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Ukraine : l'ancien envoyé spécial américain aurait tenté de prévenir Kiev

Kurt Volker répond à un journaliste.

Kurt Volker, l'ancien émissaire des États-Unis en Ukraine

Photo : Reuters / Valentyn Ogirenko

Radio-Canada

L'ancien envoyé spécial des États-Unis en Ukraine, Kurt Volker, aurait déclaré jeudi à la Chambre des représentants qu'il n'était pas personnellement impliqué dans les tentatives du président Trump d'enquêter sur la famille de Joe Biden, et qu'il aurait même averti les Ukrainiens « d'éviter la politique américaine ».

Dans le cadre de l'enquête pour destitution visant le président américain Donald Trump, les membres de la commission de la Chambre des représentants ont auditionné jeudi à huis clos le diplomate Kurt Volker qui a démissionné de son poste d'émissaire spécial au lendemain de la publication de la plainte du lanceur d'alerte.

Selon ce dernier, M. Volker s'est rendu à Kiev le lendemain de l'appel entre MM. Trump et Zelensky afin de donner des conseils aux autorités ukrainiennes sur la manière de « composer » avec les demandes du président.

Avant cet échange, l'ancien envoyé spécial aurait également conseillé l'Ukraine sur des moyens de répondre aux messages reçus par les canaux officiels américains.

De l'aveu du département d'État, Kurt Volker aurait aussi aidé à organiser une rencontre entre l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, et un membre de l'entourage de M. Zelensky, Andriy Yermak. Selon l'ancien maire de New York [Giuliani], cela prouvait alors que Kurt Volker avait l'aval du département d'État.

Selon le Washington Post, M. Volker aurait déclaré aux enquêteurs démocrates qu'il avait plutôt averti M. Giuliani de ne pas se fier « aux informations indignes de confiance » de la part de personnalités politiques ukrainiennes, au sujet de Joe Biden et son fils.

Il aurait déclaré qu'il avait essayé de mettre en garde Rudy Giuliani sur le fait que ses sources, y compris l'ancien procureur général ukrainien Yuri Lutsenko, n'étaient pas fiables.

Kurt Volker aurait ajouté que lui-même et d’autres responsables du département d’État avaient aussi mis en garde les Ukrainiens de se tenir à l’écart de la politique américaine. S'engager [dans cette histoire], leur a-t-il dit, ouvrirait la porte à des allégations selon lesquelles [les Ukrainiens] s'immisceraient dans une élection, ce qui pourrait être préjudiciable à l'Ukraine à long terme, racontent, sous le couvert de l'anonymat, deux sources ayant assisté à l'audition de M. Volker tenue à huis clos.

Or, le New York Times rapporte que l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'Union européenne et Kurt Volker – alors encore envoyé spécial des États-Unis en Ukraine – auraient rédigé une déclaration pour le nouveau président ukrainien dans laquelle il celui-ci confirmerait la poursuite des enquêtes demandées par Donald Trump, selon trois personnes informées par l'enquête.

Le représentant Jim Jordan, l'un des alliés les plus proches du président au Congrès, est sorti de la salle d'audience et a déclaré que rien de ce qu'il a dit ne corrobore le récit que vous avez entendu de la part de M. Schiff et des démocrates. Rien.

Il a qualifié M. Volker de témoin impressionnant et compétent, mais a refusé de préciser les détails de ce qui a été discuté jusqu'à présent.

Une première série d'entretiens

Cette comparution d'une journée est la première d'une série d'entretiens : les enquêteurs de la Chambre veulent comprendre le rôle qu'a joué M. Volker et obtenir plus d'informations sur les pressions alléguées de Donald Trump sur le président ukrainien.

Avant sa comparution jeudi, Kurt Volker avait remis un certain nombre de documents aux membres du personnel du Congrès, notamment une chaîne de textos avec Rudy Giuliani, a déclaré une personne informée de l'affaire qui, à l'instar d'autres personnes, a parlé sous le couvert de l'anonymat.

Kurt Volker aurait également remis des documents physiques, des livres blancs et de la correspondance avec d'autres responsables, a déclaré la même source.

L'ancien envoyé spécial des États-Unis en Ukraine a commencé son travail au département d'État en 2017 à l'occasion d'un arrangement inhabituel à temps partiel qui lui a permis de continuer à être consultant pour BGR, un puissant groupe de lobbying qui représente l'Ukraine et l'entreprise américaine Raytheon.

Au cours de son mandat, M. Volker a plaidé pour que les États-Unis vendent à l'Ukraine des missiles Javelin, construits par Raytheon.

Les États-Unis ont d'ailleurs validé jeudi la vente à l'Ukraine de 150 missiles et 10 lance-missiles Javelin, évoqués dans la conversation téléphonique entre le dirigeant américain et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, à l'origine de l'enquête.

En plus de l'ancien envoyé spécial, Marie Yovanovitch, ambassadrice des États-Unis à Kiev – du moins jusqu'à ce que Donald Trump la rappelle en mai dernier avant la fin de son mandat – rencontrera le personnel du comité le 11 octobre.

Le président américain se livre quant à lui depuis quelques jours à une surenchère verbale : il éructe contre les « conneries » des démocrates, dénonce un « coup d'État » et va jusqu'à évoquer des risques de « guerre civile ».

Jeudi matin, il a lancé une nouvelle salve sur Twitter contre le président de la commission du renseignement Adam Schiff – qui supervise l'enquête contre lui – le qualifiant de voyou qui devrait démissionner.

Donald Trump, président des États-Unis
Avec les informations de Associated Press, Agence France-Presse, et Washington Post

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