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Plus de médecins pour l'est de Montréal

Les bras d'un médecin et de sa patiente

Des experts qualifient de désert médical l'arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

Photo : iStock

Davide Gentile

L’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve est un des endroits les plus mal pourvus en médecins dans l’est de la métropole. Toutefois, l’arrivée de 14 médecins d’ici février 2020 permettra de doubler les effectifs au CLSC de Hochelaga-Maisonneuve et d’ouvrir un groupe de médecine familiale. Cela laisse entrevoir une amélioration de la situation.

Plusieurs patients sont orphelins dans ce quartier de l'est de Montréal. J'en cherche un depuis que mon médecin a pris sa retraite, affirme Carole, qui entre au CLSC en fauteuil roulant. Le quartier manque de médecins et ceux qui partent à la retraite ne sont pas remplacés.

Des experts qualifient l'arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve de désert médical. Mais pour la première fois depuis longtemps, il semble y avoir un peu d'espoir.

On reçoit huit médecins cette année et six au début de 2020, ce qui va créer une masse critique.

Sylvain Lemieux, directeur général du Centre de santé et de services sociaux de l'Est-de-l'Île-de-Montréal

M. Lemieux explique que ces médecins ne pourront pas quitter rapidement pour un autre quartier de la métropole. Le droit de pratique est octroyé exclusivement pour Hochelaga-Maisonneuve, précise-t-il.

C'est donc environ 14 médecins de plus sur le territoire. Ils seront regroupés au sein d'un groupe de médecine familiale. Ces cliniques comptent non seulement des médecins, mais aussi des infirmières et des travailleurs sociaux, par exemple. Ça permet une prise en charge plus globale de la santé de la population, explique-t-on.

Ce concept a attiré Christine Ouellette. La médecin de 28 ans souhaitait travailler dans un milieu comme Hochelaga-Maisonneuve, où les patients vulnérables font partie du quotidien.

Ça fait deux semaines que j'ai commencé, mais je vois beaucoup d'isolement social et des problèmes de santé mentale.

Christine Ouellette, médecin

Christine Ouellette possède une formation en toxicomanie, un outil qui sera utile dans ce quartier. Mon but, comme médecin de famille, c'était d'aller où il y a des besoins , raconte-t-elle.

Elle n'aura pas de difficultés à trouver des patients. Plus de 20 000 personnes de ces quartiers attendent au guichet d'accès à un médecin de famille. On m'a même conseillé, à la ligne téléphonique, de continuer mes recherches personnelles parce qu'il y aurait deux ans et demi d'attente , raconte une mère de famille rencontrée dans le quartier.

L’afflux de nouveaux médecins devrait permettre au quart des patients orphelins, au minimum, de se trouver un médecin. Mais étant donné la situation, on est loin d'avoir résolu le problème. Seulement 67 % de la population de Hochelaga-Maisonneuve a un médecin de famille, alors que la moyenne québécoise est de 81,2 %.

J'espère sincèrement qu'on va sortir du désert médical , affirme Julie Bélanger, médecin au CLSC d'Hochelaga-Maisonneuve depuis 2015. Les recrues et la création d'un groupe de médecine familiale sont, selon elle, un grand pas dans la bonne direction.

Toutefois, Mme Bélanger rappelle qu'on évalue qu'il manque de 70 à 80 médecins dans l'est de Montréal. Donc, vous comprenez que 14 c'est extraordinaire. Mais ça nous en prend encore plus! Elle affirme que travailler dans Hochelaga-Maisonneuve avec la clientèle moins nantie est enrichissant. C'est gratifiant de les voir rebondir à travers les outils qu'on peut leur donner, dit la médecin.

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Grand Montréal

Établissement de santé