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Michel Dompierre, le photographe amoureux

Des oies blanches dans le décor automnal du parc du Bic.

La photo intitulée « Les oies de la vie », a été prise au Bic en 2014

Photo : BAnQ Rimouski/Fonds Michel Dompierre

Laurence Gallant

Il observe, anticipe et capte la beauté de l’Est-du-Québec et du monde depuis une quarantaine d'années, en plus d’avoir côtoyé et photographié de grands personnages comme Richard Desjardins. Portrait du photographe Michel Dompierre, qui a légué cette année des milliers de photos à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

Depuis les années 1970, le photographe Michel Dompierre s’est fait témoin de la région en immortalisant au fil du temps ses paysages et ses habitants. J’ai toujours pratiqué la photographie un peu pour faire la démonstration de la magie du quotidien, de ce qui se passe dans le quotidien, raconte celui qui a également été journaliste.

Mon rôle, c’est de montrer aux gens ce qu’ils ne voient pas, ne prennent pas le temps de voir ou n’ont pas eu la chance de voir.

Michel Dompierre, photographe

Dans les locaux de BAnQ à Rimouski, on compte maintenant plus de 10 000 photographies signées Michel Dompierre, appelées à être conservées et numérisées. De plus, il sera invité à enrichir encore davantage ce patrimoine, puisque son appareil photo ne se trouve jamais bien loin.

Le rocher Percé à l'aube.

Le rocher Percé capté à l'aube en 2018

Photo : BAnQ Rimouski/Fonds Michel Dompierre

Un amoureux du Bas-du-Fleuve

Michel Dompierre, né à Hull en 1945, s’est installé au Bas-Saint-Laurent il y a 40 ans, puis il y est resté : Tout était là, le charme était là, alors c’est difficile de repartir.

Preuve de son attachement, il a publié, au cours de sa carrière, six livres consacrés à différents territoires bas-laurentiens. Il s’agissait pour lui du meilleur outil de diffusion de son travail, mais aussi la meilleure façon de dire merci à sa région d’adoption.

Michel Dompierre dans les bureaux de BAnQ, devant une série de diapositives.

Le photographe Michel Dompierre

Photo : Radio-Canada

Pour moi, c’était important de la vanter, de la faire connaître. Et ces livres-là, c’était un peu dans l’esprit du développement régional. Il y a beaucoup d’étudiants qui partent avec ces livres-là, qui les amènent en Afrique, [...] qui les sortent du territoire du Bas-Saint-Laurent et, là, ils jouent leur rôle d’ambassadeur.

En plus d’avoir été le photographe attitré de Richard Desjardins pendant 25 ans, Michel Dompierre se dit chanceux d’avoir pu rencontrer un tas de personnages au cours de ses nombreux voyages, notamment dans des pays qui, aujourd’hui, sont difficiles d’accès.

Un jeune Malien joue au ballon.

Photo prise à Sanankoroba, au Mali en Afrique de l’Ouest, en 1985

Photo : BAnQ Rimouski/Fonds Michel Dompierre

Imaginez-vous, je suis allé à Tombouctou. Tombouctou, c’est le bout du monde et aujourd’hui, c’est excessivement dangereux d’aller là, mais à l’époque, c’était possible. Alors, ça, c’est une richesse que je garde, que je chéris et que je partage, [par] les photos, raconte-t-il.

Le pouvoir de la photo

C’est dans une chambre noire que Michel Dompierre a rencontré la magie de la photographie et des principes de l’argentique.

J’ai eu une espèce de révélation quand j’ai vu dans le bain du révélateur une image apparaître sur une feuille blanche. Pour moi, c’était incroyable.

Michel Dompierre, photographe

On a appris comme ça, avec des matériaux nobles comme le papier, le film, les sels d’argent, les chimies… C’est devenu de l’alchimie, finalement. Cette espèce de ballet, aussi, dans la chambre noire, où on utilisait des moyens avec nos mains d’empêcher la lumière d’agir sur le papier ou de permettre à la lumière d’agir sur le papier, alors qu’aujourd’hui toutes ces opérations se font numériquement.

Séries de diapositives à Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à Rimouski.

Michel Dompierre a cumulé des milliers de photographies au fil de sa carrière.

Photo : Radio-Canada

Les appareils photo numériques, selon lui, ont changé la donne : s’ils ont permis de démocratiser la photographie, ils ont aussi nourri cette ère marquée par la consommation d’images à outrance.

Je trouve qu’on consomme beaucoup trop d’images. C’est trop facile. Les appareils sont intelligents, donc c’est difficile de rater une image. On oublie souvent que c’est vraiment dans le contenu qu’est la vérité.

Michel Dompierre dit toujours avoir pratiqué le métier avec passion, mais aussi avec éthique, et il en fait un point d’honneur. Pour moi, l’éthique, c’est hyper important. Il faut faire attention, on peut blesser des gens. C’est un moyen quelquefois agressif, l’appareil photo, explique-t-il.

Il faut aimer les gens qu’on photographie, il faut utiliser le quotidien pour en montrer la beauté ou la tristesse, mais sans jamais blesser personne.

Michel Dompierre, photographe

Le fonds Michel Dompierre peut être consulté dans les locaux de BAnQ à Rimouski et sera bientôt accessible sur Internet.

Bas-Saint-Laurent

Photographie