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Analyse

L'aide internationale selon Andrew Scheer : un petit air de déjà-vu

Andrew Scheer en conférence de presse, devant une rangée de drapeaux canadiens.

Andrew Scheer promet de sabrer de 25 % l'aide étrangère offerte par le Canada.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En 2010, le gouvernement de Stephen Harper coupait l'aide à l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), en accusant l'agence d'avoir des liens avec le Hamas et d'être proche des terroristes. Par la suite, la décision a été infirmée par le gouvernement Trudeau, qui alléguait qu'il préférait voir les enfants sur les bancs d'école plutôt que dans la rue.

Andrew Scheer entend, comme son prédécesseur, couper le financement à l'UNRWA.

En 2011, Stephen Harper mettait sur pied un Bureau de la liberté de religion, qui devait protéger les minorités religieuses partout dans le monde. Les troupes libérales l'ont fermé, disant préférer promouvoir la liberté de religion selon une « vision plus globale ».

Andrew Scheer promet de rouvrir le Bureau.

En 2009, Stephen Harper limitait grandement le nombre de pays bénéficiaires de l'aide canadienne, ciblant 20 pays comptant pour 80 % du financement.

Andrew Scheer veut lui aussi limiter le nombre de pays aidés, en donnant un coup de pouce seulement à ceux dont l'indice de développement est le plus faible, soit une cinquantaine.

Stephen Harper a adopté une politique étrangère favorable à Israël.

Andrew Scheer pousse un cran plus loin en promettant de déménager l'ambassade canadienne en Israël à Jérusalem, comme l'ont fait récemment les États-Unis de Donald Trump.

Notre dossier Élections Canada 2019

Déjà-vu

Andrew Scheer n'aime pas beaucoup se faire comparer à son prédécesseur. Cette élection est entre Justin Trudeau et moi-même, a-t-il répété au moment de dévoiler ses promesses en matière de politique étrangère.

Mais force est de constater que sa plateforme sur l’aide humanitaire s'inspire grandement de celle de l'ancien premier ministre conservateur... et va même plus loin.

En 2010-2011, alors que Stephen Harper était au pouvoir depuis quatre ans, le Canada dépensait 0,34 % de son revenu national brut en aide internationale.

Les conservateurs, puis les libéraux, ont fait tomber ce ratio à 0,28 %, malgré la promesse de Justin Trudeau que le Canada serait « de retour » sur la scène internationale... bien loin de la cible de 0,7 % fixée par les Nations unies. Loin également de la moyenne de l’OCDE, qui se situe autour de 0,31 %.

Andrew Scheer ferait reculer ce ratio davantage, puisqu'il veut couper le quart de l'aide canadienne, afin d'économiser 1,5 milliard de dollars. Selon toute vraisemblance, le Canada atteindrait alors son plus bas niveau d’aide humanitaire depuis 1965.

Le chef conservateur mise sur le fait que sa base électorale ne lui reprochera pas de vouloir sabrer l’aide humanitaire… et pourrait même voir cette initiative d’un bon oeil. Plusieurs seront bien d'accord avec l'argument qu'il faut d’abord s’occuper des Canadiens avant d’envoyer nos dollars à l’étranger.

Mais si le chef conservateur avait la bénédiction d'une partie des Canadiens, la pilule pourrait être plus difficile à faire avaler à nos alliés sur la scène internationale.

Comment justifier qu'en période de croissance économique, le Canada ne fournisse pas sa part d'efforts?

Nécessairement, c’est la place du Canada dans le monde qui en pâtirait. Et nos relations diplomatiques qui en prendraient pour leur rhume.

Mais Andrew Scheer a le mérite d’être clair. Il s’assume pleinement quand il affirme que sa priorité, c’est le portefeuille des Canadiens, plutôt qu’un siège au Conseil de sécurité de l’ONU.

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