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  • Archives
  • Diane Dufresne : une artiste libre et authentique

    Diane Dufresne sur scène dans une robe dorée.

    Diane Dufresne lors de son spectacle «Hollywood-Halloween» au Forum de Montréal en 1982

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    La chanteuse Diane Dufresne a célébré ses 75 ans le 30 septembre dernier. L'occasion de revenir en archives sur la carrière de cette artiste singulière empreinte d'excentricité et de passion pour la scène.

    Les débuts dans la Ville Lumière

    Diane Dufresne chante d’abord à Montréal. Comme sa carrière ne démarre pas au rythme où elle le souhaite, elle décide de tenter sa chance en France.

    À 20 ans, elle s’embarque pour Paris. Elle perfectionne sa voix en compagnie de Jean Lumière et commence à se produire dans les cabarets de la Rive gauche.

    Aujourd’hui, 6 février 1967

    Nos premières images datent de 1967. Dans le cadre de l’émission Aujourd’hui, la journaliste Martine de Barsy la rencontre au cabaret de l’Écluse, où elle répète la chanson La marquise coton.

    Elle parle du répertoire canadien qu'elle adore, de son cheminement et de l'accueil plus que chaleureux de la critique parisienne.

    Le public parisien est exigeant, mais avec un répertoire issu de paroliers comme Vigneault, Léveillée et Ferland, la chanteuse sait conquérir les cousins français.

    J’aime me battre. […] Mes chansons, je les aime tellement qu’il faut que je gagne le public absolument et j’ai les armes qu’il faut. Les chansons canadiennes sont tellement belles.

    Diane Dufresne

    Très tôt célébrée par les critiques les plus sévères, tel Jean Monteaux d’Arts Loisirs, la chanteuse est portée au rang des plus grandes, même si elle ne s’est produite que dans de petites salles.

    Cette reconnaissance lui fait peur, mais l’encourage aussi.

    L’éclosion d’une rockeuse

    Au tournant des années 1970, Diane Dufresne revient au Québec. Elle participe au spectacle Les Girls en compagnie de Clémence DesRochers et collabore avec les compositeurs Luc Plamondon et François Cousineau.

    Son premier microsillon, Tiens-toé ben, j’arrive!, paru en 1972, obtient un succès fulgurant. C’est le début d’une aventure déjantée qui révélera l’immense talent de l’artiste pour enflammer une scène.

    Après avoir électrisé la Place des Arts en 1973, elle retourne à Paris, cette fois pour y donner un spectacle à l’Olympia.

    Appelez-moi Lise, 8 octobre 1973

    À l’émission Appelez-moi Lise du 8 octobre 1973, la journaliste Denise Bombardier recueille ses impressions ainsi que celles d’artistes présents à cette première.

    Avec ses cuissardes scintillantes et son t-shirt à fleur de lys, elle chante L’homme de ma vie, Rock pour un gars d’bicycle et plusieurs autres succès où son cri, qui prend aux tripes, rappelle celui de Janis Joplin.

    À la suite de cette prestation sentie, Diane Dufresne reçoit les éloges des chanteuses Nana Mouskouri et Régine Zylberberg, qui admirent son authenticité et son audace.

    J’ai été prise dès le début. Je trouve qu’elle a une personnalité fantastique et en plus de ça elle chante tellement bien avec son cœur. C’est tellement différent, tellement elle. Elle a tellement de personnalité.

    Nana Mouskouri

    55 000 fans vêtus de rose et la magie opère

    Le 17 août 1984, Diane Dufresne devient la première artiste québécoise à donner un spectacle au stade olympique de Montréal.

    Ce soir, 17 août 1984

    Magie rose attire 55 000 personnes. Pour le bulletin Ce soir, le journaliste Paul Toutant assiste à cette prestation, qu’il qualifie de réussite totale au plan visuel. « On ne peut qu’éprouver une très grande admiration pour cette femme qui a le courage de sa démesure. »

    Le public était appelé à participer au déploiement de la magie en portant du rose. La réponse a été exceptionnelle.

    Quand la star est arrivée sur une piste d’atterrissage avec sa robe rose dont la traîne était aussi longue que le stade, ç'a été l’hystérie.

    Paul Toutant

    Un spectacle symphonique qui en amènera d’autres

    Le 26 mars 1988, au Téléjournal, Paul Toutant assiste au concert Symphonique n'roll, donné au Colisée de Québec.

    Téléjournal, 26 mars 1988

    Accompagnée de l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ), la voix de la diva envoûte le public venu célébrer les 85 ans de l’OSQ.

    La robe symphonique de l'interprète, ornée de dizaines d'instruments de musique, « était tout simplement grandiose ».

    Diane Dufresne aimera beaucoup travailler avec des musiciens d’orchestres symphoniques. Elle sortira de sa zone de confort, allant jusqu’à interpréter du Malher et du Rossini. Elle chantera les mélodies de Kurt Weill orchestrées par Yannick Nézet-Séguin.

    Au cours des années 1990 et 2000, l’artiste commencera à écrire ses propres chansons et s’entourera également d’auteurs-compositeurs jeunes pour rester à l’avant-garde. La cause de l’environnement deviendra son principal cheval de bataille.

    La célébration de ses 75 ans en compagnie des orchestres symphoniques de Montréal, de Québec et d’Ottawa permet à son public d’apprécier une voix plus enveloppante et grave, peut-être la voix de la sagesse.

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