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La Colombie-Britannique : mecque du véganisme

Des personnes se servent à manger à partir d'une table emplie de diverses plats de cuisine végane.

Le véganisme est un mode de vie de plus en plus adopté.

Photo : iStock

Nora Chabib

Être végane n'est pas seulement un régime, c'est un mode de vie que des dizaines de milliers de Britanno-colombiens adoptent. Et, en fin de compte, les entreprises locales et nationales l’ont bien compris. Qui sont-ils ? Que mangent-ils ? Vu d’ensemble sur ce phénomène plus tendance que jamais.

Si le marché du véganisme est particulièrement développé en Colombie-Britannique, c’est que ce coin du pays compte plus de véganes, que toute autre province du Canada soit 3,9 % des résidents contre 2,3 % au Canada, selon une étude (Nouvelle fenêtre) de l'Université Dalhousie.

  • flexitarien : flexibilité alimentaire où l'on fait le choix de réduire sa consommation de produits d'origine animale de manière occasionnelle
  • végétarien : ne consomme pas de viande, mais se décline en plusieurs variantes selon la consommation d’oeuf, de produit laitier et de poisson
  • végétalien : ne consomme aucun produit d’origine animale incluant le miel
  • végane ou végétalien intégral : mode de vie qui exclut tout produit animal incluant les vêtements et les produits cosmétiques par exemple

Tendances jeunes et féminines

La Colombie-Britannique comptabilise donc près de 200 000 personnes véganes, selon le professeur en distribution et politique alimentaire de l'Université Dalhousie, Sylvain Charlebois, auteur de l’étude intitulée : Perspective des consommateurs canadiens quant aux régimes alimentaires à base d’aliments végétaux de même qu'àleur consommation de viande.https://cdn.dal.ca/content/dam/dalhousie/pdf/management/News/News%20%26%20Events/Charlebois%20Somogyi%20Music%20FR%20Plant-Based%20Study.pdf (Nouvelle fenêtre)

D’après ses recherches, les Britanno-Colombiens tout comme les moins de 35 ans et les diplômés universitaires sont trois fois plus susceptibles de s'identifier comme végétariens ou véganes que les consommateurs résidents des Prairies ou de l'Atlantique.

Les femmes sont également 1,6 fois plus susceptibles de se considérer comme végétariennes ou végétaliennes que les hommes, peut-on y lire.

La tendance s’observe également du côté des sociétés de livraison de nourriture à domicile tel que Skip the dishes et Doordash qui disent avoir respectivement augmenté leurs livraisons de plats véganes de plus de 400 % ces deux dernières années.

Cette proportion ouvre donc la porte à un marché florissant de produits à base de protéine végétale dans la province.

Du bacon végétal

Jambon forêt-noire, pepperoni, poulet à la grecque, bacon, parmesan, saucisses et bien d’autres produits habituellement carnivore existent en version végétalienne facilement accessible en supermarché ou sur Internet.

Une page du site web Vegan Supply avec une dizaine de produits comme de fausses saucisses, du faux jambon ou encore du faux poulet, le tout emballé sous vide.

La boutique végétalienne en ligne Vegan Supply offre des produits véganes très semblables aux produits traditionnels à base de viande.

Photo : vegansupply.ca

Les restaurants de la province multiplient leurs options véganes et le supermarché Vegan Supply dans le quartier chinois de Vancouver ne vend que des produits véganes locaux. La jeune entreprise Vega basée à Burnaby a été achetée un demi-milliard de dollars par une société américaine en 2015 et le fabricant de faux yaourt et fromage Daiya de Vancouver a été vendu au Japon pour 300 millions de dollars.

Le pouvoir des réseaux sociaux

Sylvain Charlebois note que le succès des restaurants et des produits véganes est très influencé par les réseaux sociaux.

Si un végane recommande un restaurant ou un produit, cet avis contribuera beaucoup à son succès en Colombie-Britannique.

Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques alimentaires de l'Université Dalhousie

Les flexitariens et même les omnivores considèrent les influenceurs du web comme des leaders de réflexion, ajoute-t-il

La notoriété du mode de vie végane a néanmoins dû faire bien du chemin ces trente dernières années avant que les influenceurs du web n'accaparent le marché.

Véga... quoi?

Plusieurs pionniers véganes se souviennent de l’époque où le véganisme était un terme péjoratif, voire inconnu.

Végane depuis plus de 20 ans, Joanne Chang raconte qu’elle a dû manger des céréales avec du jus d'orange lorsqu’elle a pris la décision de passer du végétarisme au véganisme, dans les années 1990, puisque le marché des substituts au lait n’était pas aussi développé qu’aujourd’hui.

En pareille circonstance, Mme Chang explique qu’il lui a d’ailleurs fallu cinq ans de transition avant de devenir complètement végane.

Si j'essayais de le faire maintenant, ça ne prendrait probablement qu’une semaine ou deux parce qu’on peut facilement remplacer beaucoup de produits par une alternative végane.

Joanne Chang

Pendant ses tournées au Danemark en 2010, la violoniste Elyse Jacobson dit avoir eu beaucoup de mal à faire comprendre ses besoins par les promoteurs qui pensaient bien faire en lui proposant du poisson à la place de la viande .

Oh!, pas de problème, je leur demanderai de vous apporter du poisson, dit-elle en imitant le promoteur avec sourire.

Aujourd’hui, Elyse Jacobson gère une page Facebook regroupant plus de 8000 membres végétaliens de Vancouver. À sa création, il y a sept ans, le groupe ne comptait que 250 personnes.

Avec les informations de Anita Bath, Maryse Zeidler et Roshini Nair

Colombie-Britannique et Yukon

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