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[Train de campagne] « Ici, le pétrole, ça fait partie de l’histoire des familles »

Bien que le pétrole soit central dans l’économie de l’Alberta depuis des décennies, certains croient que ça devrait changer.

Camille Bérubé se tient debout devant l'énorme pièce.

Camille Bérubé, ancien maire de Beaumont, devant une reproduction agrandie d’une mèche de forage, au Centre de découverte de l'énergie Leduc No 1, à Devon, en Alberta.

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

Marie-France Abastado

À l'occasion de la campagne électorale, les journalistes Janic Tremblay et Marie-France Abastado de Désautels le dimanche entreprennent la traversée du Canada en train à la rencontre des électeurs. Quatrième envoi d’une série de cartes postales.

Mardi 1er octobre. Ce matin, j’ai rendez-vous avec Camille Bérubé, ancien maire de Beaumont, une petite ville d’environ 20 000 habitants à 15 minutes de route au sud d’Edmonton. Il doit me faire rencontrer des gens de son coin de pays pour qu’ils me parlent du sentiment général des Albertains à l’occasion de la campagne électorale fédérale.

Une exposition de mèches de forage.

Des mèches de forage pour l'exploration pétrolière au Centre de découverte de l'énergie Leduc No 1, à Devon, en Alberta.

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

Mais avant, il tient à ce que je visite le Centre de découverte de l’énergie Leduc No 1 tout à côté, à Devon. Le petit musée raconte l’histoire du puits de pétrole qui a fait de l’Alberta la puissance pétrolière qu’elle est devenue.

En février 1947, après dix semaines de forage acharné au cours d’un hiver particulièrement rude, les hommes du chantier de Devon voient enfin un puits cracher de la boue puis du pétrole. Cette histoire, dit l’ancien maire de Beaumont, a forgé une partie de l’identité des Albertains.

La majorité des Albertains sont fiers de ce qu’on voit ici, dans ce musée, soutient Camille Bérubé en me montrant une reproduction agrandie d’une mèche de forage. Ça fait partie de l’histoire de leur famille. Dans nombre d’entre elles, le grand-père, le père et les jeunes ont travaillé ou travaillent toujours dans l’industrie du pétrole. Il y a vraiment une fierté de ce qui a été développé et de l’importance que ça a pu avoir pour l’économie de la province.

Les citoyens sont rassemblés autour d'une table.

Des citoyens de Beaumont discutent des enjeux de la campagne électorale au restaurant Chartier.

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

Au restaurant Chartier, nous retrouvons quelques résidents de Beaumont venus discuter des enjeux de cette élection fédérale pour l’Alberta.

C’est vrai que ça [le pétrole] a été très important pour l’économie albertaine, lance Alcide Magnan, ancien administrateur à Radio-Canada, à Edmonton. Ça l’est encore et ça le sera pour bien des années. Mais on doit commencer à songer à la diversification. En 2015, le prix du pétrole a chuté radicalement et ce n’est de la faute d’aucun politicien à Ottawa.

Mais Carole Hudson, présidente de la Société d’histoire de Beaumont, n’est pas d’accord. Moi je trouve que c’est une ressource nécessaire et, ce que je n’aime pas, c’est qu’on achète le pétrole d’autres pays, alors que nous en avons ici et que le nôtre est plus propre. On a travaillé fort pour avoir un bon produit!

Une exposition de fossiles.

Fossiles découverts lors des différentes opérations de forage à Devon, en Alberta.

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

Mais contrairement au premier ministre conservateur de la province, Jason Kenney, Carole Hudson ne croit pas qu’il faille imposer l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain à la Colombie-Britannique, et ce, même s’il permettrait à l’Alberta de trouver de nouveaux marchés en Asie pour son pétrole.

Denis Hinse, fermier retraité de Beaumont, lui, est plus radical : Il va falloir qu’ils prennent des décisions, dit-il en parlant du gouvernement fédéral. Il y a des limites aux discussions.

Comme bien des Albertains, il a le sentiment que l’Alberta a été abandonnée par Ottawa même si le gouvernement Trudeau a acheté le pipeline de Trans Mountain.

J’aimerais que le prochain gouvernement reconnaisse ce que l’Alberta donne au pays.

Denis Hinse

De son côté, Camille Bérubé, l’ancien maire de Beaumont, est bien conscient de la faiblesse du poids de l’Alberta au Parlement canadien 34 sièges contre 199 pour l’Ontario et le Québec réunis.

Mais nos représentants doivent porter notre voix à Ottawa. On doit nous entendre pas juste au moment des élections, mais tout au long de l’année!, affirme Camille Bérubé.

Tous prévoient une vague bleue sur l’Alberta.

Marie-France Abastado souriante.

La journaliste Marie-France Abastado de Désautels le dimanche.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

J’ai entrepris mon périple dans l’ouest du pays à bord d’un train qui s’arrêtera en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba et en Ontario. Je vous rapporte quelques cartes postales témoignant de mes rencontres. Vous pourrez aussi me suivre à l’émission Désautels le dimanche à 10 h.

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