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Une avocate de Québec parmi les « chiens de garde » des pénitenciers

Une photo de Me Myralie Roussin souriante

Me Myralie Roussin fera partie des 12 décideurs canadiens qui veilleront à la réforme des cellules d'isolement.

Photo : Beaudry Roussin Avocats

Marie-Pier Mercier

À 32 ans, Me Myralie Roussin est sélectionnée par le ministère de la Sécurité publique du Canada pour jouer un rôle de premier plan dans sa réforme du système correctionnel canadien qui entre en vigueur samedi.

Criminaliste et engagée au sein du Jeune Barreau de Québec, Me Roussin fait partie des 12 décideurs indépendants nommés au pays par le gouvernement canadien qui veilleront à ce que les droits des détenus soient respectés et que leur séjour en isolement ne se prolonge pas outre mesure.

En vertu de la réforme du gouvernement fédéral mise en place par l'ancien ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, l’isolement cellulaire - aussi appelé le trou - disparaît des pénitenciers canadiens. La pratique a longtemps été critiquée et souvent comparée à une forme de torture par l’Organisation des Nations Unies.

C’est vraiment stimulant de prendre part à ce nouveau programme parce qu’on vient changer complètement la façon dont les détenus vont purger leur peine, explique l’avocate qui est membre du Barreau depuis 2011.

Me Myralie Roussin entourée de ses collègues du Jeune Barreau.

Me Myralie Roussin est bien connue du milieu judiciaire à Québec. Elle est la présidente sortante du Jeune Barreau de Québec. (archives)

Photo : Jeune Barreau de Québec

Nouveau modèle dans les pénitenciers

En juin, le gouvernement fédéral a sanctionné les modifications à la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition afin de transformer le système d'isolement cellulaire.

Au cours des dernières années, de nombreux cas de détenus isolés ont été dénoncés, entre autres celui d'un détenu autochtone coupé du reste du monde durant 118 jours. Cette réforme se veut une solution à ces cas d'abus.

Un nouveau modèle est donc établi : les unités d’intervention structurée (UIS) qui, selon Ottawa, favoriseront la réhabilitation des détenus.

Ces derniers auront la possibilité de sortir de leur cellule pendant au moins quatre heures par jour et d’avoir un contact humain réel pendant au moins deux heures. Ils pourront également continuer de suivre leurs programmes de réinsertion sociale, de recevoir des visiteurs et de recevoir des soins en santé mentale.

Quand un détenu va en prison, l’objectif, c’est de le priver de sa liberté et non pas de toute sa dignité humaine. Le but, c’est d’aider ces gens-là à être un actif pour un retour dans la société, de les aider en détention si jamais ils ne se comportent pas correctement, croit la criminaliste.

Elle sera responsable de réviser le dossier des détenus des établissements fédéraux de Donnacona, Joliette, Port-Cartier et du Centre régional. Me Roussin aura aussi le pouvoir de se déplacer dans les pénitenciers pour discuter avec les détenus si elle le juge nécessaire.

Ce n’est peut-être pas sexy auprès de la population de dire qu’on va améliorer les conditions de détention des détenus, mais ces gens-là, s’ils n’ont pas eu d’aide en dedans, ça n’ira pas mieux à leur sortie.

Myralie Roussin, avocate

Répartition des 12 décideurs au pays :

  • Abbotsford, Colombie britannique (1)
  • Edmonton, Alberta (2)
  • Saskatoon, Saskatchewan (2)
  • Winnipeg, Manitoba (1)
  • Kingston, Ontario (2)
  • Laval, Québec (2)
  • Ville de Québec, Québec (1)
  • Moncton, Nouveau-Brunswick (1)

Les UIS seront d'abord implantées dans cinq établissements fédéraux pour femmes et dans dix pénitenciers pour hommes à l'échelle du pays.

Les décideurs indépendants sont nommés pour un mandat renouvelable pouvant aller jusqu'à cinq ans. Ils doivent rendre compte directement au ministre de la Sécurité publique Bill Blair.

Les 12 décideurs ont participé à une séance de formation obligatoire de deux semaines au début novembre pour mieux comprendre la réalité de Service correctionnel Canada (SCC).

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