•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Maladie d’Alzheimer : le médicament se fait attendre

Des radiographies d'un cerveau.

Le cerveau d'une personne souffrant de la maladie d’Alzheimer

Photo : iStock

Danny Lemieux

Espoirs déçus, promesses non tenues… À ce jour, plus de 165 molécules anti-alzheimer ont atteint la troisième phase des essais cliniques chez l’humain, l’étape avant la commercialisation. Mais aucune d’entre elles n’a pu franchir le fil d’arrivée, selon ce que nous apprend Découverte. Pourtant, en laboratoire, les résultats obtenus chez la souris présageaient un certain succès chez l’humain. De nouvelles lignées de souris pourraient changer la donne.

Seulement depuis 2018, neuf entreprises de biotechnologie ont cessé leurs essais cliniques chez des patients atteints de la maladie. La dernière de la liste, la firme Neurotrope, a cessé son essai clinique en septembre. La grande majorité des médicaments testés visaient les plaques amyloïdes, le suspect numéro 1 dans la guerre contre cette maladie.

Tous les essais cliniques qui ont essayé de façon variée d'éliminer ou d'empêcher l'accumulation de la protéine amyloïde ont eu des échecs. Donc, ça nous force à remettre en question la théorie selon laquelle la protéine amyloïde est la grande responsable.

Simon Duchesne, Centre de recherche CERVO, Institut universitaire en santé mentale de Québec

Tg2576, APP23, 5xFAD : c’est le nom de code de souris modifiées génétiquement. Elles sont toutes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Je vous le jure. On a guéri l'alzheimer de ces souris au moins une cinquantaine de fois depuis une trentaine d'années. Mais quand on a transposé ces médicaments chez l'humain, ça a complètement échoué.

Judes Poirier, directeur, programme de recherche vieillissement et maladie d’Alzheimer, Institut universitaire en santé mentale Douglas
Une souris blanche se tient sur une main gantée.

Une souris de laboratoire

Photo : Radio-Canada

Ces souris possèdent des mutations liées à la forme jeune et agressive de l’alzheimer, celle qui ne concerne que 1 % des cas recensés. Elles ne sont donc pas atteintes de la forme commune, celle qui touche 99 % des patients. Et c’est là tout le problème. Mais puisqu’on ne sait pas comment la maladie se développe chez l’humain, on peut difficilement la reproduire chez la souris.

Deux formes d’alzheimer

La maladie d’Alzheimer possède deux visages, la forme jeune et agressive et la forme commune. Leurs fondements génétiques sont bien différents.

On a longtemps pensé que ce qui se passait dans la forme jeune et agressive se produisait également dans la forme commune. Cela a teinté nos hypothèses de travail. Or, les gènes en jeu sont différents. Les thérapies doivent donc être différentes.

Judes Poirier, directeur, programme de recherche vieillissement et maladie d’Alzheimer, Institut universitaire en santé mentale Douglas

Depuis 2018, huit nouvelles lignées de souris sont mises à la disposition des chercheurs.

Plus « performantes », elles miment mieux la forme commune grâce à l’ajout de mutations qui, sans déclencher la maladie, augmentent les risques de la développer.

Mais cela prendra quelques années avant de voir les effets de ces nouvelles lignées sur la recherche et les essais cliniques.

Malgré l’échec des molécules anti-alzheimer, quatre médicaments sont proposés aux patients canadiens. La médication ne freine pas la maladie. En fait, trois des quatre molécules stimulent les neurones encore en santé. Mais, après deux ou trois ans, la maladie reprend le dessus.

Santé

Science