•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Toronto veut réglementer les trottinettes électriques avant de les autoriser

Des trottinettes électriques alignées les unes à côté des autres.

Les usagers des trottinettes électriques à Edmonton n'ont pas le droit de rouler sur les trottoirs.

Photo : Radio-Canada / David Bajer

Rozenn Nicolle

Alors que la province souhaite rendre légale l’utilisation des trottinettes électriques sur une période d’essai de cinq ans, la Ville de Toronto veut, de son côté, se doter de règlements pour ce nouveau moyen de transport.

Ce mercredi, le Comité de l’infrastructure et de l’environnement présentera au conseil municipal ses conclusions quant au déploiement des trottinettes électriques dans la métropole. Celui-ci encourage notamment un règlement municipal pour continuer à interdire ces petits véhicules le temps de pouvoir établir une réglementation.

Bien que les modifications apportées par la province au Code de la route permettront probablement aux particuliers d’utiliser des trottinettes électriques, il est essentiel, du point de vue de la sécurité et de l’accessibilité, que la Ville ait le pouvoir de réglementer tout déploiement massif de scooters électriques sur une base commerciale (comme des trottinettes en libre-service) par un système de permis, peut-on lire dans le document transmis par le comité au conseil municipal.

Ce document recommande également plusieurs restrictions comme l’interdiction de circuler sur les trottoirs et dans les rues piétonnes, ainsi que l’interdiction de stationner, d’entreposer ou d’abandonner une trottinette électrique sur ces voies-là.

Deux associations commerçantes appuient la réglementation

L’Association des commerçants du quartier financier de Toronto a appuyé le compte-rendu du comité. Tout avance très vite, souligne son directeur général, Grant Humes. Pour lui, en dépit du feu vert de la province, la Ville de Toronto doit prendre le temps de se préparer.

Je pense que c’est important pour tout le monde d’avoir cette discussion, dit-il. Il s’agit d’une nouvelle forme de mobilité que l’on introduit dans une zone urbaine très peuplée et très occupée.

Introduire cette forme motorisée de transport, qui peut potentiellement atteindre la vitesse de 30 km/h, sur les trottoirs d’une zone aussi achalandée que la nôtre avec, par moments, des milliers de piétons à l’heure, n’est probablement pas approprié.

Grant Humes, directeur général, Association des commerçants du quartier financier de Toronto

Il s’attend à ce que le conseil aille dans le sens du comité et prenne le temps nécessaire pour évaluer et décider des règlements municipaux à adopter avant d’autoriser les trottinettes électriques à circuler.

L’Association des commerçants du quartier du divertissement a elle aussi manifesté son soutien aux conclusions du comité dans une lettre au conseil municipal.

Des trottinettes en libre-service dans le viseur

Ces éventuels règlements municipaux viendraient s’ajouter à ceux de la province, qui prévoient, entre autres, un âge minimum légal de 16 ans, un casque obligatoire pour les mineurs, une vitesse maximale de 32 km/h et l’interdiction de passager sur les trottinettes.

En plus de concerner les Torontois qui veulent en acquérir, les décisions du conseil porteront sur l’utilisation de trottinettes libre-service qui veulent s’implanter dans la Ville Reine.

C’est notamment le cas de Bird Canada, qui a déjà installé ses appareils dans les villes de Calgary et Edmonton plus tôt cette année.

Des trottinettes électriques stationnées sur un trottoir.

Des trottinettes électriques de l'entreprise Bird sur l'avenue Whyte à Edmonton.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Un projet pilote s’est même tenu dans le quartier de la Distillerie en septembre dernier. Selon son président, Stewart Lyons, une ville congestionnée comme Toronto ne pourrait que bénéficier d’un tel service. Nous arrivons avec une solution respectueuse de l’environnement qui réduit la circulation automobile, avance M. Lyons.

Typiquement, dans les villes où nous sommes implantés, 30 % des trajets effectués en trottinettes remplacent des trajets en voiture ou en covoiturage

Stewart Lyons, président, Bird Canada

Et concernant les craintes quant aux trottinettes abandonnées ailleurs qu’à leur stationnement, M. Lyons dit avoir appris des situations dans d’autres grandes villes en Amérique et en Europe et avoir désormais un système de GPS permettant de traquer ces engins et d'avoir des équipes désignées pour les récupérer.

Un homme debout à l'extérieur sur le trottoir devant des trottinettes.

Le président de Bird Canada, Stewart Lyons

Photo : CBC/Scott Neufeld

M. Lyons s’attend toujours à lancer son produit sur le marché torontois au printemps.

Selon lui, la Ville devrait avoir un plan d’ici la fin de l’année. Il croit que les discussions pour répondre aux objections des conseillers municipaux et adapter les services de Bird devraient porter leurs fruits.

Toronto

Politique municipale