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La jeunesse francophone, un électorat diversifié

Montage photo de jeunes assistant à une conférence.

Les jeunes et la campagne électorale

Photo : Radio-Canada

Gavin Boutroy

Environnement, droits des personnes LGBTQ2, relations environnementales et droit des personnes autochtones : la jeunesse francophone de l’Ouest a une grande variété de priorités électorales qui dépassent souvent la seule question de la langue.

Les jeunes représentent un bassin d’électeur très gros, mais il y a aussi un gros taux d’abstention, résume Guillaume Deschênes-Thériault, doctorant à l’école d’études politiques à l’Université d’Ottawa. Il se spécialise dans les politiques liées aux communautés francophones en situation minoritaire au Canada.

D'après lui, il ne faut pas parler d’un vote unifié chez les jeunes, et encore moins chez les jeunes francophones.

Quelqu’un qui va apporter plus un poids à l’environnement dans le choix de son vote va peut-être voter de manière différente que quelqu'un qui va se concentrer vraiment sur le parti qui ferait le meilleur travail pour moderniser la Loi sur les langues officielles, explique le chercheur, lui même un jeune francophone du Nouveau-Brunswick.

Ce n’est pas nécessairement incompatible l'un avec l’autre. Donc, je pense que c’est difficile de définir les jeunes d’un bout à l’autre, en tant que tels, ajoute-t-il.

Selon lui, c'est la question de la modernisation de la Loi sur les langues officielles qui pourrait avoir le plus grand impact pour la prochaine génération de jeunes francophones.

Cinq circonscriptions à surveiller

Il note que les circonscriptions où les francophones sont les plus présents dans l’Ouest sont aussi celles qui regroupent le plus grand nombre de jeunes d’expression française.

En ce sens, les circonscriptions à surveiller sont, selon lui :

  • Prince Albert, en Saskatchewan (2,6 % de francophones);
  • Fort McMurray-Cold Lake en Alberta (3,8 % de francophones);
  • Edmonton centre (2,8 % de francophones);
  • Vancouver centre (3,6 % de francophones);
  • Saint-Boniface-Saint-Vital (12,4 % de francophones).

Source : Statistique Canada

Saint-Boniface-Saint-Vital est la circonscription où les francophones ont plus grand poids dans l’Ouest canadien. C’est aussi la circonscription où l’on a eu le plus grand nombre de députés francophones de l’Ouest élus à la Chambre des communes, précise-t-il

La présence d’étudiants dans une circonscription est un facteur qui peut faire pencher le résultat vers l'un ou l'autre des candidats. Les étudiants peuvent voter dans la circonscription où ils habitent ou dans celle où se trouve leur université.

Les demandes de la FJCF

La Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF), qui représente les organismes des jeunes d’expression française dans neuf provinces et deux territoires, a publié sa Plateforme « par et pour la jeunesse », une série de souhaits et de demandes adressée aux partis fédéraux.

Dans le contexte de notre plateforme, on parle d’environnement, de nouvelle économie, de santé mentale, de connectivité, qui est un terme très large, mais qui a des objectifs précis, puis on parle d’éducation aussi, explique la présidente de la FJCF, Sue Duguay.

La présidente de la FJFNB, Sue Duguay, pose devant des oeuvres d'art.

Sue Duguay, présidente de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF)

Photo : Radio-Canada

L’environnement est la première « piste d’action ». La FJCF demande « que le gouvernement fédéral dote le Canada d’un plan d’action environnemental générationnel, et ce, de toute urgence ». Ce plan devrait bannir le plastique à usage unique et viser l'utilisation de sources d'énergie renouvelable à 100 % d’ici 2050.

La rubrique « nouvelle économie » demande au Canada de s’adapter aux nouvelles structures du monde du travail, notamment en assurant la fin des stages non rémunérés.

Sue Duguay mentionne une importante hausse de problèmes de santé mentale chez les jeunes. C’est la raison pour laquelle la FJCF réclame un Plan d’action sur la santé mentale. Celui-ci devrait améliorer l'accès aux services de soutien à la santé mentale, notamment en français.

En matière de connectivité, la FJCF demande, entre autres, l’enchâssement de l’accès à Internet dans la Charte canadienne des droits et libertés, ainsi que la modernisation de la Loi sur les langues officielles.

Finalement, en matière d’éducation, bien qu’il s’agisse d’une compétence provinciale, rappelle Sue Duguay, la FJCF recommande la création d’un ministère fédéral de l’éducation. Il s’agirait d’un ministère chargé notamment d’assurer le respect des normes d’éducation en français à travers le pays, et l'obligation de rendre des comptes par rapport à l’utilisation de fonds destinés à l’éducation en français.

Sue Duguay ajoute que la jeunesse est politisée, mais pas toujours dans le cadre électoral. Il faut être très conscient que ce que l’on voit dans les rues, dit-elle en parlant des marches pour le climat, c’est probablement un des signes politiques les plus forts que l’on pourrait voir. On parle de jeunes qui ne se connaissent pas qui se rassemblent autour d’un sujet même, puis ça, c’est justement le sujet de l’environnement.

Portraits de quatre jeunes électeurs francophones

Élizabeth Labbé, une jeune femme, dans un café.

Élizabeth Labbé

Photo : Radio-Canada

Élizabeth Labbé, la présidente de l’Association étudiante de l’Université de Saint-Boniface, à Winnipeg, dit chercher des promesses de « gestes concrets » et pas seulement des mots pour les jeunes, de la part des candidats fédéraux.

Ce que je ressens autour de moi, c’est que [les jeunes] veulent être interpellés en premier lieu. Ils veulent sentir que les chefs de parti, que les partis en général, se préoccupent de la jeunesse et se préoccupent de la jeunesse francophone spécifiquement, lance-t-elle.

Quant à la question prioritaire pour les jeunes, en ce moment on voit beaucoup l’environnement. Je pense que ça va être l’enjeu numéro un, dit-elle.


Une jeune femme dans une salle de spectacle.

Joëlle Preston

Photo : Radio-Canada

L’agente de projet au Conseil jeunesse provincial du Manitoba (CJP) Joëlle Preston affirme que « les jeunes cherchent à être inclus dans les discussions et inclus dans les solutions, ils cherchent à être pris au sérieux ». Cependant, elle ne se sent aucunement interpellée par cette campagne électorale fédérale.

Au lieu de dire : "Voici ce qu’on peut faire", c’est : "Voici ce que les autres ne font pas et les raisons pour lesquelles les autres sont pourris." Je trouve que c’est vraiment enfantin, dit-elle.

Elle est d’accord avec Elizabeth Labbé quant à l’enjeu principal pour les jeunes : C’est l’environnement, c’est la réconciliation avec les peuples autochtones bien sûr [et] un des plus grands enjeux, c’est d’unifier tous ces jeunes et d’essayer de se retrouver pour combattre les vrais enjeux au lieu de dire francophones versus anglophones.


Mathieu Jubinville, jeune citoyen passionné de la politique lors d'un Parlement jeunesse franco-manitobain.

Mathieu Jubinville

Photo : Gabriel Barnabé, PJFM

Étudiant en comptabilité et en finance et travaillant dans le secteur agricole, Mathieu Jubinville dit qu’il pense peut-être à l’élection de manière « bizarre » et reconnaît que la majorité des jeunes sont interpellés par l’environnement.

Il tient à souligner les questions des relations internationales, surtout dans le contexte de la guerre commerciale avec la Chine, notamment en ce qui concerne le canola. À l’école, nous autres, on parle beaucoup des relations internationales qu’on a notamment avec les États-Unis et la Chine, dit-il.

C’est pas juste être capable de collaborer avec d’autres pays, mais c’est aussi être capable de devenir un leader dans ces conversations-là, c’est d’être capable de représenter le canada, mais de comprendre que les intérêts d’autres pays sont importants à l'avancement du Canada et de l'Amérique du Nord en général, ajoute Mathieu Jubinville.


La jeune Janelle Campagne, toute souriante, devant l'édifice de Radio-Canada à Winnipeg.

Janelle Campagne

Photo : Radio-Canada

La militante pour la communauté franco-queer Janelle Campagne souligne l'importance de faire de la recherche sur le passé des candidats, en notant que certains ont pris position contre le mariage gai, par exemple.

Il y a plusieurs secteurs qui sont importants : la communauté LGBT, l’environnement, nos peuples autochtones, et l’éducation et la santé mentale. Je pense que c’est des enjeux qui vont tous jouer un rôle dans l’élection qui s’en vient, ajoute-t-elle.

Elle note que la communauté franco-queer souffre d’un manque de services en français, et souhaiterait voir les partis fédéraux offrir de l’aide pour créer de telles ressources.

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