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Le projet de loi d'abolition des commissions scolaires passe mal dans l'Est-du-Québec

Des sacs à dos d'enfants.

Des sacs à dos d'enfants.

Photo : Radio-Canada / Édith Drouin

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des présidents de commissions scolaires de l'Est-du-Québec dénoncent leprojet de loi du gouvernement Legault qui prévoit l’abolition de leurs organisations.

Québec n'avait pas encore présenté son projet de loi mardi après-midi que les commissaires de la région dénonçaient déjà cette décision qui mettrait fin à leurs mandats en février prochain.

La présidente de la Commission scolaire des Monts-et-Marées, Céline Lefrançois, craint que les petites écoles ne souffrent de cette décision.

Elle donne en exemple le choix de garder des petites écoles ouvertes bien que les cela provoque des pertes financières. Elle croit que ce genre de décision sera terminé avec l'abolition des commissions scolaires.

On a eu une école de six élèves, on ne fait pas fortune avec ça, explique-t-elle. Alors, c’était vraiment une décision du conseil, parce que quand on ferme une petite école, c’est toute la vitalité d’une municipalité que l’on touche.

« Un conseil des commissaires, c’est redevable à la population, alors qu’un conseil d’administration, c’est redevable au ministre. »

— Une citation de  Céline Lefrançois, Commission scolaire des Monts-et-Marées

Composition proposée pour les nouveaux conseils

Si le projet de loi est adopté tel quel, les conseils des commissaires seraient remplacés par des conseils d’administration constitués de 16 membres non rémunérés : 8 parents, 4 personnes issues de la collectivité et 4 représentants scolaires.

Céline Lefrançois admet que le taux de participation provinciale de 5 % aux élections scolaires est anémique. Cependant, elle ajoute que Québec n’a rien fait pour inciter les parents à s’impliquer dans le processus démocratique.

On ne règle rien, c’est juste un débat de structure qui ne donne rien au niveau de la réussite des élèves; et ça, je trouve ça malheureux.

Jean-François Roberge.

La nouvelle loi permettra au ministre Jean-François Roberge d’imposer des regroupements de services et de déterminer des objectifs ou des cibles pour les centres de services scolaires.

Photo : Radio-Canada

Le président de la Commission scolaire des Phares, Gaston Rioux, accueille aussi avec beaucoup d'inquiétudes cette réforme.

Elle sera particulièrement négative en région, pense-t-il, car il y aura une centralisation qui ne tiendra pas compte des spécificités régionales.

Si on rend les écoles de plus en plus autonomes, ce sera une tour de Babel où 3000 écoles vont être transformées en 3000 petites commissions scolaires. Ce n'est pas une bonne voie, croit M. Rioux.

D'importantes économies?

Le gouvernement Legault croit qu'une économie de 45 millions de dollars est possible avec cette réforme. Cet argent sera réinvesti en emplois qui rendront des services aux élèves.

Le président de la Commission scolaire du Fer, Rodrigue Vigneault, ne croit tout simplement pas à ces chiffres.

« Il va y avoir une plaque tournante. Tous les six mois, il va y avoir quelqu’un à remplacer. Alors, on pense que cette solution n’apportera aucune économie au gouvernement du Québec; au contraire, ça va être des coûts additionnels. »

— Une citation de  Rodrigue Vigneault, président, Commission scolaire du Fer
Bâtiment.

La Commission scolaire des Monts-et-Marées de Matane.

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Deschenes

Pourquoi cet empressement?

La présidente du syndicat des travailleurs de l'éducation de l'Est-du-Québec, Anne Bernier, se demande quel est l’empressement du gouvernement Legault de faire ce bouleversement en éducation.

Pour elle, il y a beaucoup d’autres problèmes à régler avant de faire un tel changement. Avant de transformer cette structure-là, je crois qu'il faut vraiment agir à la base dans nos établissements.

« On ne voit pas ce que, réellement, la transformation des commissions scolaires va améliorer pour la réussite des jeunes. »

— Une citation de  Anne Bernier, présidente du syndicat des travailleurs de l'éducation de l'Est-du-Québec

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