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Romney fustige Trump, les autres républicains restent discrets

Silhouette obscurcie de Donald Trump levant le doigt et parlant dans un micro.

« La Chine devrait ouvrir une enquête sur les Biden », a déclaré Donald Trump jeudi.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Radio-Canada

À une exception près, aucun des leaders républicains ne s’est risqué à faire le moindre reproche au président Donald Trump après qu’il eut demandé jeudi à un autre gouvernement étranger, celui de la Chine, d’enquêter sur la famille Biden. Ils l’ont soutenu ou se sont tus.

Seul le sénateur Mitt Romney, de l'Utah, a brisé les rangs républicains, vendredi, affirmant sur Twitter qu'« il est bien difficile de croire que cette requête puisse avoir des motivations autres que politiques ».

Sa condamnation de M. Trump était sans équivoque.

L'appel éhonté et inédit du président à la Chine et à l'Ukraine pour qu'elles enquêtent sur Joe Biden est condamnable et épouvantable.

Mitt Romney, sénateur républicain

Le vice-président Mike Pence a déclaré la veille qu'il appuyait M. Trump et a estimé qu’il avait soulevé des questions « appropriées ».

Je pense qu'il n'y a rien d'inconvenant là-dedans, a déclaré pour sa part Ron Johnson, président du comité de la sécurité intérieure.

Les réactions des autres chefs de file du Parti républicain étaient du même acabit. Ils ont préféré en dire le moins possible, attaquer les démocrates ou exprimer un vague optimisme quant au processus d’enquête lancé par les démocrates à la Chambre des représentants en vue d’une mise en accusation du président devant le Congrès (impeachment), qui pourrait entraîner sa destitution.

L’ingérence étrangère dans les élections a longtemps été considérée comme une menace pour la souveraineté des États-Unis et l’intégrité de sa démocratie, et le fait de solliciter l’aide d’un pays tiers lors d’une campagne électorale est illégal. Mais M. Trump a choisi de défier les conventions, jeudi, et de jeter de l’huile sur le feu.

Devant la Maison-Blanche, le président s'est défendu contre les allégations voulant qu’il ait fait pression sur le gouvernement ukrainien pour qu'il enquête sur les Biden en invitant un second gouvernement étranger à faire la même chose. « La Chine devrait ouvrir une enquête sur les Biden », a déclaré M. Trump après avoir été questionné sur les relations commerciales entre les États-Unis et ce pays.

Trump veut que la Chine enquête sur Biden

Presque au même moment, le chef de la minorité républicaine à la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, demandait à la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, de mettre fin à l’enquête de mise en accusation, disant craindre qu’elle ne soit pas totalement juste envers Donald Trump.

Un processus qui ne serait pas tout à fait complet, transparent et équitable représenterait une insulte suprême à notre Constitution et aux millions d'Américains qui souhaitent que leurs voix soient entendues, a écrit M. McCarthy.

Le soutien ou le silence

Les alliés de Donald Trump prétendent que sa rhétorique parfois incendiaire n’a pas autant d’importance que ses politiques, avec lesquelles ils sont d’accord.

Lors d'un événement à Scottsdale, en Arizona, Mike Pence a affirmé que les liens des Biden avec l'Ukraine étaient d’intérêt public.

Il y a des questions légitimes qui méritent d’être posées. Nous continuerons à les poser, car le peuple américain a le droit de savoir si le vice-président des États-Unis ou sa famille ont profité de sa position.

Mike Pence, vice-président des États-Unis
Les deux intervenants sont assis l'un à côté de l'autre à une table.

Mike Pence et Martha McSally ont participé jeudi à un événement public en Arizona.

Photo : Associated Press / Matt York

Martha McSally, sénatrice de l'Arizona, était aux côtés de M. Pence. Elle a critiqué les démocrates pour avoir lancé leur enquête, mais elle s’est gardée de commenter les affirmations du lanceur d'alerte ou la transcription de l'appel téléphonique qui ont tout déclenché. Son bureau n'a pas non plus voulu dire si elle pensait que la déclaration de jeudi de M. Trump était appropriée.

En Caroline du Nord, le sénateur Thom Tillis a également soutenu le président. Il a dit ne pas être convaincu que les preuves révélées jusqu'ici suffiraient pour une mise en accusation devant le Congrès.

Nous verrons ce qui ressort de leur enquête. Ils ne sont pas encore en train de rédiger des actes de mise en accusation, a déclaré M. Tillis à l'Associated Press lundi. S’ils fondent tout ce processus sur une transcription maintenant publique, mais non authentifiée, et sur la plainte d’un délateur, ça ne nous amène certainement pas à un niveau qui justifie des accusations devant le Congrès.

Questionné jeudi sur les nouvelles déclarations de Donald Trump, le bureau de M. Tillis a répondu : Les démocrates et les grands médias utilisent tout et n'importe quoi pour justifier un impeachment et une destitution.

En Iowa, la sénatrice Joni Ernst s’est fait demander son avis sur la question lors d’une assemblée publique. Elle a affirmé qu’il était trop tôt pour déterminer si le président a mal agi, et a ajouté que c’était au comité du renseignement du Sénat de l’évaluer.

Le sénateur Chuck Grassley, de l'Iowa, président du puissant comité des finances, a également refusé de commenter, mais son bureau a souligné qu’il avait lui-même demandé en août à l'administration Trump d'enquêter sur les affaires de Hunter Biden en Chine.

Le personnel du sénateur Cory Gardner, du Colorado, a publié une déclaration qui ne faisait pas référence à la requête de M. Trump à Pékin. Le Comité sénatorial du renseignement est un organe sérieux et respecté qui se penche sur la question de manière bipartite, indiquait le communiqué.

Le bureau du sénateur de l'Utah, Mitt Romney, qui avait qualifié de « troublantes » les demandes de M. Trump à Kiev, la semaine dernière, n'avait pas de nouveaux commentaires à faire jeudi.

Le bureau du leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, n'a pas répondu à une demande de commentaire, à l’instar des équipes de plusieurs autres sénateurs républicains.

Des critiques ont déploré la réaction des alliés de Donald Trump, estimant qu’elle ne faisait que le conforter dans ses positions, tout en causant des dommages au Parti républicain et à la présidence elle-même.

Encore une fois, Donald Trump a appelé un pays étranger à s'immiscer dans nos élections – dernier exemple en date de sa tendance à mettre ses ambitions politiques devant la défense de l'intégrité de nos élections.

Nancy Pelosi, démocrate, présidente de la Chambre
Plan rapproché de Nancy Pelosi, qui lève un doigt accusateur.

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. (Archives)

Photo : The Associated Press / J. Scott Applewhite

Pourquoi enquêter sur les Biden?

Les démocrates de la Chambre ont forcé la tenue d'une enquête sur une conversation téléphonique qui a eu lieu le 25 juillet, au cours de laquelle M. Trump a exhorté le nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky à enquêter sur la famille Biden.

Donald Trump accuse Joe Biden, candidat à l’investiture démocrate en vue de la course à la présidence, et son fils Hunter d’être « corrompus ». Il soutient que l’ancien vice-président de Barack Obama a plaidé en faveur du congédiement d'un procureur général ukrainien dans le but de protéger les affaires de son fils.

Il est vrai que Joe Biden a réclamé le limogeage de Viktor Chokine en 2015, usant en même temps de menaces financières pour le pousser vers la sortie. Mais ce procureur était accusé de protéger une élite malhonnête dans son pays et de torpiller les efforts de Kiev pour adopter des réformes. Qui plus est, les demandes de M. Biden faisaient partie d'efforts concertés avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international pour écarter M. Chokine.

Quant à Hunter Biden, il a été au cours des cinq dernières années membre du conseil de Burisma, une compagnie de gaz ukrainienne qui a fait l'objet d'une enquête dans une affaire de corruption. Il n'a jamais été accusé formellement de quoi que ce soit.

Rien ne prouve que les Biden ont posé des gestes illégaux.

Donald Trump, président des États-Unis
Avec les informations de Associated Press, et Agence France-Presse

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