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Irak : 30 morts en trois jours de manifestations

Des manifestants soulevant leurs bras.

Des manifestants bravent le couvre-feu à Bagdad.

Photo : Reuters / Thaier Al-Sudani

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les affrontements entre forces de l’ordre et manifestants qui durent depuis trois jours en Irak ont fait au total 30 morts, dont des policiers, et des centaines de blessés dans plusieurs villes du pays.

Les manifestations ont obligé le gouvernement à décréter un couvre-feu dans la capitale de Bagdad, mercredi. Mais cette décision a eu peu d’effet, puisque les manifestations se sont poursuivies jeudi et ont fait de nouvelles victimes.

Le chef du gouvernement, Adel Abel Mahdi, affronte une crise inédite alors qu’il dirige le pays depuis un an seulement.

En guise de réponse aux revendications des manifestants, qui s’insurgent contre la corruption, le chômage et la dégradation des services publics, le haut conseil de la lutte contre la corruption a annoncé le limogeage de 1000 fonctionnaires pour des faits de corruption.

Le bureau du chef du gouvernement a indiqué que cette décision vise à atténuer la colère des protestataires.

Par ailleurs, M. Abdel Mahdi aurait entamé des discussions avec des protestataires pacifiques afin de discuter avec eux des moyens de répondre à leurs revendications.

Ce soulèvement populaire inédit, qui n’est porté par aucune organisation politique ou religieuse, constitue un véritable test pour le gouvernement de coalition dirigé par M. Abdel Mahdi.

La journée de vendredi constituera un moment important en raison du prêche hebdomadaire du grand ayatollah Ali Sistani.

Il représente la plus haute autorité religieuse pour la grande majorité des chiites d'Irak et sa parole est écoutée. Son discours pourrait donner une orientation au mouvement.

L’autre leader chiite Moqtada Sadr, qui fait partie de la coalition gouvernementale, risque aussi d’influer sur la suite des événements si son appel auprès de ses partisans à des rassemblements pacifiques est massivement suivi.

Des conditions de vie dures

Les manifestations qui secouent le pays depuis mardi ont pour origine les conditions de vie des Irakiens. Le chômage, qui atteint 25 % chez les jeunes, et la corruption, qui a englouti des milliards de dollars selon les manifestants, sont les principaux ingrédients de cette explosion sociale.

De plus, les citoyens subissent depuis des années des interruptions de service d’eau et d’électricité, résultat de la destruction d’infrastructures publiques en raison de la guerre qui a suivi l’invasion américaine.

La lutte contre le groupe État islamique a non seulement causé une instabilité politique, mais a affaibli une économie qui peine à redémarrer.

Avec les informations de Al Jazeera, et Agence France-Presse

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