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Un gouvernement du NPD chercherait à renégocier le nouvel ALENA

Jagmeet Singh, sur le plateau de The National, avec Rosemary Barton. Des membres du public sont visibles en arrière-plan.

Jagmeet Singh a répondu aux questions de Rosemary Barton et de quelques Canadiens lors d'une assemblée publique organisée par l'émission « The National », à CBC.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

François Messier

Un gouvernement néo-démocrate renégocierait le nouvel accord de libre-échange liant le Canada, les États-Unis et le Mexique que le président américain Donald Trump a réclamé à cor et à cri pendant deux ans, a affirmé jeudi Jagmeet Singh.

Le chef du Nouveau Parti démocratique soutient depuis longtemps que le nouvel Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), appelé à remplacer l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), ne sera pas bénéfique pour les Canadiens.

Il affirme que l’entente fera augmenter le prix des médicaments, créera une nouvelle brèche dans le système de gestion de l’offre, et qu’il y manque de réelles protections pour l’environnement et les droits des travailleurs.

Ses intentions, advenant qu'il prenne le pouvoir après l'élection du 21 octobre, demeuraient cependant nébuleuses, jusqu'à ce qu'il participe à une assemblée publique organisée par CBC, jeudi.

Lancé sur le sujet par l'animatrice Rosemary Barton, M. Singh a commencé par répéter qu'il n'y avait aucune raison de se dépêcher à ratifier l'ACEUM, d'autant plus que le Parti démocrate, qui contrôle la Chambre des représentants au Congrès, cherche aussi à l'améliorer.

Pressé de question, il a fini par admettre qu'il ne pourrait pas se contenter de se fier aux démocrates pour obtenir les gains qu'il cherche à obtenir pour les Canadiens. Nous devons négocier ça, a-t-il laissé tomber.

Je dis : négocions pour nous assurer que des protections sont en place. Il y a un chapitre sur la protection des droits des travailleurs et de l'environnement. Mais rien de ça n'est exécutoire. Comment cela aide-t-il un travailleur canadien?

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

Lors d'une conférence de presse tenue lundi à Vancouver, M. Singh avait déclaré sans détour à Radio-Canada qu'il ne ratifierait pas l'ACEUM. Non, parce que je pense que c’est un accord qui est mauvais, avait-il répondu sans détour.

Il avait cependant refusé de réitérer cette position jeudi après-midi lorsqu’un journaliste lui avait posé de nouveau la question. Il s'était contenté de dire qu'un gouvernement néo-démocrate ne serait « pas pressé » de ratifier l'accord, et qu'il attendrait que les démocrates le bonifient avant de le faire.

Une fois que cela sera accompli, nous allons regarder ce que nous pourrions faire d’autre, mais je ne serais certainement pas pressé de ratifier une entente qui ne protège pas les droits des travailleurs.

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

La hausse des prix des médicaments que M. Singh anticipe est basée sur le fait que la propriété intellectuelle couvrant les nouveaux médicaments biologiques sera protégée pour 10 ans, plutôt que 8, à l’heure actuelle.

Ces médicaments biologiques, utilisés dans des traitements pour combattre des cancers, l’arthrite ou la sclérose en plaques, par exemple, proviennent d’organismes vivants et sont beaucoup plus coûteux à produire que des molécules chimiques.

L’Association canadienne du médicament générique a déjà fait savoir que la prolongation de la protection les couvrant risquait de faire grimper le coût des médicaments de dizaines de millions de dollars par année.

Notre dossier Élections Canada 2019

Le chef du NPD utilise cette crainte pour rappeler que son parti propose de mettre sur pied un programme national d’assurance médicaments au coût de 10 milliards de dollars par année.

L'ACEUM n'entrera pas en vigueur tant qu'il n'aura pas été ratifié par les trois pays qui l'ont signé. Pour l'instant, seul le Mexique l'a fait.

Le gouvernement Trudeau a annoncé avant les élections qu'il liait l'échéancier de ratification du gouvernement canadien à celui du Congrès américain.

Cet échéancier semble incertain depuis que la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, a annoncé l'ouverture d'une procédure de destitution contre le président Trump.

M. Singh a d'ailleurs répété lors de l'assemblée publique du National qu'il souhaitait que cette procédure soit couronnée de succès.

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