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Singh se réjouit que des municipalités condamnent la loi québécoise sur la laïcité

Jagmeet Singh parle dans un micro, assis à une table à côté d'une femme qui tient un bébé sur ses genoux.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a répondu aux questions des journalistes après une rencontre avec des électeurs dans un café de Vancouver.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

François Messier

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh se réjouit que des municipalités canadiennes adoptent des résolutions condamnant la Loi sur la laïcité de l’État québécois adoptée par le gouvernement caquiste de François Legault.

Le conseil municipal de Calgary s’est joint à ce concert de désapprobation, lundi soir, suivant les traces des élus de Montréal, de Victoria, en Colombie-Britannique, ainsi que de Brampton, de Toronto et de Kitchener, en Ontario.

Invité à donner son point de vue sur ce mouvement lors d’une conférence de presse tenue mardi à Vancouver, M. Singh n’a pas caché qu’il l’approuvait sans détour.

C’est super (it's great). C’est super de voir des gens partout au Canada dire clairement qu’ils ne pensent pas que c’est la bonne voie à suivre, a-t-il répondu en anglais. Il a quelque peu atténué ses propos en français.

C’est bon que d’autres municipalités condamnent les actions du gouvernement du Québec, parce que la loi est discriminatoire. C’est quelque chose qui me rend tellement triste.

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique du Canada, en français

Depuis le début de la campagne, M. Singh, qui est de confession sikhe, fait preuve de prudence à ce sujet. Il ne cache pas qu’il est opposé à la loi, mais affirme du même souffle qu’il reconnaît la compétence du gouvernement du Québec à légiférer dans ce domaine.

Le chef néo-démocrate a dit croire mardi que sa seule présence au Québec, où il viendra demain à l’occasion du premier débat de la campagne électorale, peut contribuer à modifier l'opinion publique envers cette la loi, qu’appuie une majorité de Québécois.

Il a assuré qu'il tiendrait le même discours devant les journalistes québécois.

Devinez ce qu’ils me demandent? "Quelle est votre position sur la loi 21?" Devinez ce que je leur réponds? "J’y suis opposé. Je pense que c’est blessant, [...] que c’est diviseur, [...] que ça envoie le message que des gens n’appartiennent pas [à la société] en raison de leur apparence", a-t-il lancé.

Je vais au Québec et je dis : "j’aime la langue française, je l’ai apprise quand j’ai grandi à Windsor, et j’aime bâtir un meilleur pays, travailler en équipe, défendre l’environnement, et j’ai un turban et une barbe."

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique du Canada

Et j’espère qu’en étant au Québec, en faisant campagne au Québec, en leur montrant de quoi j’ai l’air, mes valeurs, j’envoie un message : "hé!, ce n’est pas une bonne idée de discriminer les gens en fonction de leur apparence". C’est ce que ma présence fait, a-t-il dit.

Notre dossier Élections Canada 2019

La position d'équilibriste de M. Singh n’est sans doute pas étrangère à la position délicate dans laquelle le NPD se trouve au Québec. Après y avoir remporté 59 sièges sous la férule de Jack Layton en 2011, le parti n’en a gagné que 14 en 2015, alors qu’il était dirigé par Thomas Mulcair.

Ces sièges sont aujourd’hui très convoités, tant par le Parti libéral et le Parti conservateur que par le Bloc québécois. Ce dernier est le seul à défendre la loi sur la laïcité sans vaciller.

Face à la popularité de la loi, les autres chefs de parti évitent aussi de s'y attaquer de front, malgré le malaise qu'elle provoque ailleurs au Canada.

Soucieux de respecter les compétences des provinces, le chef conservateur Andrew Scheer assure qu'il n'interviendra pas dans la démarche judiciaire entreprise par des opposants à la loi. Il affirme cependant qu'il n'agirait jamais de la sorte comme chef de gouvernement.

Le chef libéral Justin Trudeau, qui affirme aussi que la loi est discriminatoire, a pour sa part répété à plusieurs reprises qu'il n'interviendrait pas dans le processus judiciaire « pour l'instant », sans se prononcer sur ce qu'il ferait s'il était réélu.

Relancé à ce sujet mardi à Toronto, M. Trudeau a d'ailleurs réitéré qu'il suit de très près le débat qui est toujours en cours au Québec, ainsi que les procédures judiciaires. Nous allons déterminer si nous allons intervenir au moment approprié, a-t-il conclu une fois de plus.

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