•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Aide à la presse écrite : soulagement et questionnement chez les médias régionaux

Chargement de l’image

Les bureaux du journal « Le Droit », à Ottawa.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L’annonce par le gouvernement du Québec d’une série de mesures pour venir en aide aux médias écrits de la province est accueillie à bras ouverts par les entreprises de presse de la région. Des questions persistent toutefois sur les répercussions et l’application du programme d’aide dévoilé mercredi.

C’est d’excellentes mesures fiscales, en fait c’est ce qu’on demandait depuis longtemps, a lancé le président du Syndicat des travailleurs de l’information du quotidien Le Droit, Patrick Duquette.

Le programme proposé par Québec comporte entre autres un crédit d’impôt remboursable de 35 % pour les salaires du personnel des salles de nouvelles. Cette mesure, rétroactive au 1er janvier 2019, s’applique sur un salaire annuel allant jusqu’à 75 000 $.

« Si ces mesures-là avaient été mises en place plus tôt, le Groupe Capitales Médias et Le Droit ne seraient pas dans la situation financière dans laquelle on est aujourd’hui.  »

— Une citation de  Patrick Duquette, président du Syndicat des travailleurs de l’information du quotidien Le Droit

Ça fait que les journalistes coûtent moins cher aux entreprises, alors c’est une excellente mesure pour soutenir le journalisme et c’est une aide substantielle qui permettrait à la presse écrite et aux journaux de survivre pendant encore plusieurs années, s’est réjoui M. Duquette.

Le gouvernement Legault prolonge aussi jusqu’au 31 décembre 2023 le crédit d’impôt pour la transformation numérique des entreprises de la presse d’information écrite.

L’éditrice du Journal du Pontiac, du West Québec Post et du Bulletin d’Aylmer, Lily Ryan, pousse aussi un soupir de soulagement.

Les impôts, c’est lourd pour les PME […] Un crédit d’impôt remboursable de 35 %, ça, ça va vraiment faire une différence, a-t-elle souligné, saluant du même souffle la possible réintroduction des publicités du gouvernement provincial dans les publications régionales comme les siennes.

Chargement de l’image
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lily Ryan se demande si le Bulletin d'Aylmer sera admissible aux crédits d'impôt considérant son petit nombre d'employés à temps plein.

Photo : Radio-Canada / Claudine Richard

On a absolument besoin de ça. C’est vraiment juste les municipalités qui mettent les annonces dans les journaux maintenant, a-t-elle précisé. Quand je vois ces annonces-là de Québec [uniquement sur le web], je me demande : "comment ça se fait que les lecteurs n’aient pas accès à ça?"

Admissibilité et identité

Malgré la bonne nouvelle, Mme Ryan s’est cependant montrée prudente devant l’aide promise par le gouvernement provincial, car elle ne pouvait pas encore déterminer clairement si les médias pour lesquels elle œuvre seront admissibles.

Souvent, un crédit d’impôt est pour une organisation qui a un tel nombre [d’employés]. Comme au fédéral, il y a eu un crédit d’impôt qui a été annoncé l’an dernier, mais c’est vraiment pour des journaux qui ont deux journalistes à temps plein. Et puis nous, avec des petits hebdos, on n’a pas de journalistes à temps plein, a-t-elle illustré.

De son côté, Pierre-Paul Noreau, président-éditeur du journal Le Droit, croit que ce crédit d'impôt va faire une différence.

Je pense que le Québec vient de s'imposer comme une juridiction qui est avant-gardiste, une juridiction qui dit ''la presse écrite est importante, particulièrement en région, et donc, il faut agir''. Ce qui est sur la table, aujourd'hui, même si ce n'est pas pour le Groupe Capitales Médias, que ça que ce serait pour d'autres, tout ça est susceptible de faire une différence et d'assurer une présence en région des médias écrits, a-t-il expliqué.

Pour sa part, M. Duquette s’interroge sur le double rôle que joue Le Droit dans la région d’Ottawa, en couvrant l’actualité en Outaouais tout en étant une publication d’abord franco-ontarienne.

Chargement de l’image
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La Une du journal Le Droit le 15 septembre 1934.

Photo : Radio-Canada

La question se pose maintenant : comment réconcilier l’identité franco-ontarienne du quotidien alors que sa survie sera assurée par un programme québécois?

C’est une situation assez complexe, on est en train de réfléchir là-dessus. Évidemment, au Droit, on est un journal de combat qui a été créé en 1913 pour défendre les Franco-Ontariens, donc on est sensible à ces questions-là, a-t-il avancé.

La solution pourrait toutefois se trouver dans un modèle coopératif, une idée proposée par les syndiqués du Groupe Capitales Médias après qu’il a été révélé que l’entreprise était au bord de la faillite à la mi-août.

Avec les informations de Claudine Richard

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !