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Blanchet s'attend à ce que le BAPE n'approuve pas GNL, mais ne s'y oppose pas

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, en entrevue avec Céline Galipeau

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Valérie Boisclair
Mis à jour le 

Le chef du Bloc québécois, qui répète depuis le début de la campagne qu’il n’est pas « une succursale du gouvernement caquiste », n'exprime pas d'opposition au projet de gazoduc GNL Québec. Le premier ministre François Legault s'est montré favorable au projet alors que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) n’a pas encore établi s’il représentait un risque pour l’environnement.

Yves-François Blanchet le dit lui-même : il pressent que le BAPE ne sera pas en accord avec GNL Québec – qui comprend les projets Gazoduq et Énergie Saguenay. Je m’attends à ce que le BAPE dise que ce n’est pas un beau projet et que c’est pas bon, a-t-il reconnu jeudi en entrevue avec Céline Galipeau, sur le plateau du Téléjournal.

Le chef du Bloc a déjà indiqué qu'il souhaitait voir les conclusions du BAPE avant de se prononcer définitivement. D'ici là, malgré les voix qui s'élèvent pour appeler Québec à la prudence, M. Blanchet n'entend pas s'opposer au projet. Québec prendra ses décisions. C’est de la juridiction de Québec et je respecte le BAPE et l’autorité de l’Assemblée nationale du Québec, a-t-il déclaré.

Le gazoduc de 750 km, qui partirait du nord de l’Ontario pour se rendre jusqu’au Saguenay–Lac-Saint-Jean, traverse 43 communautés locales et 5 communautés autochtones, selon des groupes environnementaux.

Le Parti vert a de son côté clairement demandé l’abandon de ce projet qui risque de compromettre, selon lui, les efforts du Québec dans la lutte contre les changements climatiques. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) directes et indirectes générées à terme par l’ensemble du projet sont évaluées à 7,8 millions de tonnes.

Le Bloc québécois, qui se targue de mener une campagne carboneutre et de placer l’environnement au cœur de ses priorités, estime que le cas de GNL est « un cas précis », puisqu’il est encore entre les mains du BAPE. J’ai été ministre de l’Environnement du Québec, j’ai été le ministre responsable du BAPE. Est-ce que moi, je vais aller désavouer le BAPE avant qu’il dépose son rapport?

Or, pas plus tard qu’en 2013, Yves-François Blanchet, alors ministre de l’Environnement pour le gouvernement péquiste de Pauline Marois, n’avait pas attendu le feu vert du BAPE pour autoriser le projet de Ciment McInnis, à Port-Daniel-Gascons – le plus grand émetteur industriel de GES de la province.

Notre dossier Élections Canada 2019

La veille, lors du premier débat des chefs en français, le chef bloquiste avait d'ailleurs été appelé à expliquer certaines de ses positions contradictoires.

J’ai été très clair : je n’ai aucune sympathie pour ce projet-là [GNL Québec], s'est défendu M. Blanchet, jeudi.

Je ne vais pas dans un autre Parlement pour aller dicter ma volonté à Québec, puisque je reproche aux libéraux, aux conservateurs et au NPD de vouloir dicter leur volonté à Québec.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Le chef bloquiste a repris le même argumentaire pour expliquer sa volonté de ne pas s’opposer au 3e lien, le projet de tunnel sous l’île d’Orléans qui reliera Québec et Lévis. Ça relève tellement exclusivement de Québec et des villes que ça touche. Le fédéral n’a pas juridiction en matière d’infrastructure, a expliqué M. Blanchet.

Moi, vous savez, je suis pas contre, je suis pas pour : je dis que c’est à eux de le faire, a résumé le chef bloquiste,qui a défilé dans les rues de Montréal, la semaine dernière, aux côtés de 500 000 jeunes qui appelaient au changement.

Quand il lui a été demandé si le Bloc s'identifiait comme un parti vert, M. Blanchet a répondu : Le Bloc est un parti au parlement fédéral. Et comme parti au parlement fédéral, il va respecter la juridiction de Québec.

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