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« Vous avez deux bons choix devant vous » pour élire la nouvelle présidente de l’ACFA

Annie McKitrick et Sheila Risbud sont les deux candidates pour la présidence de l'ACFA.

Photo : Radio-Canada / Marie Chabot-Johnson

Radio-Canada

À peu de choses près, les candidates à la présidence de l'Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA) ont eu les mêmes visions pendant un débat qui visait à les départager vendredi matin. Annie McKitrick (Nouvelle fenêtre) et Sheila Risbud (Nouvelle fenêtre) s'engagent à faire de l'ACFA une association plus inclusive et transparente, l'une grâce à son expérience, l'autre grâce à sa « passion de revendication ».

« Vous avez deux bons choix devant vous », a conclu Sheila Risbud à la fin du débat qui s’est écoulé pendant une heure dans une ambiance cordiale et respectueuse.

La spécialiste des relations gouvernementales et l’ancienne députée néo-démocrate se différencient plus par leurs parcours que par leurs visions pour le futur de l’ACFA.

Originaire d’Inde et du Québec, Sheila Risbud a ouvert le bal en rappelant qu’elle ne parlait pas anglais à son arrivée en Alberta en 1980.

« Je me suis rapidement intégrée à cette communauté [grâce à] Francophonie jeunesse de l’Alberta et plus tard l’ACFA »,a -t-elle expliqué. « C’est cette participation qui m’a donné ce goût, cette passion de revendication [...] Ce que j’offre si je suis élue, c’est d’amener cette passion à la communauté. »

Animée, également par un désir de redonner à la communauté, Annie McKitrick a misé sur sa connaissance de la francophonie albertaine.

« J’ai travaillé pendant 40 ans dans le milieu communautaire », a-t-elle rappelé. « Je connais la réalité pour beaucoup de francophones en Alberta, je connais la réalité de continuer à parler en français dans un milieu minoritaire. »

Faire rimer gouvernance avec transparence

Les deux candidates partagent l’idée que c’est le leadership de la présidence et du conseil d’administration (CA) qui donne le ton à ce qu’il se passe en matière de transparence et de gouvernance dans l'organisme.

Il y a la gouvernance sur papier [...] et il y a comment on se conduit.

Sheila Risbud, candidate à la présidence de l’ACFA.

Pour Sheila Risbud, une présidente doit instaurer une culture de recevabilité dans l'ensemble de l'organisation.

« Il faut s’assurer que le CA comprend très bien les règlements de base et la gouvernance de l’organisation », pense-t-elle.

Annie McKitrick, propose de son côté de rapprocher l'ACFA de ses membres, par exemple en facilitant la participation aux réunions du conseil d'administration.

« Est-ce qu’il faudrait les mettre sur Facebook live pour qu’à travers la province tout le monde puisse y participer? », s’est-elle interrogée.

Les deux candidates pensent aussi qu’il faudrait revoir les modalités d’adhésion à l’ACFA.

« Une première chose serait de donner la possibilité de devenir membres pendant une période d’élection » puisque c’est un moment où l’ACFA attire particulièrement l’attention, a proposé Sheila Risbud en partageant la même idée que sa rivale.« Deuxièmement, l’idée d’un membership à vie » pourrait être explorée a-t-elle poursuivie.

Mme Risbud croît aussi que l’ACFA doit clarifier sa mission auprès des Albertains, pour qu’ils comprennent mieux la portée de l’association.

On a peut-être trop institutionnalisé notre organisation.

Annie McKitrick, candidate à la présidence de l’ACFA.

« Nous avons créé beaucoup d’organisations dans notre francophonie, mais très peu des gens impliqués dans nos organisations francophones font partie ou ont un membership de l’ACFA », a déploré Mme McKitrick.

Refléter un nouveau visage

L’incontournable question de l’intimidation qui a secoué l’ancien CA de l’ACFA a permis à Mme McKittrick de faire valoir son expérience en politique.

« Je connais l’importance d’avoir de bons règlements et de créer au sein de nos CA un environnement où tout le monde est respecté et à sa voix », a-t-elle déclaré en s’engageant à prendre le temps de connaître les membres du conseil d’administration pour « établir un environnement de confiance et de respect ». Un enjeu sur lequel Mme Risbud affiche la même position.

Les deux femmes ont répété qu’elles voulaient que l’ACFA reflète mieux la réalité de la communauté franco-albertaine d’aujourd’hui.

L’importance de notre communauté francophone en Alberta, c’est sa diversité.

Annie McKitrick, candidate à la présidence de l’ACFA..

Mais comment intégrer « cette diversité » dans l’organisme?

Intégrer deux cultures, c’est quelque chose que je porte deux cultures en moi.

Sheila Risbud, candidate à la présidence de l’ACFA.

« La communauté franco-albertaine a toujours été issue de gens qui viennent de partout », a répondu Sheila Risbud. « Si on applique cette mentalité, tout d’un coup l’intégration des gens qui arrivent ici devient beaucoup plus facile, parce que ce n’est pas une communauté homogène qui accueille une communauté différente, c'est une communauté homogène point. »

Annie McKitrick pense que l’ACFA devrait prendre en compte les défis propres aux nouveaux arrivants dans la province.

« Nous tous, en tant que francophones, on doit comprendre leurs besoins et aussi les difficultés » auxquels ils peuvent se confronter, a-t-elle suggéré. Parce qu’ils sont encore en train de chercher un emploi, « il faut vraiment aller les voir et comprendre que leur engagement et leur participation vont peut-être être différents », a-t-elle ajouté.

Le futur c’est l'immigration, c’est l'intégration de cette grande francophonie.

Sheila Risbud, candidate à la présidence de l’ACFA.

Défense des droits linguistiques

En tant que mère de trois enfants, Sheila Risbud a placé ses priorités au niveau de l’éducation à la nouvelle enfance.

« Pour moi, le dossier de l’éducation est très important, mais de la petite-enfance jusqu’aux études postsecondaires », a réagi Annie McKittrick.

Je vois les centres d'éducation comme des centres communautaires : c'est une façon de regrouper les francophones dans leurs communautés, de participer à des activités.

Annie McKitrick, candidate à la présidence de l’ACFA.

L’ancienne députée a aussi mis l’accent sur la santé, « surtout pour les personnes âgées [...] parce qu'elles perdent l’anglais quand elles vieillissent ».

Les deux femmes se sont montrées confiantes à l’idée de négocier avec un gouvernement conservateur en mode compression.

« Même le gouvernement Klein [...] nous a accordé nos écoles francophones et sous le gouvernement de Ford, on a eu notre secrétariat francophone », a rappelé Sheila Risbud.

Pour Annie McKitrick non plus, « ce n’est pas un problème ». Après des décennies à oeuvrer dans le milieu communautaire, « j’ai travaillé avec tous les gouvernements possibles et inimaginables dans plusieurs provinces »,a-t-elle fait valoir.

Elle préfère plutôt penser à des manières de tisser des liens avec les communautés anglophones pour « avoir des alliés quand on demande des services au gouvernement. »

« Essayer d’oublier cette population-là serait une erreur », l’a appuyé Sheila Risbud.

Partageant l’idée que l’ACFA n’a pas joué un assez grand rôle pour promouvoir les droits linguistiques, Mme Risbud pense que l’organisme devrait faire davantage de revendications, en particulier dans le champ de l’éducation.

« C’est nous qui sommes le véhicule de lobbying donc on ne devrait pas mettre ce fardeau-là uniquement sur les conseils scolaires », pense-t-elle.

« Je vois ça comme un travail d’équipe : je vois un rôle pour l’ACFA, un pour les parents [...] et aussi pour les conseils scolaires et l’Association des enseignants de l'Alberta », trouve également Mme McKitrick.

L’ancienne députée prévoit collaborer avec les quatre provinces de l’Ouest pour défendre une nouvelle loi sur les langues officielles, tandis que son opposante est restée discrète sur cet enjeu.

La politique [en matière de francophonie] c’est le squelette, il faut mettre la chair sur le squelette.

Sheila Risbud, candidate à la présidence de l’ACFA.

Quant à la vente du Franco, les deux femmes auraient pu dire d’une voix commune qu’elles remettront cette décision à la communauté.

Les membres de l'ACFA ont jusqu'au 15 octobre pour voter. La présidente sera nommée le 19 octobre.

Alberta

Associations francophones