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Une enquête publique sur les troubles de lecture des élèves ontariens

Un enfant allongé lit un livre.

La Commission ontarienne des droits de la personne déplore que plus du quart des élèves de troisième année n'atteignent pas la norme provinciale en lecture.

Photo : iStock

Radio-Canada

La Commission ontarienne des droits de la personne lance une enquête publique sur les difficultés de lecture des jeunes ontariens qui fréquentent le système scolaire publique.

La Commission déplore que plus du quart des élèves de troisième année n'atteignent pas la norme provinciale en lecture.

La commissaire en chef de la Commission ontarienne des droits de la personne, Renu Mandhane

La commissaire en chef de la Commission ontarienne des droits de la personne, Renu Mandhane

Photo : Radio-Canada / Vedran Lesic

La commissaire en chef, Renu Mandhane, estime que les jeunes qui ne savent pas lire risquent d'avoir plus de difficultés dans leur parcours scolaire et risquent d'avoir plus de problèmes de santé mentale, d'intimidation et de décrochage.

Apprendre à lire n'est pas un privilège. C'est une habileté de base essentielle. Apprendre à lire est un droit humain. Les Nations unies reconnaissent que la capacité de lire est essentielle à la croissance culturelle, politique, sociale et économique d'une société.

Renu Mandhane, commissaire en chef, Commission ontarienne des droits de la personne

Le défi de la lecture

Alicia Smith pousse un grand soupir de soulagement devant cette initiative. Elle est elle-même dyslexique et son fils de 10 ans l'est aussi. Marcus va bien même si le défi de la lecture demeure difficile. Mais il revient de loin.

Alicia Smith et son fils Marcus sont tous les deux dyslexiques.

Alicia Smith et son fils Marcus sont tous les deux dyslexiques.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Olivier Bernatchez

En troisième année, il ne savait pas lire et se sentait en marge de sa classe. Sa famille a été dévastée devant le manque de ressources et d'aide auquel elle a été confrontée.

Ma troisième année a été la pire année de ma vie. Je n'étais pas capable de lire alors que tous les autres élèves étaient capables. Je me sentais comme un idiot. Parfois, je voulais mourir pour arrêter de me sentir aussi stupide.

Extrait d'une lettre écrite par Marcus Smith

L'enquête est lancée alors que s'amorcent le mois de sensibilisation à la dyslexie et le mois de la sensibilisation aux troubles d'apprentissage.

L'organisme Decoding Dyslexia Ontario estime que cette enquête répond aux préoccupations de nombreuses familles et permettra de mettre en lumière des obstacles systémiques dans les écoles publiques de l'Ontario pour les enfants ayant un trouble d'apprentissage, comme la dyslexie.

La dyslexie est le trouble d'apprentissage le plus commun. Au moins deux enfants par classe en souffrent, selon Decoding Dyslexia Ontario.

Notre groupe voit bien des familles qui sont frustrées en raison du manque de sensibilisation, manque de services et de soutien dans notre système d'éducation publique. Leurs histoires sont troublantes. Les problèmes ne sont pas identifiés à temps, explique la présidente Decoding Dyslexia Ontario, Lark Barker.

[Des familles] doivent payer des tuteurs pour que leurs enfants puissent apprendre à lire. D'autres nous disent qu'ils ne peuvent pas payer pour ces services et doivent assister, impuissants, au retard que prennent leurs enfants à l'école. Le poids émotif qui vient avec cette situation est dévastateur.

Lark Barker, présidente de Decoding Dyslexia Ontario

Le droit de lire

La Commission ontarienne des droits de la personne lance une enquête publique sur les troubles de lecture des élèves dans les écoles publiques de l'Ontario

La Commission ontarienne des droits de la personne lance une enquête publique sur les troubles de lecture des élèves dans les écoles publiques de l'Ontario

Photo : Radio-Canada / Pierre-Olivier Bernatchez

L'enquête qui s'intitule Le droit de lire vise à dresser un portrait provincial de la situation.

Elle se penchera sur les pratiques de huit conseils scolaires.

Ces conseils ont été choisis en fonction de leur géographie, de leur démographie, de leurs programmes en éducation spécialisée et en fonction des résultats de l'Office de la qualité et de la responsabilité en éducation.

Aucun conseil retenu n'est francophone, mais la commissaire en chef s'attend à ce que des familles francophones témoignent elles aussi de leurs expériences par le biais de l'appel à tous qu'elle lance.

La Commission veut déterminer si les façons d'enseigner la lecture dans les écoles reposent sur des données scientifiques, sur des méthodes qui conviennent au plus grand nombre d'élèves.

Elle veut savoir si un système de dépistage de problèmes et des programmes d'aide efficace sont en place. L'enquête portera entre autres sur ces aspects.

Conseils scolaires choisis :

  • Conseil scolaire du district de Hamilton-Wentworth
  • Conseil scolaire du district de Keewatin-Patricia
  • Conseil scolaire du district de Lakehead
  • Conseil scolaire catholique de London
  • Conseil scolaire de Ottawa-Carleton
  • Conseil scolaire du district de Peel
  • Conseil scolaire catholique du district de Simcoe-Muskoka
  • Conseil scolaire du district de Thames Valley

Un rapport d'enquête qui contiendra des recommandations est attendu en 2020.

Pour participer à l'enquête et faire part de ses expériences :

  • legal@ohrc.on.ca
  • 416-314-4547 ou 1-800-387-9080

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