revient toutefois au procureur public de prouver qu’ils représentent un danger suffisant pour qu’ils demeurent détenus.

Un gouvernement conservateur, a expliqué Andrew Scheer, voudrait en fait renverser le fardeau de la preuve pour les membres de gang. Autrement dit, il reviendrait donc à la défense de prouver qu’ils ne sont pas dangereux pour obtenir leur libération.

Le chef conservateur souhaite aussi pouvoir désigner des gangs de rue comme des entités criminelles, à l’instar d’organisations terroristes, afin de permettre aux procureurs publics de ne pas avoir à prouver que des prévenus appartiennent à un gang criminel.

M. Scheer propose aussi de modifier le Code criminel afin que des peines de cinq ans de prison soient obligatoirement imposées aux membres de gangs reconnus coupables de crimes violents et à toute personne reconnue coupable d’avoir possédé une arme de contrebande.

L’imposition de peines obligatoires était au cœur du programme de son prédécesseur, Stephen Harper, mais plusieurs modifications législatives adoptées à ce sujet ont été annulées par les tribunaux.

Évoquant vraisemblablement cet état de fait, Andrew Scheer a promis qu’un gouvernement qu’il dirigerait défendrait toute contestation judiciaire à ce sujet.

Un gouvernement conservateur modifierait aussi le Code criminel de manière à ce que quiconque est reconnu coupable d’avoir fourni une arme à une personne qui n’a pas le droit d’en posséder soit passible d’une peine de prison de 14 ans.

Andrew Scheer s’engage aussi à renforcer la vérification des antécédents de toute personne demandant un permis de port d’armes. Il s’agirait de s’assurer que la Gendarmerie royale du Canada vérifie les antécédents d’un demandeur auprès des gens qu’il donne en référence.

Notre dossier Élections Canada 2019

Le chef conservateur a fait son annonce à Toronto, où les crimes attribuables aux gangs de rue sont en hausse depuis des années, et font couler beaucoup d’encre.

Il a continué de vilipender l’approche préconisée par le chef libéral Justin Trudeau, qui a proposé dans le cadre de la campagne électorale de bannir les armes d’assaut de type militaire, comme les AR-15, et de permettre aux municipalités d’interdire les armes de poing.

Selon Andrew Scheer, M. Trudeau ne ferait qu’obliger des gens qui respectent les règles en vigueur à respecter encore plus de lois, et ne permettrait pas d’endiguer le fléau de la violence armée, puisque les criminels n’ont cure de ce genre d’interdiction de toute façon.

Il assure toutefois qu'un gouvernement conservateur ne modifierait en rien la liste des armes prohibées ou à utilisation restreinte qui est en vigueur en ce moment.

Moins de seringues dans les rues

Le Parti conservateur promet également qu’il investira dans des centres de traitement et de réadaptation, notamment pour les écoles secondaires, afin que ceux qui souffrent de toxicomanie puissent obtenir « l’aide dont ils ont besoin ».

Il entend également aider les municipalités à récupérer et à se débarrasser des seringues qui sont jetées dans les lieux publics « afin de protéger les enfants et les familles », a indiqué Andrew Scheer.

Le plan des conservateurs ne comprend toutefois pas de mesure concernant les centres d’injection supervisée.

Nous ne croyons pas qu’il est juste pour les mères et les pères, qui s’inquiètent pour leur enfant qui marche pour se rendre à l’école ou qui joue au parc, que ces sites soient mis en place sans consultation ou sans les consultations adéquates, a déclaré le chef conservateur.

Selon lui, il faut mettre de l’avant des mesures qui n’encourageront pas les toxicomanes. Nous ne leur rendons pas service si nous ne faisons que faciliter [l’accès], a-t-il indiqué.

Andrew Scheer estime qu’il faut plutôt augmenter la capacité d’action des différents paliers de gouvernement et de leurs agences et systèmes de santé. C’est là où nous concentrerons nos efforts, a-t-il déclaré.

En ce qui concerne la traite de personnes, Andrew Scheer s’engage à imposer des peines plus sévères aux responsables de cette « ignoble pratique ».

Viser les plus vulnérables, la vaste majorité étant des femmes et des filles, pour les vendre et les forcer à l’esclavage est dégoûtant, obscène et inacceptable, a-t-il déclaré.

Un gouvernement conservateur amenderait le Code criminel afin de ne plus obliger les procureurs à faire la démonstration qu’un trafiquant exerce de la coercition, ou contraint sa victime à agir en lui faisant peur.

Les trafiquants opèrent de manière beaucoup plus subtile, a souligné le chef conservateur avant d'ajouter qu’il veillerait aussi à ce que les passeurs reconnus coupables reçoivent des peines consécutives pour chacune de leur victime.

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