•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La tuerie de la préfecture de Paris traitée comme un acte terroriste

La préfecture de Paris.

Un policier et un militaire devant la préfecture de Paris, le 3 octobre 2019.

Photo : Reuters / Philippe Wojazer

Reuters

Le parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé avoir repris la main sur l'enquête liée à l'agression à l'arme blanche qui a coûté la vie, jeudi, à cinq personnes à la préfecture de police de Paris en comptant l'assaillant.

C'est un développement majeur dans les investigations, qui étaient supervisées jusqu'à présent par le parquet de Paris, même si les deux procureurs disaient rester en « contact permanent ».

Il s'agit désormais d'une enquête pour « assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle » notamment, précise le PNAT dans un message transmis à Reuters.

Celle-ci est confiée à la fois à la brigade criminelle de la direction régionale de la police judiciaire, comme c'était déjà le cas depuis jeudi, mais aussi à la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

La justice cherche à élucider les motivations qui ont conduit cet homme âgé de 45 ans, sans antécédents connus, à se munir d'une arme blanche et à s'en prendre à ses collègues dans l'un des bâtiments les mieux gardés de la capitale, à deux pas de Notre-Dame et de l'ancien palais de justice.

« Notre lucidité de policiers nous amène à n'exclure strictement aucune hypothèse à ce stade », a jugé le préfet de police, Didier Lallement, lors d'une déclaration à la presse, sans s'étendre sur les causes possibles de cette « tragédie ».

En garde à vue depuis jeudi, l'épouse de l'agresseur a dit aux policiers que ce dernier avait « entendu des voix » dans la nuit de mercredi à jeudi, selon une source proche de l'enquête.

Il aurait eu une « crise de démence » cette nuit-là, selon une autre source au fait des investigations, sans plus de précisions.

Les enquêteurs cherchaient par ailleurs, jeudi, à vérifier des informations selon lesquelles il se serait converti à l'islam il y a un an et demi, selon une troisième source informée de l'évolution de l'enquête.

L'auteur de l'agression, qui travaillait à la préfecture depuis 2003, « n'a jamais présenté de difficultés comportementales » et « n'a jamais présenté le moindre signe d'alerte », a déclaré jeudi le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, lors d'un point de presse.

Selon Didier Lallement, cet « agent d'exécution », affecté à des tâches informatiques, était « habilité au secret défense », comme la plupart des membres de la Direction du renseignement de la préfecture, à laquelle il était rattaché.

« Il était en règle avec les obligations inhérentes à ce type d'habilitations », a encore dit le préfet de police.

Les victimes sont trois policiers et un autre agent administratif, a précisé jeudi le procureur de Paris, Rémy Heitz. Il s'agit de trois hommes et d'une femme.

Europe

International