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L'interdiction du masque amène de nouvelles manifestations à Hong Kong

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Des centaines de personnes manifestent contre l'interdiction de porter le masque décrétée par l'exécutif de Hong Kong.

Photo : Getty Images / Laurel Chor

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les autorités de Hong Kong ont invoqué vendredi une très ancienne loi d'urgence pour interdire le port du masque lors des manifestations, une décision accueillie avec de nouvelles barricades érigées par des protestataires le visage caché.

La région semi-autonome traverse depuis juin sa pire crise politique depuis sa rétrocession à Pékin en 1997, avec des actions quasi quotidiennes et des affrontements de plus en plus violents entre forces de l'ordre et manifestants au visage masqué.

Le gouvernement central chinois et l'exécutif de la région semi-autonome, qui lui est fidèle, sont à la peine pour contenir la mobilisation.

Lors d'une conférence de presse, vendredi, la cheffe de l'exécutif Carrie Lam, qui concentre les foudres des manifestants, a invoqué des dispositions d'urgence datant de 1922, et qui n'avaient plus été utilisées depuis 52 ans, pour interdire le port du masque.

« Nous pensons que la nouvelle loi aura un effet dissuasif sur les manifestants violents et émeutiers masqués, et aidera la police dans sa mission de maintien de l'ordre. »

— Une citation de  Carrie Lam, cheffe de l'exécutif

Elle a précisé que cette interdiction, qui doit entrer en vigueur à minuit, ne signifiait pas que son gouvernement avait déclaré l'état d'urgence sur le territoire semi-autonome.

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Carrie Lam, cheffe de l'exécutif hongkongais, a estimé en point de presse que l'interdiction du masque aura « un effet dissuasif sur les manifestants violents ».

Photo : Getty Images / Anthony Kwan

De leur côté, les autorités centrales chinoises ont jugé « extrêmement nécessaire » la mesure prise à Hong Kong.

Il est grand temps de mettre fin aux violences en adoptant une attitude plus claire et des mesures plus efficaces, a déclaré dans un communiqué le porte-parole du Bureau chargé, au sein du gouvernement, des affaires de Hong Kong et de Macao, Yang Guang.

Le chaos actuel à Hong Kong ne peut pas continuer indéfiniment, a-t-il martelé.

Nouvelles manifestations

Il n'a pas fallu attendre longtemps pour que sur les réseaux sociaux fleurissent les appels à manifester les trois prochains jours. Dans des scènes devenues récurrentes à Hong Kong, une foule a envahi des rues du quartier central.

Des dizaines de protestataires ont entassé des barrières en plastique, des palettes de bois ou encore des cônes de signalisation pour former une barricade, a constaté l'AFP.

D'autres barricades ont également été érigées dans le quartier de Kowloon Tong et des centaines de personnes masquées ont participé à un sit-in dans un centre commercial de la ville de Sha Tin.

Plus tôt dans la journée, des milliers de Hongkongais avaient devancé l'annonce de Mme Lam pour manifester et promettre de ne pas respecter l'interdiction.

Pour ne pas être identifiés et éviter les poursuites judiciaires, les manifestants ont depuis juin pris l'habitude de défiler le visage masqué.

Certains portent aussi des casques, des lunettes de protection ou des masques à gaz afin de se protéger des gaz lacrymogènes et des projectiles tirés par la police.

« Les jeunes risquent leur vie, cela leur est égal d'être emprisonnés pour 10 ans, donc ce n'est pas le fait de porter un masque qui leur posera problème. »

— Une citation de  Un manifestant de 34 ans au visage masqué
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Des manifestants ont montré leur rejet des nouvelles règles en offrant des masques à ceux qui n'en ont pas.

Photo : Getty Images / Laurel Chor

Hong Kong a connu mardi sa journée la plus violente depuis juin. Alors que la Chine populaire célébrait son 70e anniversaire, Hong Kong a été le théâtre d'affrontements dans de nombreux quartiers qui ont considérablement éprouvé les capacités de maintien de l'ordre de la police.

Et pour la première fois, un manifestant a été blessé par le tir à balle réelle d'un policier dont l'unité avait été attaquée.

Depuis, des élus pro-Pékin et des syndicats de policiers avaient appelé l'exécutif à recourir aux pouvoirs d'urgence.

Franchir le Rubicon

La loi de 1922 autorise l'exécutif à prendre « n'importe quelle mesure » sans feu vert du corps législatif, dans l'éventualité d'une situation d'urgence ou d'un danger pour la population.

Pendant les émeutes de 1967 – un mouvement social qui a dégénéré pendant sept mois en batailles de rue entre forces de l'ordre et militants gauchistes –, le Royaume-Uni avait utilisé ce texte de loi pour élargir les pouvoirs d'arrestation de la police, mais aussi pour censurer très largement les médias.

La majorité juge les pouvoirs d'urgence nécessaires face à une frange radicale de plus en plus violente.

Mais l'opposition estime que permettre ainsi à Mme Lam de court-circuiter le contrôle parlementaire engagerait le territoire sur une pente glissante, d'autant que Hong Kong a assis sa réputation de centre financier mondial sur le respect de l'État de droit et l'indépendance de la justice.

C'est un moment critique. C'est le Rubicon, a déclaré à l'AFP Claudia Mo, une élue prodémocratie. Et je m'inquiète du risque que cela ne soit juste que le début. Il se peut que d'autres mesures radicales prises au nom de la loi soient en préparation.

Joshua Wong, une des figures du combat pour la démocratie, a estimé que cette loi annonçait le début de la fin de Hong Kong.

« Il est ironique qu'une arme de l'ère coloniale soit utilisée par le gouvernement chinois et le Parti communiste chinois. »

— Une citation de  Joshua Wong, un des leaders de la contestation

Simon Young, professeur de droit à l'Université de Hong Kong, a estimé que cette interdiction risquait d'avoir « l'effet inverse et pousser davantage de monde à manifester contre le sentiment d'un abus d'autorité ».

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