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Commission sur les pesticides : les élus en mission en France et en Belgique

Un tracteur épand des pesticides dans un champ.

Un tracteur épand des pesticides dans un champ au Québec

Photo : iStock

Valérie Gamache

Trois élus qui siègent à la commission parlementaire de l'Assemblée nationale sur les pesticides s'envoleront samedi pour une mission d'une semaine en Europe.

L'objectif est de comprendre comment la France et la Belgique ont trouvé un équilibre dans un débat où les extrêmes s'affrontent.

L'invitation a été lancée à tous les partis par la Direction des relations interparlementaires et internationales de l'Assemblée nationale.

Eric Girard (CAQ), Marie Montpetit (PLQ) et Sylvain Roy (PQ) iront donc à la rencontre d'élus, en plus de visiter des centres de recherches et des fermes.

Pour des raisons personnelles, la députée solidaire Émilise Therrien-Lessard ne participera pas à la mission.

De retour au Québec, les députés partageront leurs observations avec les dix autres membres de la commission, qui doit remettre son rapport d'ici la fin de l'année.

Premier arrêt : Bruxelles

Les élus s'arrêteront d'abord au centre de recherche Sciensano de Bruxelles, qui a vu le jour en avril 2018. Le gouvernement belge a fusionné deux organismes, l'Institut scientifique de santé publique et le Centre d'étude et de recherches vétérinaires et agrochimiques, de manière à regrouper sous un même toit les études sur la santé humaine et celles sur l'agriculture.

C'est une pratique que nous devons utiliser ici, dit le député péquiste Sylvain Roy. Il fait remarquer que la situation est bien différente au Québec. Il donne l'exemple de l'Institut national de santé publique, qui a reconnu en commission parlementaire ne pas avoir accès aux données sur l'épandage de pesticides, parce que le ministère de l'Environnement avait signé des ententes de confidentialité avec les entreprises de pesticides. C'est vraiment une approche en silo, qui est opaque et qui manque de transparence, explique-t-il.

Les élus prendront ensuite la direction de Namur pour rencontrer les parlementaires wallons.

Dans cette région francophone de la Belgique, les villes n'utilisent plus de pesticides pour entretenir les espaces publics, ce qui n'est pas arrivé du jour au lendemain. Le plan de réduction des pesticides a été mis en place en 2013, mais ce n'est qu'en juin dernier que l'utilisation a cessé.

La région a dû investir dans des techniques de remplacement et parfois même réaménager l’espace public.

Le débat français

La France, quant à elle, s'est donné comme objectif de réduire de 50 % l'utilisation des pesticides d'ici 2025. Les élus québécois discuteront avec des députés français de la difficulté à maintenir le cap.

Le pays est plongé en plein débat sur les pesticides, actuellement. Le président Emmanuel Macron n'a d'ailleurs pas pu réaliser sa promesse de bannir le glyphosate en trois ans.

Il encourage l'utilisation de solutions de rechange, mais il a été forcé d'admettre que l'entrée en vigueur trop rapide de cette mesure aurait mis en péril l'industrie agricole française.

La France a par contre déjà légiféré sur bien d'autres aspects. Le gouvernement a reconnu la maladie de Parkinson comme une maladie liée aux pesticides et l'a ajouté en 2012 à sa liste des maladies professionnelles.

Le Québec est bien loin de là, affirme Sylvain Roy. « La liste des maladies professionnelles date des années 1980, la CNESST ne prend pas en compte les maladies émergentes comme celles liées aux pesticides », déplore-t-il, « C'est un autre combat que nous aurons à mener », conclut le député de Bonaventure.

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