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Sous pression, Donald Trump tire tous azimuts

Le poing levé, le président Trump répond à la question d'un journaliste.

Interrogé sur son appel à son homologue ukrainien, le président Trump a notamment attaqué les médias et les démocrates.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Visé par une enquête pour destitution dans l'affaire ukrainienne, le président américain a de nouveau tempêté, mercredi, dénonçant « la plus grande des supercheries ». Loin de reculer, les démocrates ont brandi plus tôt la menace d'injonctions si la Maison-Blanche ne coopère pas.

Un peu plus d'une semaine après l'ouverture de l'enquête menée à son encontre par les démocrates, le président américain a renouvelé – trois fois plutôt qu'une – ses attaques virulentes contre les démocrates corrompus, la plainte vicieuse du lanceur d’alerte, l'ex-vice-président démocrate corrompu Joe Biden, l’enquête délirante sur la Russie et les médias corrompus.

Il a profité de la présence des médias au bureau ovale au début de son entretien avec le président finlandais, Sauli Niinisto, puis lors de la conférence de presse qui a suivi pour dénoncer avec véhémence l'enquête dont il fait l'objet en plus de lancer une salve d'attaques sur le sujet sur Twitter.

Pressé de questions sur son entretien téléphonique du 25 juillet dernier avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, entretien qui l'a plongé au centre d'une tempête politique, Donald Trump n'a pas retenu sa mauvaise humeur au cours du point de presse avec son homologue finlandais.

Réitérant sa défense d'un appel parfait, il a accusé le lanceur d'alerte qui a sonné l'alarme au sujet de cet appel et pourfendu les démocrates pour avoir déclenché l'enquête.

« Accuser un président pour une fraude commise par d'autres personnes qui veulent gagner une élection en 2020 – ce qui n'arrivera pas –, c'est incroyable. C'est la plus grande des supercheries. »

— Une citation de  Donald Trump, président des États-Unis

Taxant le président du comité du renseignement de la Chambre, Adam Schiff, de trahison, il l'a en outre accusé, sans preuve, d'avoir écrit la plainte du lanceur d'alerte. Un peu plus tôt, il l'avait appelé à démissionner.

Le New York Times rapportait en matinée que le lanceur d'alerte avait cherché conseil auprès d'un assistant de M. Schiff sur la façon de déposer sa plainte, parce qu'il craignait qu'elle ne soit bloquée. Plusieurs employés du comité, actuels et anciens, ont fait valoir qu'il s'agit d'une procédure normale.

Menace de poursuites liées à l'enquête Mueller

Le président Trump a en outre dit envisager de poursuivre des personnes liées à l'enquête sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016 et sur l'éventuelle collusion entre Moscou et le camp Trump.

Donald Trump et son avocat personnel, Rudy Giuliani, nommé dans la plainte du lanceur d'alerte, disent qu'il s'agit d'une enquête truquée, issue d'une collusion entre l'Ukraine et les démocrates, une théorie populaire dans les cercles conspirationnistes.

Nous avons enquêté à titre personnel, par l'intermédiaire de Rudy et d'autres personnes – des avocats – sur la corruption lors des élections de 2016, a déclaré Donald Trump.

« Je vais probablement intenter beaucoup de poursuites contre beaucoup de gens dans le cadre de l'enquête corrompue sur les élections de 2016. »

— Une citation de  Donald Trump, président des États-Unis

Tension palpable

Semblant par moments exaspéré par les questions des journalistes, il les a intimés de poser des questions à son homologue finlandais, mais il répondait souvent à sa place quand ils le faisaient.

Éludant une question sur l'enquête qu'il a posée à son homologue ukrainien concernant Joe Biden, possible candidat démocrate à la présidentielle de 2020, le président Trump a explosé quand le reporter est revenu à la charge.

M'avez-vous entendu? M'avez-vous entendu? Posez-lui une question!, a-t-il tonné. Une grande partie des médias dans ce pays ne font pas que rapporter de fausses nouvelles, ils sont corrompus.

« Quelles faveurs le président Trump vous a-t-il demandées? », a carrément demandé une reporter finlandaise au président Niinisto, qui a assuré que Donald Trump n'en avait rien fait.

Au début de la conférence de presse, le président finlandais a toutefois semblé mettre le locataire de la Maison-Blanche en garde.

« Monsieur le Président, vous avez ici une grande démocratie. Gardez-la intacte. »

— Une citation de  Sauli Niinisto, président de la Finlande

Au cours des derniers jours, Donald Trump a évoqué un coup d'État, une trahison et agité le spectre d'une guerre civile advenant sa destitution.

Nous ne plaisantons pas, avertissent les démocrates

Nancy Pelosi, l'index levé, s'adresse aux journalistes avec à ses côtés Adam Schiff, qui la regarde.

Nancy Pelosi et Adam Schiff ont sommé la Maison-Blanche de collaborer.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Les comités de la Chambre des représentants menant l’enquête ont pour leur part indiqué qu’ils recourront à une injonction pour forcer la Maison-Blanche à lui remettre les documents liés à l’affaire ukrainienne si elle ne le fait pas d'elle-même d'ici vendredi.

Au cours des dernières semaines, la Maison-Blanche a refusé de se conformer volontairement aux requêtes des comités de la Chambre qui désirent obtenir les documents liés au dossier.

Nous ne plaisantons pas ici, a prévenu au cours d’une conférence de presse le président du comité du renseignement de la Chambre, Adam Schiff, qui mène la charge dans cette enquête. Nous ne voulons pas que cela traîne pendant des mois et des mois, ce qui serait la stratégie de l’administration [Trump].

Si la Maison-Blanche tente de faire obstruction dans ce dossier comme elle l’a fait avec d’autres comités par le passé, cela sera considéré comme une entrave à la justice, a-t-il prévenu. Cela viendrait alimenter le dossier à charge contre le président, a averti M. Schiff, rappelant que l'entrave à la justice avait été l'un des trois motifs de destitution retenus à l'encontre du président républicain Richard Nixon, avant sa démission, en 1974.

Interrogé sur cette menace au cours de la conférence de presse, le président Trump a affirmé qu'il collaborait toujours avec les requêtes des démocrates. C'est un crime frauduleux à l'endroit du peuple américain, mais nous travaillerons ensemble, a-t-il tonné.

Les démocrates ont en outre accusé le président Trump de mettre en danger le lanceur d'alerte avec ses propos.

Pompeo a participé à l’appel avec Zelensky

Très gros plan de Mike Pompeo, qui regarde vers la gauche

C'est le Wall Street Journal qui avait le premier rapporté que Mike Pompeo avait pris part à l'appel du 25 juillet entre les présidents Trump et Zelensky.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

En matinée, le secrétaire d’État, Mike Pompeo, a par ailleurs confirmé qu’il faisait partie de ceux ayant écouté l'entretien téléphonique avec le président Zelensky, comme l'a révélé lundi le Wall Street Journal.

Le secrétaire d'État n'en avait jamais fait mention lorsqu'il avait été interrogé par les médias à ce sujet.

M. Pompeo a indiqué mardi que les employés du département d’État convoqués par des comités de la Chambre ne témoigneraient pas dans l'immédiat, s'attirant les foudres des démocrates.

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