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Compostage : le cheminement de vos déchets organiques expliqué

Des aliments dans un bac à compost.

Savez-vous où se rendent les déchets organiques que vous mettez dans votre bac de compost?

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Pour traiter les déchets organiques jetés dans les bacs de compost, la Ville de Toronto pratique la « digestion anaérobie », une méthode qui permet non seulement de produire de l’engrais, mais aussi de récupérer les gaz libérés pendant le compostage.

Il existe deux grands types de compostage municipal au pays : la digestion aérobie (avec oxygène) et la digestion anaérobie (sans oxygène).

Dans les deux cas, les micro-organismes décomposent les matières biodégradables en compost qui pourra ensuite être utilisé comme engrais.

La digestion aérobie, ou compostage traditionnel, est moins exigeante sur le plan technologique. Cette méthode est pratiquée notamment dans le Grand Vancouver et en Nouvelle-Écosse.

On peut soi-même pratiquer le compostage traditionnel dans sa forme la plus simple : il suffit de constituer un tas de matières organiques avec les déchets de jardin, restes de nourriture et eaux usées, et attendre plusieurs mois que les déchets se décomposent en humus (le compost utilisé principalement pour le conditionnement des sols).

Des déchets de table servant à faire du compost.

Dans sa forme la plus simple, le compostage peut être pratiqué à la maison.

Photo : iStock

Dianne Saxe, l’ancienne commissaire à l’environnement de l’Ontario qui dirige maintenant le cabinet-conseil Saxe Facts, précise que le compostage traditionnel ne récupère pas le méthane libéré au cours du processus, qui pourrait être utilisé comme source d’énergie.

Le méthane, puissant gaz à effet de serre, est donc rejeté dans l'atmosphère, comme dans une décharge, décrit-elle.

Digestion anaérobie

Avec la digestion anaérobie, les déchets alimentaires sont placés dans un environnement sans oxygène au lieu d'être laissés à l'air libre.

Cette pratique est moins courante au Canada. Selon un sondage mené auprès de municipalités ontariennes, environ 30 % des municipalités répondantes y ont recours, dont la plus grande ville au pays, Toronto.

Une usine située sur le chemin Disco transforme jusqu'à 75 % des déchets organiques de Toronto. Les déchets résidentiels y sont enveloppés dans des couches de plastique avant d’être empilés sur des tapis roulants, puis acheminés vers une grande machine appelée hydropulpeur.

Un complexe industriel, avec trois grands cylindres blancs, et un ciel bleu ennuagé.

Le centre de déchets du chemin Disco, à Toronto, recueille jusqu'à 75 % des déchets organiques de la ville.

Photo : Radio-Canada / Craig Chivers

Cette machine utilise de l’eau pour éliminer les matières non compostables, ou contaminants. Derek Sawyer, superviseur de la transformation organique à Toronto, précise que les contaminants peuvent représenter jusqu’à 18 % de chaque lot, et incluent des articles que beaucoup considèrent à tort comme étant compostables, comme les couches jetables et les serviettes hygiéniques.

Les matériaux légers, comme les sacs en plastique, couches, fourchettes et pailles, flottent jusqu’au sommet de l’hydropulpeur pour être retirés. Les contaminants les plus lourds — verre, métal, poussière et coquilles — tombent au fond, où ils sont broyés et filtrés avant d’être envoyés au site d’enfouissement.

Même les articles qui pourraient être recyclés, comme le métal et le verre, finissent alors dans les ordures.

Les déchets organiques deviennent ensuite une boue, broyée et dégoulinante, puis ils sont évacués vers de grands bacs métalliques appelés digesteurs anaérobies. Dans ces digesteurs, les micro-organismes, en l'absence d'oxygène, décomposent la matière pour produire un résidu solide, et libèrent du biogaz, un mélange de méthane et de dioxyde de carbone.

Du plastique brun dans des résidus de compost, entre les mains d'un employé du centre de traitement des déchets.

On retrouve souvent du plastique dans le compost : ces contaminants doivent alors être retirés.

Photo : Radio-Canada / Craig Chivers

Les résidus solides sont ensuite envoyés à une entreprise tierce - dans ce cas-ci, All Treat Farms, située à l'ouest de Toronto - pour être chauffés, aérés et transformés en compost réutilisable.

Le biogaz est filtré par de grands ventilateurs et réutilisé pour chauffer les digesteurs anaérobies, et pour chauffer les installations pendant l’hiver.

À l'avenir, la Ville de Toronto espère aussi pouvoir vendre ce gaz comme combustible renouvelable qui pourrait servir au chauffage et aux véhicules.

Digestion aérobie

La digestion aérobie se fait en plusieurs étapes : le déchiquetage des déchets de jardin, l’ajout d’eau et le brassage régulier du tas. Chaque ingrédient contribue à la décomposition :

  • l'oxygène oxyde le carbone, ce qui déclenche le processus;
  • le carbone produit l'énergie et la chaleur nécessaires;
  • l'azote favorise la croissance et la reproduction des micro-organismes;
  • l'eau maintient les microbes nécessaires à la décomposition.

Les bactéries et les champignons qui ont besoin d'oxygène pour survivre gèrent la décomposition en convertissant la matière non seulement en compost, mais également en chaleur, en méthane, en dioxyde de carbone et en ammonium.

Un grand tas de compost brun, à l'extérieur. Au sommet, une affiche blanche indique « compost ».

Le produit final du compostage, le compost, est vendu aux agriculteurs, pépinières, épiceries et centres de jardinage.

Photo : Radio-Canada / Craig Chivers

Le compost peut servir d’engrais et sera vendu aux fermes, aux pépinières, aux épiceries et aux centres de jardinage.

Mais la majorité des déchets organiques canadiens finissent toujours dans les sites d'enfouissement. L’Ontario en rejette ainsi deux millions de tonnes par an, selon un rapport de la province (Nouvelle fenêtre).

Avec les informations de Taylor Logan, CBC

Environnement

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