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Comment des maires « non partisans » peuvent influencer la campagne fédérale

Vue de la ville de Toronto depuis le lac.

Les maires tentent d’obtenir des engagements des politiciens fédéraux pour leur ville, mais sans appuyer un parti fédéral ou un autre.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Les maires jouent un rôle important dans le débat politique durant la campagne électorale. Bien que certains d’entre eux aient des liens clairs avec les partis, et que quelques-uns ont même officiellement pris position dans leurs campagnes précédentes, ces tendances partisanes sont en grande partie mises de côté par les actuels maires de la grande région de Toronto.

C’est la première élection fédérale de ma vie d’adulte à laquelle je ne prends pas part, affirme le maire de Brampton, Patrick Brown. L’ancien chef conservateur de l’Ontario et député fédéral occupe maintenant de nouvelles fonctions et il veut se montrer non partisan.

Pendant plusieurs années, de l’autre côté de la Chambre des communes, siégeait Bonnie Crombie, l’actuelle mairesse de Mississauga.

Pourtant, les deux se retrouvent aujourd’hui du même côté, celui de la neutralité. Désormais, en tant que maires, tous deux refusent de soutenir publiquement les partis sous les bannières desquels ils faisaient campagne auparavant.

Je limite mon rôle à encourager mes citoyens à voter pour un parti qui investira dans notre ville, a déclaré Mme Crombie. C’est la limite que je me fixe, j’essaye vraiment d’être non partisane, a-t-elle ajouté.

La mairesse de Mississauga, Bonnie Crombie, répond au micro d'un journaliste.

La mairesse de Mississauga, Bonnie Crombie

Photo : CBC News

Pour Patrick Brown, engagé depuis son adolescence auprès du parti appelé alors Parti progressiste-conservateur du Canada, ne pas prendre position est une nouveauté.

Depuis son élection l’automne dernier, il a rencontré le chef libéral Justin Trudeau, le chef conservateur Andrew Scheer et le chef néo-démocrate Jagmeet Singh. « Je suis content qu’ils prennent tous au moins le temps d’écouter », confie-t-il.

Le maire de Brampton, Patrick Brown, répond aux questions d'un journaliste.

Le maire de Brampton, Patrick Brown

Photo : CBC News

La réalité est qu’un maire d’une municipalité doit travailler avec n’importe quel gouvernement au pouvoir, qu’il soit orange, bleu, rouge ou vert.

Patrick Brown, maire de Brampton

Un pouvoir d’influence

Et ce n’est pas pour rien que les chefs des partis fédéraux écoutent. La majorité des Canadiens vivent dans les villes et celles-ci représentent une grande partie des circonscriptions fédérales, que ce soit dans les zones urbaines ou périurbaines.

Le chef libéral a même, plus tôt cette semaine, rencontré les maires de la grande région de Toronto pour discuter du problème de la violence armée et des gangs de rue.

Je pense que nous avons de l’influence sur l’élaboration des politiques et des plateformes de ces partis, a déclaré le maire de Toronto, John Tory.

En tant que maire, nous avons peu de pouvoir dans notre structure constitutionnelle, mais ce que nous avons, c’est une tribune.

John Tory, maire de Toronto

Selon lui, il n’est pas difficile de défendre Toronto de manière non partisane.

Il ajoute toutefois qu’il peut être difficile d’être perçu comme non partisan quand il s'agit de donner son point de vue sur les promesses des partis.

C’est [s]on travail, assure-t-il, de dire aux Torontois comment il pense que les promesses de chaque parti peuvent influencer la ville. Pour l’heure, il estime que tous les partis traitent de certaines des questions importantes pour Toronto, mais qu’aucun d’entre eux ne promet autant qu’il le souhaite.

John Tory, maire de Toronto.

John Tory, le maire de Toronto

Photo : Radio-Canada / Martin Trainor/CBC News

Pour lui, les priorités sont entre autres le financement à long terme des transports en commun, le logement abordable et le contrôle des armes à feu.

Vous voyez tous les chefs passer beaucoup de temps dans la grande région de Toronto, commente Patrick Brown. Mais entre les annonces et le réel transfert de fonds vers les municipalités, la différence est grande, avance-t-il.

Lui et son homologue de Mississauga, autrefois dans des camps opposés, attendent des choses similaires du futur gouvernement fédéral, notamment des engagements financiers solides pour contribuer à la construction d’infrastructures et un soutien accru pour lutter contre la violence armée et les gangs.

Bonnie Crombie dit avoir déployé des moyens pour faire savoir aux candidats quels sont les problèmes de sa ville, et ce, à travers la campagne « Mississauga Matters » [Mississauga compte, en français]. Celle-ci permet aussi de sensibiliser les électeurs, dans l’espoir qu’ils puissent mentionner ces besoins aux candidats une fois que ceux-ci seront sur leur palier.

Avec les informations de CBC News

Toronto

Politique municipale