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La Ville de Québec critiquée pour la « densification sauvage » d'un quartier

Un immeuble de 14 mètres pousse sur la rue Terrasse Laurentienne, à Sainte-Foy, au grand dam des résidents du secteur.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Sébastien Tanguay

Des résidents de Sainte-Foy sont en colère contre la Ville de Québec qui a autorisé la construction d‘immeubles de trois étages à seulement deux mètres de leur jardin, et ce, sans les consulter. Certains estiment que leur résidence a perdu une valeur chiffrée à des dizaines de milliers de dollars. La Ville ne compte pas pour autant les dédommager.

Un premier bâtiment locatif de six logements a poussé derrière le jardin de France Lévesque et Mario Lapointe.

Un mur de 10 mètres surplombe maintenant leur cour arrière. Un mur percé de fenêtres qui donnent directement sur leur terrain; chaque fois que les résidents d’à côté feront la vaisselle, c’est chez ce couple qu’ils regarderont.

La Ville confirme que cette construction a suivi les règles en place.

France Lévesque et Mario Lapointe se dressent devant leur cour. En arrière-plan, un passage de moins d'un mètre sépare leur jardin et l'escalier de l'édifice de trois étages.

France Lévesque et Mario Lapointe doivent désormais composer avec un immeuble de dix mètres dont la façade surplombe directement leur jardin. Ils estiment à 50 000 $ la perte de valeur de leur résidence.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Nous, on est devant le fait accompli, raconte France Lévesque. Le bloc est là, on ne pourra pas l’enlever.

Avec l’immeuble voisin qui fait de l’ombre à leur cour et à leur intimité, France Lévesque et Mario Lapointe évaluent que leur résidence perd une valeur d’au moins 50 000 $. Une pilule dure à avaler, pour eux, qui cherchent à vendre leur maison depuis janvier.

Pour nous, c’est une catastrophe, affirme M. Lapointe. C’est beaucoup d’argent. Je ne connais pas grand monde qui peut absorber une perte comme celle-là.

M. Lapointe déplore le manque de consultation de la part de la Ville. Nous avons été floués, comme si tout avait été décidé en cachette.

André Renaud devant l'immeuble de 14 mètres qui se construit à quelques mètres du jardin de sa résidence d'un étage.

À trois portes de chez France Lévesque et Mario Lapointe, André Renaud voit lui aussi apparaître un édifice à quelques pas de sa cour arrière.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

Les résidents du quartier ont tenté de savoir quel genre d'immeubles allait se dresser sur les terrains achetés derrière leur résidence.

Impossible de divulguer ces informations, a rétorqué la Ville, puisqu'elles sont confidentielles jusqu'à l'émission du permis, leur a-t-on dit.

Une fois les autorisations accordées, les citoyens ont manifesté leurs inquiétudes quant à l'impact des immeubles de trois étages sur leur qualité de vie.

Là encore, aucune modification ne pouvait être apportée aux projets. Une fois les projets approuvés, il est trop tard pour les modifier, aurait ajouté l'administration.

Nous sommes favorables à une certaine densification des secteurs centraux, poursuit Mario Lapointe. Mais pas comme ça, pas en sauvage. Il ne faut pas que d'autres citoyens soient victimes de la même aberration.

C'est conforme aux règles, maintient la Ville

La conseillère de l'arrondissement Sainte-Foy - Sillery, Émilie Villeneuve, devant l'Hôtel de Ville de Québec

La conseillère d'arrondissement, Émilie Villeneuve, écarte tout dédommagement pour les citoyens affectés par les immeubles approuvés par la Ville.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

La Ville se défend d’avoir mal agi. Émilie Villeneuve, conseillère du district Saint-Louis - Sillery, rappelle que les projets soumis respectaient les règles de zonage du secteur.

Nous avons agi dès que les citoyens nous ont fait part de leurs préoccupations, précise Émilie Villeneuve.

Une clôture, à l'avant-plan, paraît minuscule à côté de la façade de 14 mètres qui se construit juste à côté, en arrière-plan sur l'image.

Deux nouveaux immeubles nuisent à l'intimité des cours environnantes. Les citoyens du secteur se demandent pourquoi la Ville a approuvé des projets qui détonnent autant dans le quartier.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

La Ville a en effet imposé un moratoire sur les constructions à venir quelques jours après avoir entendu le mécontentement du voisinage, proposant des modifications aux règles de zonage pour éviter que d’autres immeubles semblables voient le jour dans le secteur.

Je pense qu’ils ont réalisé que ça n’avait pas de bon sens, souligne Nicole Morissette, qui a mobilisé les citoyens du secteur pour exiger des changements aux règles de zonage dans le quartier.

Nicole Morissette se dresse devant un bungalow surplombé par un immeuble de 14 mètres en construction.

Nicole Morissette a mobilisé les résidents du secteur pour exiger des changements dans les règles de zonage.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Émilie Villeneuve reconnaît que ces immeubles n’auraient sans doute jamais dû être approuvés dans le secteur.

Ce n’est pas un type de projets que je considère être une bonne densification dans un quartier résidentiel, affirme la conseillère.

Hors de question, cependant, d’indemniser les citoyens qui s’estiment lésés.

Cinq résidents regardent, de dos, l'immeuble à logements de trois étages apparu sur la rue Richer.

Des résidents du quartier sont consternés par les immeubles de plusieurs étages approuvés par la Ville, dans un secteur dominé par les maisons unifamiliales.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

Les projets qui ont poussé à cet endroit-là sont conformes à la réglementation, rappelle l’élue. Je laisse le soin aux citoyens, s’ils pensent avoir des recours possibles, de les faire, c’est à leur discrétion.

Le conseil d’arrondissement s'est prononcé vendredi, lors d’une séance extraordinaire, sur le nouveau règlement de zonage dans le quartier.

Le règlement, qui a été adopté, prévoit des espaces verts et impose une limite de trois logements et de deux étages aux futurs immeubles du secteur touché.

Des mesures qui réjouissent Nicole Morrissette, mais qui ne vont pas assez loin, selon elle.

Ça ne se fait pas, détruire un milieu de vie comme [la Ville] l'a fait, proteste-t-elle. Les gens s'établissent dans le quartier parce que c'est tranquille, parce qu'il y a des espaces verts.

La Ville devrait dédommager les résidents affectés. Ça n'a pas de bon sens ce qu'elle a fait, conclut-elle.

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