•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Vérif : avec ses deux avions, Trudeau a-t-il fait « plus d'événements »?

Justin Trudeau salue de la main du haut de la rampe d'accès menant à l'avion du Parti libéral du Canada.

Justin Trudeau a confirmé qu'il utilisait cette année, comme en 2015, deux avions durant sa campagne électorale.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Romain Schué
Vincent Maisonneuve

Andrew Scheer, lors du débat de mercredi, a reproché à Justin Trudeau d’utiliser deux avions pour sa campagne électorale, alors que lui n’en utilise qu’un seul. Pour sa défense, le chef libéral assure être ainsi capable d'aller à la rencontre de plus de personnes. Mais, dans les faits, qui voyage le plus?

L’un de ces appareils loués par les libéraux est occupé par le chef, son équipe et les journalistes. L’autre est un avion cargo affecté au transport du matériel.

En utilisant deux avions - et en occultant les considérations écologiques -, Justin Trudeau a-t-il eu l’occasion de voyager davantage d'un bout à l'autre du Canada, par rapport à son principal adversaire, comme il l'a affirmé?

Comme on l’a fait en 2015, on a deux avions de campagne qui nous permettent de faire campagne dans tous les coins du pays, de faire plus d'événements, de rencontrer plus de Canadiens que n’importe quel autre parti politique.

Justin Trudeau, le 3 octobre 2019

La réponse est non. Voici comment nous en sommes arrivés à cette conclusion.

Nous avons compilé les données des vols nolisés qui ont transporté le chef libéral et son homologue conservateur depuis le déclenchement de la campagne. Il s’agit du mode de transport privilégié au cours de cette course électorale, que ce soit pour de longues, évidemment, ou de courtes distances.

Le temps de vol peut ainsi varier de quelques minutes, pour de courtes distances, à plus de cinq heures, lorsqu'il s'agit de traverser le pays d’est en ouest.

Pour ce qui est d’Andrew Scheer, son Airbus A319, de la compagnie Air Canada, a volé pendant un peu plus de 38 heures depuis le début de la campagne électorale, le 11 septembre.

Les données sont quasi similaires en ce qui concerne Justin Trudeau, qui voyage avec Air Transat, à bord d’un Boeing 737-800.

Les données de l'équipe libérale ont cependant été plus difficiles à obtenir, puisqu'elle a été contrainte de changer d’avion dès le jour 2 de la campagne électorale, en raison d’une aile abîmée. Le premier ministre sortant a pu retrouver son avion initial, aux couleurs de son parti, à partir du 29 septembre.

Plus d’événements pour Scheer

Contrairement à ce qu’a déclaré Justin Trudeau, le Parti libéral n'est pas celui qui organise le « plus d’événements ». Si l’on se fie aux calendriers envoyés aux médias (entre le 11 septembre et le 3 octobre), le Parti libéral a participé à 46 événements depuis le début de la campagne électorale dans une quarantaine de circonscriptions du pays. Notons que, dans les jours suivant la controverse sur le blackface, qui a surgi le 18 septembre, l'horaire de M. Trudeau avait été modifié.

De son côté, le Parti conservateur a participé à 57 événements dans une cinquantaine de circonscriptions.

À noter que le NPD et le Parti vert ont organisé, respectivement, 56 et 39 événements.

Par ailleurs, l’analyse des déplacements de ces deux candidats révèle que l’avion d’Andrew Scheer a été plus utilisé que celui de Justin Trudeau.

Justin Trudeau et le Parti libéral se sont défendus en mettant de l’avant l’achat de crédits carbone pour compenser les émissions de gaz à effet de serre. Le Parti libéral assure avoir acheté de tels crédits à la fois pour ses deux avions, mais aussi pour les autocars utilisés au cours de cette course électorale.

Andrew Scheer, de son côté, a refusé d’indiquer si son parti avait acheté des crédits carbone. Il a accusé le chef libéral d’être un « faux écolo ».

Le Parti conservateur a également mentionné que l’ancien premier ministre Stephen Harper n’utilisait qu’un seul avion pour ses campagnes électorales.

Notre dossier Élections Canada 2019

Politique fédérale

Politique