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  • Archives
  • Les visages de l’industrie du vêtement féminin

    Montage d'archives sur les ouvrières du vêtement.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Opératrices de machine, midinettes ou couturières, les travailleuses du vêtement formaient dans les années 60 la plus importante main-d’œuvre manufacturière au Canada. De nos archives, voyez de quelle façon on a présenté leur métier à la télévision de Radio-Canada.

    Notre montage d’archives, qui va des années 40 aux années 90, donne un bon aperçu du travail dans les manufactures de l’industrie du vêtement au pays.

    Un milieu aux conditions difficiles, majoritairement composé de femmes parmi les moins bien payées de la société, pour un emploi sous pression, qui demande précision et vitesse.

    Orientation, 28 avril 1963

    L’industrie de l’aiguille et du textile a fréquemment été abordée du point de vue de ses luttes syndicales menées par de grandes figures telles que Léa Roback, Yvette Charpentier ou Madeleine Parent.

    Cela n’empêche pas l’émission Orientation du 28 avril 1963 de dresser un portrait plutôt idéalisé de la midinette, cette jeune ouvrière de la robe « réputée pour avoir du goût et pour savoir se vêtir avec élégance à peu de frais ».

    « Elle est la reine du vêtement. C'est elle qui le confectionne et — dans les grandes circonstances — elle sait le porter avec une véritable distinction aristocratique.

    L’animatrice Renée Larochelle

    Pour les besoins de cette émission consacrée à l’industrie du vêtement féminin, le journaliste Pierre Chouinard suit dans son quotidien une jeune ouvrière rencontrée au grand bal annuel des midinettes.

    Murielle, 19 ans, travaille comme opératrice de machine depuis maintenant 4 ans. C’est à la manufacture qu’elle a rencontré son fiancé Gaston, qui exerce le métier de tailleur.

    Chaque jour, ils empruntent le même autobus (la ligne 67 Bélanger-St-Michel) pour se rendre au travail. L’heure du lunch, au cœur de cette journée qui s’étire de 8 h à 17 h, est pour eux l’occasion de se retrouver. Autrement, ils sortent ensemble les bons soirs (mardi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche) en attendant de se marier.

    À l’époque, 60 % de la production vestimentaire du pays provient des manufactures du Québec qui comptent de 15 000 à 20 000 ouvrières.

    Bien qu’on commence à travailler jeune dans l’industrie du vêtement, quelques progrès ont été réalisés.

    « Longtemps, la couturière fut le prototype de la pauvre petite ouvrière mal payée. Mais avec l'avènement du syndicalisme, les conditions de travail se sont transformées petit à petit », soutient l’animatrice Renée Larochelle. « Si bien que les midinettes aujourd'hui n'ont rien à envier ou presque aux ouvrières des autres industries ».

    N’empêche, l’animatrice de l’émission Orientation encourage les intéressées à suivre la formation de 15 semaines offerte par l'École des métiers commerciaux de Montréal.

    Dans un monde de « mécanisation » et d’« automatisation » où la concurrence des pays émergents se fait déjà sentir, l’ouvrière qualifiée pourra monter plus rapidement en grade et tirer son épingle du jeu.

    « Le sort de la midinette dépend surtout de son adaptation à un monde nouveau », conclut l’émission Orientation en 1963.

    Reportage sur les mouvements de grève dans les années 80

    Ce reportage du journaliste Jean Pelletier daté du 14 août 1983 offre un tout autre portrait des ouvrières de l’aiguille.

    L’industrie du textile au Québec traverse alors une importante vague de mobilisation syndicale.

    « Des années 40 à 1983, le travail de ces femmes n'a pas changé, ou si peu », affirme le journaliste Jean Pelletier.

    Payées majoritairement à la pièce, elles exigent à présent une abolition progressive du travail au rendement et un salaire minimum décent.

    Cette menace de grève, qui a pris les employeurs par surprise, s’apprête à marquer un tournant pour ces travailleuses du vêtement.

    Le journaliste Jean Pelletier conclut son reportage en mentionnant qu’une autre menace, celle de l’importation, noue dorénavant les deux groupes.

    La mondialisation et la délocalisation formeront effectivement le grand enjeu de l’industrie du vêtement des années 90 et 2000

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