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« Les fils se sont touchés », témoigne Ugo Fredette

Ugo Fredette, cheveux courts et lunettes, est assis dans le box des accusés.

Croquis d'Ugo Fredette, lors de son procès

Photo : Radio-Canada

Geneviève Garon

« J'ai paniqué et j'ai eu peur. Je ne comprends pas comment c'est arrivé. [...] Ça m'arrache le cœur. » C'est en larmes qu'Ugo Fredette a raconté sa version du drame à son procès pour double meurtre, au palais de justice de Saint-Jérôme, mercredi.

J’ai cette image-là qui me hante, qui me dégoûte. Je l’aimais ma blonde, sanglote Ugo Fredette, debout devant le jury, en se remémorant le corps inerte de Véronique Barbe.

L'accusé était épris de sa conjointe. La chimie était là. Mais la relation était en dents de scie. « Hardcore » est le mot qui décrit le mieux leur union de sept ans et demi, selon Ugo Fredette. Je n’ai jamais dit non à Véronique, répète l’accusé, qui était tanné qu’elle joue au yoyo.

Quatre jours avant le drame, dans une dispute explosive, Véronique l’aurait giflé et menacé de mort.

Elle l’aurait attaqué avec un couteau

Le 14 septembre 2017, une autre chicane éclate. Elle réitère qu’elle veut vendre la maison et qu’elle est écœurée de moi. [...] Je reçois des noms et c’est sûr qu’elle crie beaucoup. [...] Pour la première fois de ma vie, je garde position. Je dis non à Véronique, je ne veux pas vendre la maison.

Véronique a crié, un cri haineux. Elle m’a poussé dans les marches. J’étais dans tous mes états. Il court derrière elle. Elle a essayé de m’attaquer avec un couteau. Avec toute la colère accumulée, les fils se sont touchés. Le chaudron a explosé.

Il s’est défendu, se souvient de lui avoir asséné un coup de couteau sur le bras. Puis c’est l’amnésie.

Son prochain souvenir le hante encore : le corps de sa femme inerte dans la cuisine.

Un enfant a assisté au drame. Pour le « protéger » et pour ne pas qu’il ait peur, Ugo Fredette quitte la résidence avec lui et le place sur la banquette arrière de sa camionnette. Il est couché dans une couverte et je roule avec lui.

La cavale commence

J’ai peur, je suis angoissé. Je me sens mal. Je trouve ça dégueulasse. Je suis sur la panique, sur la panique carrément. Ça ne se peut pas.

Ugo Fredette conduit jusqu’à une halte routière de Lachute. Il va aux toilettes dans un boisé et lorsqu’il revient à sa camionnette, il constate que l’enfant n’est plus dans le véhicule. Il l’aperçoit avec un inconnu qui lui tire les mains [...] Je pense qu’il va se faire enlever. C’est Yvon Lacasse, un automobiliste de 71 ans.

Pour « protéger » l’enfant, Ugo Fredette attrape l’inconnu par le collet et lui dit de lâcher l’enfant. Il me donne un coup au visage, brise mes lunettes et grafigne mon visage.[...] Monsieur est violent, il m’agresse. Je l’ai mal pris sous l’effet de la colère. J’ai engagé des coups de poing.

Les deux hommes se battent. J’ai des visions d’horreur de tout ce qui s’est passé. Je suis hors de moi. Ugo Fredette finit par projeter le septuagénaire au sol. Il ne se relèvera pas.

Je me sentais bien mal de ce qui venait de se passer et je voulais le mettre dans son véhicule. Ugo Fredette part au volant de la voiture d’Yvon Lacasse en panique ben raide et va déposer son corps dans un « marécage ».

Arrestation en Ontario

Pendant sa cavale de près de 24 heures, Ugo Fredette sait qu’il est activement recherché par les policiers. J’ai honte, j’ai plein de regrets. En Ontario, l’étau se resserre et il est arrêté après une courte poursuite.

Il réalise l’ampleur du « cauchemar » lorsqu’il est officiellement accusé de meurtre. Je réalise que ma blonde est vraiment morte. Je ne savais pas qu’elle était morte en partant de chez nous.

Ugo Fredette espère convaincre le jury qu’il n’avait pas l’intention de tuer les deux victimes et qu’il s’agit d’homicides involontaires.

Le ministère public procédera au contre-interrogatoire de l’accusé de 43 ans vendredi.

Grand Montréal

Procès et poursuites