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Ces parents à bout de souffle qui paient 20 000 $ de garderie par année

De jeunes enfants jouent avec des blocs de construction.

De jeunes enfants jouent avec des blocs de construction.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Mathieu Simard

C'est une préoccupation quotidienne pour de nombreux parents torontois. Les coûts prohibitifs des services de garde dans la métropole les forcent souvent à sortir la calculatrice. S'ensuit une gymnastique budgétaire, mais l'addition se termine généralement avec plusieurs zéros. Des familles profitent donc de la campagne électorale fédérale pour interpeller les chefs des différentes formations politiques.

L'enjeu tracasse Mary Koffi, dont la fille Andréa fréquente une garderie du centre-ville. Depuis trois mois, cette nouvelle dépense ampute une bonne partie de son budget mensuel. Comment tu payes un loyer de 2000 $, une crèche de 1900 $. Et après il te reste quoi? Rien du tout, lance-t-elle. La jeune mère l'avoue : la garderie est un stress financier dont elle se passerait bien. Dernièrement, elle a même dû demander l'aide de ses parents pour boucler les fins de mois : Tu veux être indépendante, tu te dis "j'ai 26 ans, comment se fait-il que j'appelle encore mes parents à 26 ans pour s'occuper de ma famille".

Une femme assise dans un parc.

Mary Koffi considère que les frais de garderie à Toronto accaparent une trop grande partie de son budget.

Photo : Radio-Canada

Je trouve que ça coûte trop cher. 1990 $ [par mois], c'est le prix d'une hypothèque pour une maison.

Mary Koffi, jeune maman

C'est à Toronto que les frais de garderie sont les plus élevés au pays, selon un rapport du Centre canadien de politiques alternatives. La métropole arrive en tête du palmarès avec en moyenne 1685 $ pour un bambin de 18 mois et moins, ce qui correspond à une facture annuelle de 20 220 $.

Propositions des partis fédéraux en matière de petite enfance. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Propositions des partis fédéraux en matière de petite enfance.

Photo : Radio-Canada

Savio Anssar, lui, a dû faire une croix sur la garderie. Avec un deuxième enfant déjà en route, il n'a pas les moyens d'y envoyer sa fille Heaven. C'est un enjeu très important pour les familles ici, explique-t-il et les politiciens fédéraux doivent aborder la question, selon lui.

Pour l'instant, il a réussi à modifier ses quarts de travail afin de s'occuper de sa fille en journée. Les pédiatres recommandent la garderie pour le développement social des enfants. J'aimerais pouvoir y envoyer les miens, mais je n'en ai pas les moyens, se désole-t-il.

Un père qui tient sa fille dans les bras.

Savio Anssar a décidé de ne pas envoyer sa fille à la garderie en raison des tarifs prohibitifs à Toronto.

Photo : Radio-Canada

Séduire les familles

Si les tarifs de garderie sont plus chers à Toronto qu'ailleurs au pays, c'est notamment parce que les parents assument ici une plus grande partie des coûts totaux liés aux frais de garde.

Puisqu'il s'agit d'une dépense majeure pour les familles, le potentiel de gain politique l'est tout autant, selon le professeur d'économie au Collège universitaire Glendon, Nicolas-Guillaume Martineau. Des promesses concrètes de la part des partis pendant la campagne pourraient donc séduire les électeurs, particulièrement à Toronto.

Comme il y a déjà peu de programmes en place en Ontario, ça peut avoir un effet beaucoup plus important que dans d'autres provinces comme la Colombie-Britannique ou le Québec, où la province a déjà mis en place un programme de places en garderie subventionnées, indique-t-il. Fait à noter : Scheer, Singh et Trudeau ont tous trois visité des garderies depuis le début de la campagne.

Le professeur d'économie Nicolas-Guillaume Martineau.

Le professeur d'économie Nicolas-Guillaume Martineau pense que les promesses en matière de petite enfance peuvent convaincre une partie de l'électorat à Toronto.

Photo : Maxime Beauchemin

Selon son analyse des plateformes des partis, Nicolas-Guillaume Martineau juge que c'est le NPD qui a l'approche la plus ambitieuse avec la mise sur pied d'un système national de garderie. Il prévient cependant qu'une proposition généreuse, mais difficilement réalisable pourrait devenir une épine dans le pied d'un parti. C'est peut-être une arme à double tranchant. Ça peut permettre l'élection d'un parti, mais si ce n'est pas mis en place ou si ça déçoit parce que ça prend un certain temps [...] ça pourrait nuire au futur électorat de ce parti.

La solution : quitter Toronto?

Chose certaine, le soutien de Mary Koffi ira au parti qui lui offrira la meilleure aide pour la garde de sa fille. Je pense que les enfants, c'est la société de demain, donc s'il y a un parti qui me parle de tout ce qui est garderies, subventions, qui me guide sur les vrais pas, comme arriver à un stade de vie adéquat en Ontario, bien évidemment que je suis partante, bien évidemment.

Une mère qui tient sa fille dans les bras.

Mary Koffi et sa fille Andréa, à la sortie de la garderie.

Photo : Radio-Canada

Et dans l'optique où le prochain gouvernement ne répondrait pas aux attentes en matière de petite enfance? Mary pourrait décider de déménager sa famille ailleurs : Si c'est trop compliqué, on va quitter l'Ontario. Aller dans une province où c'est plus abordable. Le Québec, notamment, est dans sa mire.

Toronto

Politique fédérale