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La discrimination des aînés plus présente qu'on le pense au Canada

Les mains d'une personne âgée tiennent une canne.

Le dépôt d'un projet de loi indépendant à l'Assemblée législative du Manitoba proposera la création d'un système d'alerte pour avertir la communauté quand un aîné vulnérable a disparu.

Photo : iStock

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le 1er octobre était célébrée la Journée nationale des aînés à travers le Canada. À cette occasion, la professeure et chercheuse au Centre de recherche sur le vieillissement de l’Université de Sherbrooke Mélanie Levasseur réaffirme la place des anciens, qu'elle dit être souvent discriminés et infantilisés dans la société.

L’âgisme est le préjugé le plus toléré au Canada, affirme Mélanie Levasseur. On a fait beaucoup d’avancement sur le racisme et le sexisme, mais on ne peut pas en dire autant sur l’âgisme.

Cette discrimination fondée sur l’âge, poursuit-elle, se traduit par des gestes et des attitudes hostiles envers les aînés. La chercheuse mentionne qu’au Canada, près de deux aînés sur trois sont infantilisés, maltraités ou vus comme un fardeau. Cette discrimination contribue à leur exclusion sociale et peut avoir des conséquences sur l’état de santé.

Elle occulte leur place et leur implication dans la société, donc cela n’a pas de conséquences uniquement pour les aînés, mais pour la société elle-même, dit Mélanie Levasseur, en mentionnant leurs contributions bénévoles, activités et expertises.

Selon la chercheuse, ce problème est d’autant plus important puisque le nombre de personnes de plus de 65 ans s’accroît de façon « spectaculaire » à l’échelle du pays.

Selon Statistique Canada, leur proportion devrait dépasser celle des enfants de 14 ans et moins pour la première fois d’ici 2021.

La directrice générale de la Fédération des aînés de la francophonie manitobaine (FAFM), Lucienne Châteauneuf, confirme que cette discrimination des aînés est présente au Manitoba.

Dans les rencontres de la communauté, on parle beaucoup de la relève et des jeunes. Je n’ai rien contre les jeunes, mais parfois on oublie que nos aînés ont encore des choses à apporter dans la société.

Une citation de :Lucienne Châteauneuf, directrice générale de la Fédération des aînés de la francophonie manitobaine

L’un des mandats de la FAFM est de sensibiliser les gens à cette discrimination des aînés, en organisant des réunions et des projets intergénérationnels. L’organisme rassemble 1200 membres francophones de 55 ans et plus au Manitoba.

Lucienne Châteauneuf mentionne également la perte de la langue comme un défi auquel les aînés font parfois face, surtout dans les régions rurales.

Si personne n’est là pour communiquer avec eux en français, d’autres bobos vont ressortir, que ce soit en santé mentale ou en santé physique, affirme-t-elle.

Redonner une place aux aînés

Pour que les choses changent, Mélanie Levasseur invite les Manitobains à changer leur façon de voir le vieillissement. Il faut prendre conscience des perceptions négatives que l’on a sur l’âge et donner une place aux aînés dans la société, dit-elle.

C’est difficile pour eux de se projeter dans la communauté, plusieurs voudraient davantage participer, mais on les coupe dans leurs élans, notamment parce qu’ils ont besoin d’accompagnement, ajoute la chercheuse de l'Université de Sherbrooke.

Au Manitoba, les aînés sont célébrés pendant tout le mois d'octobre. Lucienne Châteauneuf encourage les Manitobains à aller à leur rencontre et à leur tendre la main.

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