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Le MTQ incapable d'empêcher la détérioration des routes, conclut un rapport

Travaux routiers (archives)

Photo : Radio-Canada

Jonathan Lavoie

Le ministère des Transports (MTQ) sera incapable « d’empêcher que l’état du réseau routier et des structures se détériore dans les prochaines années », selon un comité d’experts indépendants.

Le MTQ doit notamment composer avec les changements climatiques qui accélèrent le vieillissement des infrastructures, la pénurie de main-d’oeuvre, l'inflation du coût des travaux et le nombre toujours grandissant de nouveaux projets à réaliser.

Face à ces défis de taille, le comité d'experts conclut que le ministère n’est pas en position d’effectuer annuellement un volume suffisant de travaux d’entretien et de réparation, peut-on lire dans le document récemment mis en ligne.

Les auteurs notent également que le déficit de maintien du réseau routier est passé de 11,8 milliards en 2015, à 16,5 milliards de dollars en 2019, un bond de 40 %.

Si les experts qui signent le rapport parlent de données inquiétantes, l’Association des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) ne prédit rien de moins qu'une catastrophe.

On a coupé les budgets de surveillance pour les gens qui inspectent les structures, et là, le comité d’experts nous dit qu’on a des problèmes avec notre capacité organisationnelle, s'indigne son président, Marc-André Martin, qui dit craindre une nouvelle tragédie comme l'effondrement du viaduc de la Concorde, qui a fait 5 morts en 2006.

« Tous les éléments sont réunis pour une catastrophe à moyen terme », insiste-t-il.

Le président  l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec, Marc-André Martin, photographié dans un bureau.

Le président de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec, Marc-André Martin

Photo : Radio-Canada

Il dénonce au passage le récent gel d’embauche et la limitation des heures supplémentaires décrétées par le ministère en plein blitz de fin de travaux.

Si les gens trouvaient que les routes n’étaient pas belles en 2019, attendez de voir en 2020.

Marc-André Martin, président de l'Association des ingénieurs du gouvernement du Québec

Manque d’expertise à l’interne

L’AIGQ souligne que malgré les recommandations de la Commission Charbonneau, le MTQ semble incapable de ramener l’expertise à l’interne.

On n’arrive pas à engager des ingénieurs d’expérience, peste Marc-André Martin. 70 % des gens qu’on engage, ce sont des ingénieurs qui n’ont pas encore d’autonomie professionnelle pour prendre des décisions.

Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) arrive au même constat au sujet des techniciens et des ouvriers de chantiers.

On n’a même pas réussi à combler les postes depuis les six dernières années au niveau des techniciens en travaux publics qui doivent supporter les ingénieurs, renchérit le président du SFPQ, Christian Daigle.

Christian Daigle, président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), et Lina Chiasson, vice-présidente exécutif national responsable de la mobilisation, s'adressent aux médias.

Christian Daigle, président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), et Lina Chiasson, vice-présidente exécutif national responsable de la mobilisation, s'adressent aux médias.

Photo : Radio-Canada / Félix Morrissette Beaulieu

Les deux syndicats pressent le gouvernement de ramener l’expertise au sein du ministère, puisque l’interne est toujours moins cher que l’externe.

Selon l’AIGQ et le SFPQ, la seule façon d’embaucher de nouveaux ingénieurs et de nouveaux ouvriers qualifiés serait d’augmenter les salaires, puisque le gouvernement n’arrive pas à être compétitif avec le secteur privé.

Défi de taille

Le ministère des Transports admet que le retard dans le maintien des infrastructures routières est énorme et qu’il faudra plusieurs années pour corriger le tir, mais il invite à la prudence.

Pour le viaduc de la Concorde, il faudrait aller voir l’historique réel de ce qui s’est passé dans les années 1960 à l’époque de la construction, plaide-t-il, en rappelant que toutes les infrastructures du Québec sont inspectées au moins tous les quatre ans.

Il ne faut pas non plus faire peur aux gens. Il y a des défis qui sont immenses, mais on assure la sécurité.

Guillaume Paradis, porte-parole du ministère des Transports du Québec

Le MTQ souligne aussi que les investissements dans le réseau routier prévu au plan québécois des infrastructures ont été bonifiés de plus de 4 milliards de dollars pour la période 2019-2029.

La quasi-totalité de cette somme sera consacrée à l’entretien du réseau.

Ça devrait nous permettre de faire les travaux qui sont nécessaires, estime Guillaume Paradis.

Avec les informations de Nicolas Vigneault

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