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Embrigadés : la radicalisation racontée par et pour les jeunes

Un jeune homme en avant-plan et deux autres comédiens, une femme et un homme, sont sur scène.

La pièce de théâtre raconte les histoires parallèles de trois jeunes, dont les parcours les mèneront à une certaine forme de radicalisation et à la violence.

Photo : Avec la gracieuseté de La Nouvelle Scène / Crédit : Cath Langlois,David Mendoza

Christelle D'Amours

Sans faire la morale, Embrigadés expose le parcours de trois jeunes menés à différentes formes de radicalisation et de violence. La pièce de théâtre présentée à La Nouvelle Scène se veut une prise de conscience, mais aussi de parole.

Christophe, Marco et Nadia sont emmenés au poste de police après avoir commis un geste violent. C’est ainsi que commence l’histoire, déconstruite pour y raconter une radicalisation parfois subtile, parfois évidente.

Dans cette pièce de théâtre présentée en tournée depuis déjà trois ans, le collectif Les Pentures dépeint un portrait social d’actualité,inspiré par une vague de radicalisation au Québec en 2015 et 2016.

J’ai ouvert le journal et je me suis dit : '' J’aimerais ça comprendre ce qui peut amener un jeune à se rendre jusque-là''. C’est quand même énorme de laisser ta vie du jour au lendemain, de ne pas en parler à ta famille, à tes parents, explique la co-auteure et comédienne Blanche Gionet-Lavigne

Lorsqu’on était en train d’écrire le spectacle, il y a eu les attentats à la mosquée de Québec. Ça a été assez troublant pour nous. [...] On a été sous le choc de voir que la réalité dépassait la fiction.

Blanche Gionet-Lavigne, co-auteure et comédienne

Les personnages créés par la jeune femme et ses comparses (Félix Delage-Laurin et Vincent Massé-Gagné) traversent trois formes de radicalisation, avec des idéologies différentes.

Je voulais surtout le montrer de différentes facettes. Je voulais qu’on arrête de dire que c’est juste la religion musulmane. Il y a différentes formes de radicalisation, puis ça se ressemble, finalement, précise Mme Gionet-Lavigne.

Cette dernière s’avoue véritablement inquiète de constater l’ampleur du phénomène, encore aujourd’hui, lorsqu’elle lit par exemple des propos racistes ou suprématistes sur les médias sociaux. C’est ça que je trouve difficile : je n’ai pas l’impression que ça s’améliore, déplore-t-elle.

Des comédiens sur une scène

(De gauche à droite) Vincent Massé-Gagné, Blanche Gionet Lavigne et Félix Delage-Laurin ont écrit la pièce « Embrigadés » pour faire comprendre que la radicalisation peut prendre différentes formes.

Photo : Avec la gracieuseté de La Nouvelle Scène / Crédit : Cath Langlois, David Mendoza

Des propos qui trouvent écho

Sydney, une élève de 11e année à l’École secondaire catholique Franco-Cité d’Ottawa, s’est dite troublée après avoir assisté à la représentation.C’était très intense! Ça représente le début du radicalisme de façon vraisemblable et un petit peu difficile à digérer, avoue-t-elle.

Pour sa part, Heston a compris que personne n’est à l’abri du phénomène, et encore moins les adolescents.Nos cerveaux sont à l’âge où l’on peut être manipulé facilement et les groupes comme ça cherchent les jeunes qui sont mentalement instables pour les recruter, retient-il.

Toute personne désireuse de signaler une situation qu'elle juge inquiétante ou d'obtenir des conseils peut composer le 514-687-7141 ou le 1-877-687-7141 pour joindre le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence.

Les auteurs d’Embrigadés ont façonné leurs personnages à la suite de longues recherches et d’une collaboration avec le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence.

Même si le spectacle est écrit pour un public adulte, les jeunes reçoivent très bien les dialogues, selon Blanche Gionet-Lavigne. C’est une histoire qui n’a pas de morale. Mais, après ça, on essaie de la déconstruire, de la comprendre avec eux, donc on s’assure que tout le monde a bien compris, parce que ce sont des codes qu’ils ne connaissent pas nécessairement, mentionne la co-auteure.

Ce qui a parlé aux jeunes, c’est qu’on n’a pas essayé de les infantiliser.

Blanche Gionet-Lavigne, co-auteure et comédienne
Trois comédiens sont installés sur des tabourets devant des spectateurs adolescents.

Après les représentations, des échanges sont organisés entre le public et les comédiens pour discuter des thèmes de la pièce.

Photo : Radio-Canada / Kevin Sweet

Sans être du théâtre documentaire ou d’intervention, la pièce se veut une façon d’amorcer un dialogue avec les jeunes. Ainsi, des discussions entre les comédiens et le public sont proposées après les représentations pour décortiquer les textes qui sont parfois crus ou même troublants.

Pour nous, c’est important de décompresser, de débriefer après le spectacle. Et de voir aussi ce qui les a choqués, qu’est-ce qu’ils ont reconnu qui se passe réellement dans les couloirs à l’école et comment l’histoire aurait pu être différente, indique Mme Gionet-Lavigne.

POUR Y ALLER
Embrigadés
Le 4 octobre à 19 h 30
La Nouvelle Scène

Avec la collaboration de Kevin Sweet

Ottawa-Gatineau

Théâtre