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Malgré les offres, les Moissonneurs solidaires continuent de donner leurs légumes

L'automne est synonyme de bénévolat pour ces élèves de la région de Québec qui donnent de leur temps à l'organisme Moissonneurs solidaires.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Radio-Canada

Un organisme de Lotbinière qui s'est fait offrir des milliers de dollars pour les légumes dans ses champs a refusé. Les Moissonneurs solidaires préfèrent rester fidèles à leur mission et donner leurs récoltes aux banques alimentaires.

Le directeur de l'organisme raconte qu'il se fait offrir de l'argent chaque semaine pour les légumes récoltés sur les deux lots de terre des Moissonneurs solidaires. Il y a même un fournisseur de la région de Saint-Rémi qui m’a appelé, explique Ronald Lussier. Il m’a dit : "Tu as un champ de 40 000 choux, je te donne 40 000 $ pour".

Celui qui ne se considère pas comme un maraîcher, mais comme un rassembleur d’idées et de ressources pour faire la différence dans la société répond qu’il souhaite continuer de donner.

Son organisme est financé principalement par les dons privés. Les Moissonneurs arrivent à boucler la boucle chaque année, mais ça prend de nombreux bénévoles et une organisation très serrée.

Un homme tient des carottes et des pommes de terre dans ses mains

Ronald Lussier est le directeur général de Moissonneurs solidaires. En 2016-2017, l'organisme estime avoir remis 546 871 kg de légumes aux banques alimentaires.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Né en 2006, le projet a grandi avec les années, passant de 5,8 hectares de terres à 23 hectares en 2015. Les Moissonneurs solidaires estiment remettre quatre millions de portions de légumes chaque année au réseau des banques alimentaires.

Leurs principaux partenaires sont Moisson Québec, Moisson Trois-Rivières et Moisson Montréal, mais leurs légumes se rendent parfois aussi loin que Sept-Îles.

Dans 10 ou 20 ans, ça va s’appeler Moissonneurs sans frontières parce qu’on va avoir plus de deux terres et qu’on va donner ailleurs qu’au Québec, espère-t-il.

Visite des réfrigérateurs de l'organisme

Du bénévolat pour aider les plus démunis

L’initiative survit entre autres grâce aux quelque 1300 bénévoles qui donnent leur temps ainsi que quatre employés, incluant Ronald Lussier.

Parmi ces bénévoles, il y a des élèves du secondaire. Lors d’un mercredi nuageux du début du mois d’octobre, des jeunes de la Polyvalente de Charlesbourg s'affairent justement à ramasser des choux dans les champs.

On fait ça depuis notre secondaire un, affirme Ariane Masson qui est maintenant en secondaire quatre. C’est une bonne activité de groupe et en même temps, tu sais que tu peux aider les autres.

C’est en participant à cette journée de bénévolat qu’Élie Boisvert a réalisé à quel point les personnes dans le besoin sont nombreuses au Québec. Ça vient me chercher. L’action que je fais, ça l’a vraiment un gros impact.

Une enseignante de la polyvalente, Paméla Pelletier, espère que ses élèves vont se souvenir du geste qu’ils posent aujourd’hui. Souvent ils pensent : "ah, c'est trop difficile [d’aider les gens]", alors qu’aujourd’hui on est tous là, on travaille ensemble pis on est capable de faire une bonne action.

Avec 55 élèves bénévoles en une journée, Ronald Lussier croit qu’ils seront en mesure de récolter au moins 55 boîtes de 450 kg de choux. Les besoins sont grands, dit-il, parce qu'il n'y a pas que le chou.

D'autres bénévoles continueront le travail pour sortir les carottes, les navets et les betteraves de la terre.

Avec les informations de Marie Maude Pontbriand

Québec

Agriculture