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Prix GG : la région brille avec 4 finalistes francophones

Les jurys des Prix littéraires du Gouverneur général ont sélectionné 35 titres dans chacune des deux langues officielles.

Les photos des finalistes sont présentées dans des cadres accrochés sur un mur turquoise.

Edem Awumey, Madeleine Stratford (en haut), Mishka Lavigne (au centre) et Lisa L'Heureux

Photo : Radio-Canada

Valérie Lessard

Le romancier Edem Awumey, les autrices de théâtre Lisa L'Heureux et Mishka Lavigne ainsi que la traductrice Madeleine Stratford figurent parmi les 70 nommés en lice pour un Prix GG cette année.

Lisa L'Heureux et Mishka Lavigne ont été respectivement sélectionnées pour les textes de leur pièce Et si un soir et Havre.

Gros plan sur le visage d'une femme aux longs cheveux roux et aux yeux clairs.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lisa L'Heureux a signé la pièce « Et si un soir ».

Photo : Gracieuseté Mathieu Girard

Chaque nomination vient comme une surprise, car non, je ne m'y habitue pas. [...] Ça va me prendre du temps à encaisser celle-ci, a confié Lisa L'Heureux, dont Et si un soir a notamment récolté un Prix Trillium, plus tôt cette année.

L'Ottavienne se dit immensément fière d'être reconnue de la sorte par ses pairs. Elle se déclare tout aussi reconnaissante et tient à partager sa nomination.

Et si un soir ne s'est pas écrit juste par moi. C'est une œuvre que j'ai commencé à écrire en 2013 et qui a été marquée par chaque rencontre, avec d'autres artistes et les membres du public. Pendant deux ans, j'ai été choyée de travailler avec une équipe d'êtres lumineux et extraordinaires qui ont porté cette création avec moi. Cette nomination est aussi la leur, a-t-elle soutenu.

Cinq femmes finalistes en théâtre

Après des années à observer un manque de parité tant chez les finalistes que chez les lauréats dans cette catégorie en particulier, Mishka Lavigne se réjouit que cinq femmes soient aujourd'hui dans la course.

Sur cette photo en noir et blanc, une femme aux longs cheveux foncés et portant un haut noir sans manche regarde la caméra le visage tourné vers la droite.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mishka Lavigne, l'autrice de « Havre ».

Photo : Gracieuseté Jonathan Lorange

Pour gagner le prix du GG, il faut être publié. Pour qu'un texte de théâtre soit publié, il faut qu'il soit joué. [...] C'est vraiment difficile pour les femmes, qui représentent encore un faible pourcentage des pièces qu'on présente sur scène. [...] C'est toujours pas la parité sur scène, mais c'est quand même [...] un très bel honneur que cette année, ce soit seulement des femmes qui soient nominées (sic) dans cette catégorie. Ça fait beaucoup de bien, a-t-elle fait valoir.

La Gatinoise espère maintenant que cette nomination lui donne l'occasion de voir Havre être finalement produite dans la région d'Ottawa et de Gatineau, après avoir été créée à Saskatoon, jouée en Suisse, traduite et présentée en anglais à Chicago ainsi qu'en allemand.

L'honneur de traduire une histoire importante

La traductrice d'Ottawa, Madeleine Stratford, est pour sa part de nouveau finaliste, cette fois pour son travail sur le roman The Marrow Thieves, devenu Pilleurs de rêves en français, de l'autrice métisse Cherie Dimaline.

Une femme aux cheveux roux mi-longs sourit à la caméra. Elle porte un chandail rayé et est debout devant des fenêtres, dans un corridor.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La traductrice Madeleine Stratford.

Photo : Gracieuseté Université du Québec en Outaouais

C'est comme être aux Oscars. Les traducteurs, on n'a pas beaucoup de prix qui sont juste pour nous et c'est une des rares fois où on se sent à l'avant-scène, a soutenu Mme Stratford.

Elle se dit particulièrement honorée d'avoir été approchée pour traduire la dystopie de Cherie Dimaline, couronnée du Prix GG en littérature jeunesse, en 2017, dans sa version originale.

En traduction, c'est tous genres confondus, aux Prix du Gouverneur général. Et il est quand même assez rare que des livres jeunesse se retrouvent parmi les finalistes, a d'ailleurs tenu à préciser Madeleine Stratford.

Or, selon la traductrice, il serait particulièrement réducteur de considérer Pilleurs de rêves comme étant seulement un livre jeunesse. Ça serait réducteur de dire que les Harry Potter sont des textes uniquement jeunesse. C'est de cette trempe-là, ce [que Cherie Dimaline] a écrit. Ça a ce potentiel-là, a-t-elle renchéri.

Une première nomination pour Edem Awumey

Le Togolais d'origine portant des lunettes prend la pose en appuyant son menton sur son avant-bras droit.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le romancier Edem Awumey.

Photo : Gracieuseté de Jean-Marc Carisse

Mina parmi les ombres permet au Togolais d'origine et Gatinois d'adoption Edem Awumey de décrocher une première nomination à titre personnel, dans la catégorie Romans et nouvelles. L'an dernier, Phyllis Aronoff et Howard Scott avaient été couronnés pour leur traduction en anglais d'Explication de la nuit, le quatrième titre de M. Awumey, publié en version originale en 2013.

Dans Mina parmi les ombres, il est notamment question de théâtre, de ce lieu de rébellion, de résistance où l'on vient récupérer une parole libre et forte ouvrant un espace de dialogue franc avec l'autre.

Je reviens toujours à cette tendance actuelle où on est dans une construction de discours politiques assez mensongers où on n'explique pas. [...] Parce qu'on veut gagner des votes, on va simplifier les choses, on va raconter de vrais mensonges. Je crois que, plus que jamais, la littérature peut permettre d'aller dans le fond des choses, parce que, finalement, c'est cela : aller à l'encontre de tous ces discours négatifs qui vont dire la différence comme un danger [et non comme] un partage, a soutenu Edem Awumey.

Par ailleurs, le directeur artistique du Théâtre autochtone du Centre national des arts et auteur Kevin Loring se taille une place parmi les finalistes de langue anglaise, pour sa pièce Thanks for Giving.

Les lauréats des Prix GG 2019 seront connus le 29 octobre prochain.

Ottawa-Gatineau

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