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Des débats électoraux sur l’environnement jugés peu éclairants

Quatre personnes assises derrière une table

Les candidats à l’élection du 21 octobre dans la circonscription de Sudbury – le libéral Paul Lefebvre, la néo-démocrate Beth Mairs, Bill Crumplin du Parti vert et Sean Paterson du Parti populaire du Canada – ont pris part jeudi soir à un débat sur le thème de l'environnement.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Bienvenu Senga

Alors que l’environnement s’impose de plus en plus comme un enjeu important dans la campagne électorale, des citoyens remettent en question la pertinence des débats locaux sur l’environnement. Ils affirment que les candidats ne répondent pas assez aux inquiétudes directes des électeurs.

À deux semaines du scrutin, la Sudburoise Rachelle Niemela ne sait pas encore pour quel parti elle va voter.

Pour elle, les enjeux environnementaux sont au sommet des préoccupations. 

[Les changements climatiques], c’est le numéro un et devraient être [la première chose] à être abordée par nos gouvernements maintenant, parce que sans ça, l’humanité est partie, indique-t-elle.

Le débat de jeudi soir entre les candidats de la circonscription de Sudbury ne lui a toutefois pas permis de déterminer son choix. 

Je veux voter pour quelqu’un, un parti qui va faire une différence et qui va le faire de façon agressive.

Rachelle Niemela, résidente de Sudbury
Une femme qui porte des lunettes sur sa tête

Rachelle Niemela doute de la réelle capacité des candidats à influencer les politiques de leurs partis en matière d'environnement.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Pendant une heure et demie, les candidats dans Sudbury et ensuite ceux de la circonscription de Nickel Belt ont livré leur perspective sur certains enjeux liés à l’environnement et ont répondu à des questions du public.

Ils s’en sont souvent tenus aux grandes lignes des programmes déjà dévoilés par leurs partis. 

Il n’y a pas eu d’interaction entre les candidats.

Les candidats du Parti conservateur et du Parti populaire du Canada (PPC) ont rappelé leur opposition à la taxe carbone et celui du PPC dans Sudbury, Sean Paterson, a vivement rejeté la notion d’urgence climatique

Quatre personnes assises derrière une table

Le débat entre les candidats dans Sudbury a été suivi par celui des candidats dans Nickel Belt : le néo-démocrate Stef Paquette, Casey Lalonde du Parti vert, le libéral Marc Serré et la conservatrice Aino Laamanen.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Les candidats ont aussi brièvement parlé d’exemples de projets qu’ils pourraient appuyer au niveau local afin de soutenir la transition vers une économie verte.

Leurs réponses allaient de la promotion des mines électriques au soutien à l’agriculture locale.   

Je n’ai pas eu l’impression que certaines des réponses qui ont été données étaient assez spécifiques pour me permettre de faire mon choix, souligne Mme Niemela.

Elle aurait préféré que les candidats offrent des détails plus concrets notamment sur leurs programmes respectifs visant à aider les Canadiens à rendre leurs maisons plus écoénergétiques

Je suis à la retraite, je ne gagne pas l’argent que je gagnais il y a une vingtaine d’années. J’ai une maison qui est assez vieille, je veux savoir comment je peux avoir des avantages du gouvernement qui me permettraient de faire la bonne chose, note Mme Niemela.

Les candidats font partie d’un parti. C’est bon d’avoir entendu que oui, ils vont soutenir ceci et cela, mais quand le parti en général ne le fait pas ou démontre des habitudes que je remets en question, je ne sais pas [...]

Rachelle Niemela, Sudburoise
Notre dossier Élections Canada 2019

Carly Seltzer, qui habite à Sudbury depuis cinq ans, a également assisté au débat des candidats de Sudbury parce qu’elle estime qu’il est important de connaître les candidats et de ne pas voter rien qu’en se fiant aux programmes des partis fédéraux.

L’environnement est un thème très important dans la vie de tout le monde aujourd’hui, affirme-t-elle. 

Elle reconnaît qu’en fin de compte, les partis ont des programmes à promouvoir lors d’événements [tels que les débats] et se réjouit d’avoir remarqué certaines réponses empreintes d’émotions de la part du candidat du Parti vert [Bill Crumplin].

Pourtant, elle a l’impression que sa question concernant le soutien à la recherche en matière d’environnement n’a reçu de réponse adéquate que de certains des candidats

Des thèmes absents

À la fin de la soirée, Sharon Thurston s’est dite déçue en général

Elle avait espéré que les candidats parlent de leurs diverses approches pour ce qui est du déploiement de la technologie du réseau Internet mobile 5G, qui soulève des inquiétudes de la part de nombreux scientifiques

Une femme qui porte des lunettes

La Sudburoise Sharon Thurston se dit très inquiète des effets potentiels des radiations 5G sur la santé et l’environnement.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Pour fonctionner à son plein potentiel, la nouvelle technologie requiert l’installation de nombreuses antennes, ce qui aurait pour effet de remplir l’air ambiant d’ondes invisibles aux effets toujours méconnus.

On ne peut pas continuer d’ignorer cela jusqu’à ce qu’il soit trop tard, signale Mme Thurston. 

Le Parti conservateur montré du doigt

Alors que le candidat du Parti populaire du Canada dans Nickel Belt, Mikko Paavola, n’a pas répondu à l’invitation des organisateurs du débat, celui du Parti conservateur dans Sudbury s’est désisté peu avant jeudi, préférant prendre part à un souper-bénéfice avec le premier ministre ontarien, Doug Ford, de passage à Sudbury

L’absence du candidat conservateur a été particulièrement remarquée et a même été soulignée par ses adversaires.

J’aurais aimé entendre ses réponses et le fait que cette personne-là ne soit pas venue me dit qu’elle n’est pas intéressée par mon vote, tranche Rachelle Niemela. 

Pierre St-Amant lors d’un débat à la radio.

Le candidat conservateur Pierre St-Amant était absent au débat de jeudi soir sur l’environnement.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Pour sa part, Carly Seltzer admet ne pas connaître grand-chose du programme du Parti conservateur en matière d’environnement et dit trouver regrettable que son candidat ait fait faux bond.

Un événement peu populaire

Si un peu plus d’une centaine de personnes ont pris part au débat des candidats dans Sudbury, à peine quelques dizaines de personnes ont assisté à celui des candidats de Nickel Belt. 

Mireille Ménard, qui réside dans le secteur Chelmsford du Grand Sudbury, dit trouver la faible participation vraiment décevante

[L’environnement], c’est vraiment une question essentielle, ce sont des enjeux qui sont de première importance, donc si on ne s’informe pas de la position des personnes qui vont nous représenter [...], je trouve ça difficile pour ce qui nous attend, déclare-t-elle.  

Des personnes assises dans une grande salle

À peine quelques dizaines de personnes ont assisté au débat sur l'environnement des candidats de la circonscription de Nickel Belt.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Malgré tout, les organisateurs des débats estiment qu’il s’agissait d’un exercice nécessaire qui permet surtout de fournir un contexte local pour des grandes questions comme les changements climatiques

C’est important que les candidats nous montrent quelle différence ils peuvent faire pour nous, les citoyens. Ils veulent nous représenter à Ottawa, alors comment peuvent-ils bien représenter nos intérêts là-bas?, avance la coorganisatrice Rebecca Danard. 

Les deux débats de jeudi soir faisaient partie de l’initiative pancanadienne 100 débats sur l’environnement.

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