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La rémunération des médecins spécialistes sera réduite, assure Legault

Un médecin dans un corridor d'hôpital.

Selon le gouvernement Legault, il faut corriger une situation « gênante » héritée du gouvernement libéral de Philippe Couillard.

Photo : Shutterstock

Québec ira de l'avant avec l'abaissement des salaires des médecins spécialistes afin de les ramener à 9 % sous la moyenne nationale, à l'instar des autres professionnels au Canada, a promis le premier ministre mercredi.

Au moment où la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) soutient que l'État doit respecter l'entente signée sous le gouvernement Couillard, le premier ministre martèle que le dossier est une question d'« équité ».

En mêlée de presse à l'Assemblée nationale, François Legault a ainsi réitéré son engagement, pris en campagne électorale, de rouvrir l'entente signée entre les médecins spécialistes et le gouvernement libéral, en vertu de laquelle ils avaient obtenu un rattrapage salarial particulièrement important.

Je pense que la population souhaite de l'équité; c'est gênant, ce qui a été fait par le gouvernement libéral, de donner des augmentations de 50 % 60 % aux médecins spécialistes, [au coût de] milliards de dollars.

François Legault, premier ministre du Québec

Le chef caquiste n'a toutefois pas indiqué s'il souhaitait toujours, comme indiqué en campagne à l'automne 2018, aller récupérer ainsi un milliard de dollars.

Je ne négocierai pas sur la place publique, a-t-il martelé à plusieurs reprises, tout en affirmant que des études préliminaires, réalisées par l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), montraient que le gouvernement avait donné un milliard de trop par année.

Si le premier ministre va de l'avant avec son plan dans ce domaine, les médecins spécialistes pourraient être touchés par des compressions salariales de l'ordre de 20 %, selon les informations obtenues par Radio-Canada.

Pour Diane Francoeur, présidente de la FMSQ, la déclaration, ce matin, de M. Legault d'aller de l'avant avant la publication des chiffres de l'ICIS est une surprise totale.

Nous, le Conseil du trésor, le ministère de la Santé, on s'était entendu que les chiffres n'étaient pas représentatifs et que nous n'allions pas les utiliser (avant de les avoir retravaillés) et M. Legault le savait

Diane Francoeur

Les plus récents documents produits par cet Institut, qui datent de la fin du mois dernier, indiquent que les salaires des spécialistes sont de 14 % supérieurs à la moyenne nationale, soit un peu plus de 428 000 $ par année, contre 375 000 $ dans le reste du pays.

Le prochain rapport de l'ICIS, est attendu pour décembre. La FMSQ aurait toutefois aimé que l'on retravaille les chiffres pour, entre autres, y retrouver des précisions sur la productivité des médecins spécialistes québécois.

Des données déjà disponibles

Or, autant M. Legault que le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, ont indiqué mercredi avant-midi que « tous les chiffres » du nouveau rapport de l'ICIS « sont disponibles », et que le gouvernement n'avait donc pas besoin d'attendre la publication de l'analyse de l'Institut pour aller de l'avant avec les négociations.

Les médecins spécialistes ont également accès aux données de l'ICIS, a fait savoir le premier ministre.

La FMSQ a d'ailleurs répliqué à M. Dubé, sur Twitter, en soutenant que les tableaux reçus n'ont pas été validés ni discutés avec les équipes du Conseil du Trésor, de la FMSQ et de l'ICIS.

Soyons sérieux!, a ajouté la Fédération sur le réseau social.

Un peu plus tôt dans la journée, au micro de Tout un matin, Mme Francoeur rappelait qu'une entente avait été signée avec Québec, et ce, jusqu'en 2023.

La seule façon de rouvrir l'entente, ce serait avec une loi spéciale; M. Legault l'a fait en 2002, ça a créé un chaos total dans le réseau, je ne pense pas qu'on ait besoin de ça, a ajouté Mme Francoeur.

Selon elle, cette volonté de la Coalition avenir Québec (CAQ) de réduire les salaires des médecins spécialistes n'a absolument aucun sens.

Québec déterminé à respecter ses engagements

C'est certain que la FMSQ va dire que l'étude doit être examinée sous un angle différent pour tenir compte de tous les paramètres, a concédé M. Legault.

C'est complexe, c'est pour ça que je ne veux pas commencer à parler de chiffres, a-t-il expliqué.

Le premier ministre s'est également défendu de chercher la confrontation avec la FMSQ en évoquant dès le départ le recours à une loi spéciale, s'il ne parvenait pas à obtenir gain de cause dans ce dossier.

Je ne cherche pas la confrontation, mais l'équité, a-t-il soutenu.

Du côté de Christian Dubé et de sa collègue à la Santé, Danielle McCann, on mentionne également que François Legault ne cherche pas à mettre la FMSQ au pied du mur, mais qu'il s'agit plutôt de la preuve que « le premier ministre écoute la population ».

Il a pris un engagement envers la population dans ce dossier; on veut réaliser nos engagements.

Danielle McCann

Cette dernière n'a pas non plus voulu dire si la volonté gouvernementale de ramener le salaire des médecins à 9 % sous la moyenne nationale impliquait d'augmenter la rémunération d'autres professionnels de la santé, comme les infirmières, pour respecter cette même comparaison.

Nous entrons dans une période de négociations du Conseil du Trésor [avec la fonction publique]. Nous sommes impliqués dans le processus, mais on ne va pas s'avancer aujourd'hui, a dit la ministre.

En attendant l'avancement des négociations, l'ambiance n'est pas au beau fixe à la FMSQ, souligne Diane Francoeur.

« Nos membres sont un peu découragés », a-t-elle fait savoir.

Pendant quatre ans, on s'est battus avec le gouvernement libéral, le réseau s'est détérioré au maximum, on a des bris de service en région, on a perdu du personnel, les infirmières sont parties, se faire soigner à Montréal est devenu extrêmement complexe... Est-ce qu'on va encore partir en guerre? Il n'y a pas un seul médecin spécialiste, incluant moi, qui veut ça. Nous, on veut travailler plus, a-t-elle ajouté.

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