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La soprano Joyce El-Khoury, première récipiendaire du Prix de distinction Angela-Hewitt

Une femme d'origine libano-canadienne aux longs cheveux foncés regarde la caméra, l'air déterminée.

Joyce El-Khoury est la première diplômée de l'École de musique de l'Université d'Ottawa à recevoir le Prix de distinction Angela Hewitt.

Photo : Avec la gracieuseté de l'Université d'Ottawa et Joyce El-Khoury

Christelle D'Amours

La soprano libano-canadienne Joyce El-Khoury recevra, samedi, le tout premier prix de distinction Angela Hewitt soulignant les réalisations des diplômés de l'École de musique de l'Université d'Ottawa.

L’École de musique de l’Université d’Ottawa (UdO) célèbre 50 ans d’activités, ce samedi, lors d’une journée de retrouvailles et d'un gala. Pour l’occasion, l’institution qui a vu naître bon nombre d’étoiles remettra le tout premier Prix de distinction Angela Hewitt.

Angela Hewitt est une pianiste qui est née et a grandi à Ottawa. Diplômée de l’Université d’Ottawa, elle poursuit maintenant une carrière internationale. On dit de Mme Hewitt qu’elle est la plus grande interprète de Bach après Glenn Gould. Son Odyssée Bach, dans laquelle elle revisite l’oeuvre entière de Jean-Sébastien Bach en 12 concerts, s’est notamment arrêtée dans la capitale nationale.

À écouter :

Joyce El-Khoury est la première récipiendaire de cette distinction. La soprano se dit surprise, mais surtout reconnaissante.

Ça m’invite un peu à réfléchir sur les 15 années qui ont passé depuis que j’ai obtenu mon diplôme, mentionne celle qui s’estime « en mi-carrière ».

Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de réfléchir à ce qu’on fait, puis dire merci à tous les gens qui nous ont aidés. Pour moi, c’est mes professeurs et c’est spécial.

Joyce El-Khoury, soprano et première récipiendaire du Prix Angela Hewitt de l’École de musique de l'UdO

Des rêves de vedette pop à l'opéra

Dans son rétroviseur, Joyce El-Khoury voit déjà quelques rêves réalisés, dont celui d’avoir chanté en 2017 dans l’opéra La Traviata à la Royal Opera House de Londres.

Une femme en robe blanche.

Joyce El-Khoury, le 13 janvier 2017, alors qu'elle incarnait Violetta dans l'opéra « La Traviata » de Giuseppe Verdi à la Royal Opera House de Londres.

Photo : Tristram Kenton / Royal Opera House - Joyce as Violetta In Traviata.

Pourtant, il n’est pas si loin le temps où la soprano chantait du Whitney Houston ou du Céline Dion en caressant le rêve de devenir une vedette pop.

La chanteuse se rappelle encore le trac paralysant qui l’envahissait à la seule idée de chanter devant un public ou, pire encore, ses parents. Je chantais seulement quand j’étais seule à la maison, avoue celle qui se produit actuellement sur la scène internationale.

Karen Spicer est la professeure qui lui a permis de vaincre sa timidité et de chanter devant son premier public paroissien : elle suivait ainsi les traces de son grand-papa, dont la voix a résonné dans les églises libanaises durant plus de 35 ans.

Mon temps à l’Université d’Ottawa, c’était vraiment extraordinaire, parce que j’ai pu vraiment me concentrer sur moi-même, sur mon chant, sur ce que je devais accomplir dans ce temps-là, puis j’ai eu tout le support dont j’avais besoin.

Joyce El-Khoury, soprano et première récipiendaire du Prix Angela Hewitt de l’École de musique de l'UdO

À la suite d’une audition, la jeune Joyce El-Khoury s’est inscrite au baccalauréat en musique à l’Université d’Ottawa. Quand j’ai commencé ma première année à l’université, je ne pouvais pas lire la musique, avoue la chanteuse. C’était difficile parce que j’avais beaucoup, beaucoup de travail à faire, et les autres étudiants étaient beaucoup plus avancés que moi.

Fière, elle ajoute : Ils m’ont dit : ''Ça va aller, tu vas travailler fort''. Et puis, c’est ce que j’ai fait!

Prendre le temps de dire merci

Sur les bancs universitaires, la soprano a étudié aux côtés du professeur Ingemar Korjus, une figure marquante dans son parcours.

C’est vraiment grâce à lui que j’ai eu le courage de quitter Ottawa et de faire carrière en musique, reconnaît Mme El-Khoury.

Si elle accepte le prix qui lui est remis, ce n’est pas sans remercier tous ceux qui lui ont donné les outils pour tracer son chemin.

Je suis arrivée plus loin que je ne l’ai espéré. [...] Il y a beaucoup de choses que j’ai fait qui m’ont surprises.

Joyce El-Khoury, soprano et première récipiendaire du Prix Angela Hewitt de l’École de musique de l'UdO

La soprano a depuis participé à l’enregistrement de quelques disques, lancé le sien (Écho) en 2017 et participé à de grands concerts partout à travers le monde.

Elle chante en français, en anglais et a même récemment ajouté l’arabe dans son répertoire.

Je ne peux pas chanter ça comme de l’opéra, parce que le style de musique arabe et le langage musical sont complètement différents des mélodies ou de l’opéra. [...] Ça m’encourage à évoluer comme artiste et chanteuse, parce que ça me force à trouver de nouvelles couleurs à ma voix, ajoute l’artiste.

Bien qu’elle aime l’intimité des récitals de musique, Joyce El-Khoury affectionne particulièrement la comédie que permettent les opéras. Doit-on comprendre que la lauréate a des visées sur l’industrie du cinéma? Ça va venir, c’est pour plus tard, avance-t-elle, mystérieuse.

Avec la collaboration de Mélanye Boissonnault

Ottawa-Gatineau

Musique classique