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« Je ne peux pas revenir sur scène, je mourrais d’angoisse », dit Yvon Deschamps

Il porte un habit et une chemise à fines lignes.

Yvon Deschamps

Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

Angie Landry

Si Yvon Deschamps s’est éloigné de l’humour et de la vie publique il y a quelques années, c’est notamment pour se réaliser à travers l’engagement social. À 84 ans, il est d'ailleurs loin de chômer. La preuve : lui et sa bien-aimée, Judi Richards, seront honorés ce jeudi aux Médaille de la paix des YMCA du Québec pour leur implication.

50 ans plus tard, on l’interpelle encore à propos de son célèbre monologue Les unions, qu’ossa donne?

« Je suis toujours impressionné quand les gens m’en parlent », confie en entrevue le monstre sacré de l’humour québécois à la chroniqueuse culturelle Catherine Richer.

Mais Yvon Deschamps ne retournera pas à l’humour. C’est l’engagement social qui le rend heureux et qui le garde en vie.

Je ne peux pas revenir sur scène, je mourrais d’angoisse pendant des mois, alors je ne veux pas me faire ça. Je ne veux pas me stresser. Je ne veux plus stresser. Après 80 ans, on veut être calme, tranquille.

Yvon Deschamps

« Les gens me demandent pourquoi je n’écris pas. J’aime pas écrire. J’haïs ça. Toute ma vie, ça a été une corvée, d’écrire des monologues. J’aimais beaucoup les faire sur scène, ajoute-t-il. Donc il ne me reste juste ça : l’engagement social. C’est la seule chose qui me permet de m’épanouir ».

L'engagement pour continuer de vivre

Entre autres connu pour son implication au sein d’organismes comme OXFAM ou Le chaînon, ce sont ses 35 années de bénévolat à l’Association sportive et communautaire du Centre-Sud qui le rendent fier, pleinement satisfait.

« Quand je compte mes années de bénévolat, j’arrive dans les 120 ans! Je me porte bien hein?! », dit-il en pouffant de rire.

« J’adore ça, aussi. Ça nous tient toujours en contact avec toutes les réalités. Parce qu’un moment donné, on oublie, dans notre petite tour d’ivoire. On oublie qu’il y a une vie autour de nous. Et qu’il y a des gens qui vivent avec un ou plusieurs handicaps, qui sont dans la rue, qui n’ont pas de logement. En s’engageant, on reste un peu plus conscient des problèmes, mais aussi des réalisations. »

Yvon Deschamps et Judi Richards sur le plateau de Tout le monde en parle.

Yvon Deschamps et Judi Richards

Photo : Karine Dufour

Avec Judi, il investit temps et idées pour la communauté de Centre-Sud à Montréal. « C’est notre bébé », dit-il. Selon lui, si on donne aux jeunes de cette communauté les possibilités de se réaliser, « c’est un peu ça, la paix sociale ».

Au centre, ce sont environ 180 services qui sont offerts à la communauté. « C’est beaucoup! Des sports, naturellement, mais on a aussi la plus belle bibliothèque au monde, se targue-t-il. On a des cours de musique, de chant, de danse… et là, Judi est en train d’imiter quelqu’un qui fait de la natation! », affirme-t-il, toujours en riant.

Ça fait 35 ans que je suis à l’Association, et veut, veut pas, ça change le monde. Quand on prend des jeunes dans la rue et qu’on leur donne un lieu où ils se sentent en sécurité, où ils se sentent aimés, où ils peuvent tout faire, ils sont devant toutes les possibilités.

Yvon Deschamps

Malgré la fierté, il avoue que c’est toutefois de manière bien humble qu'il recevra ce prix.

« On n’aime pas beaucoup ces affaires-là… Je vais vous dire une affaire. On aimerait mieux ne pas être honorés, mais en même temps, on ne peut pas refuser parce que ce serait un affront. On a la chance, aussitôt, qu’on est connu, que des associations nous appellent. C’est l’engagement qui vient vers nous. C’est plus facile. »

Greta, celle qui veut vivre vieille

Et parlant d’implication sociale et de jeunesse, Yvon Deschamps a voulu souligner l’importance de la cause soutenue par la jeune militante Greta Thunberg.

« On a droit à une petite fille qui a paniqué. Tout à coup, elle a réalisé qu’elle ne vivrait peut-être pas vieille pis elle ne l’a pas pris. Puis elle s’est dit : "moi, je veux vivre vieille, faut que ça change" », interprète-t-il.

C’est fabuleux, parce qu’elle a réussi à monter une affaire avec des millions de personnes. C’est universel, c’est global. On espère que ça va faire changer les choses – je ne dis pas que ça va changer les choses, mais peut-être précipiter, un peu, le changement. Parce qu’il y a péril en la demeure.

Yvon Deschamps

D'après les informations de Catherine Richer, de l'émission Le 15-18

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